Rabiot - PSG-Barcelone
A l'image d'Adrien Rabiot, qui presse ici le gardien Ter Stegen, le milieu de terrain parisien a surclassé son homologue du Barça. | Maxppp: Yoan Valat

Paris gagne la bataille du milieu

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Unai Emery l’avait dit avant la rencontre : l’objectif premier était évidemment de ne pas prendre de but. Mais au-delà de ce calcul nécessaire pour préserver ses chances en vue du match retour, il savait aussi que pour exister, le PSG allait devoir gagner la bataille du milieu. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les Parisiens ont été les plus performants dans ce secteur. Et que c’est le plus souvent à partir du trident Rabiot-Matuidi-Verratti qu’ont été initiées les actions les plus dangereuses.

On attendait en effet de voir le comportement du milieu parisien, privé de Thiago Motta, face à ce qui se fait de mieux depuis plusieurs années. Du moins dans les grands matches. Et le paradoxe est que, face à des Parisiens survoltés, on n’a quasiment pas vu Iniesta et Busquets. Dans cette cruciale lutte pour faire vivre le cœur du jeu, Marco Verratti a fait valoir tout son talent. Il a été omniprésent, dans la récupération, et pour jouer les deuxièmes ballons, tout comme d’ailleurs Adrien Rabiot, surprenant de maîtrise, et l’inusable Blaise Matuidi, qui avait retrouvé ses jambes en même temps qu’il héritait du brassard de capitaine. L’Italien s’est aussi parfaitement et avantageusement glissé dans son costume de régulateur, et il a à l’origine de nombre d’actions offensives, offrant même une passe décisive à Draxler pour le deuxième but.

Des Espagnols étouffés

Les Espagnols n’ont quasiment pas existé dans cette guerre du milieu. Ils ont manqué singulièrement de rythme et d’agressivité, ils se sont fait bouger dans tous les sens du terme, en n’ayant aucune marge de manœuvre pour alerter leurs attaquants. C’est la raison principale pour laquelle le fameux trio Messi-Neymar- Suarez ne s’est presque pas créé d’occasion.
Très pressants, les Parisiens se sont adjugé l’essentiel des duels, se sont montrés plutôt à l’aise techniquement, et surtout ils ont pris le meilleur psychologiquement sur des Catalans débordés.

Même si Verratti, sans doute tenaillé par les crampes, a quitté ses partenaires à la 69e minute, alors que le score pouvait permettre au PSG de ne pas prendre de risques inutiles, le milieu n’a pas défailli en fin de match et a surtout insisté dans son engagement et son option agressive, visant à prendre leurs adversaires à la gorges, et à assurer des relances propres. Face à un Barça décevant, Unai Emery a gagné le match tactique. Et pour cela, il a pu compter sur des joueurs solidaires, qui ont répondu physiquement pour le faire, et qui avaient à la fois l’envie et le talent pour  maîtriser leur sujet.  

Christian Grégoire