Ouvert début juin, le mercato franco-français se met en pause sans avoir vraiment démarré

Publié le , modifié le

Auteur·e : Adrien Hemard
Martin Terrier
Transféré de Lyon à Rennes pour 12 millions, Martin Terrier est la plus grosse vente de ce mercato français... | ROMAIN LAFABREGUE / AFP

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Ouvert le 8 juin, le mercato franco-français entre en pause jusqu’au 15 août, après un mois de calme plat. Destiné à aider les clubs tricolores à améliorer leurs comptes en faisant une ou deux belles ventes, ce mercato n’a pas du tout rempli sa mission principale, avec moins d’une vingtaine de transferts réalisés. Un échec d’autant plus cuisant qu’en agissant ainsi la France s’est mise seule à l’écart. 

Deux cent dix millions d’euros : c’était l’estimation du retard des finances des clubs français établie par la DNCG au moment de justifier l’ouverture d’un mercato franco-français début juin. A peine un mois plus tard, “seulement” soixante millions d’euros ont été investis par les clubs de l’Hexagone, pour moins d’une vingtaine de transactions : dix-sept entre écuries de Ligue 1, et deux de la Ligue 2 vers le FC Lorient, promu en L1. Décidé après l’interruption des compétitions en France le 30 avril, ce mercato 100% français a donc failli à sa mission initiale : renflouer les comptes des clubs tricolores.

Environ 60 millions d'euros pour 20 transferts

Un constat tout sauf étonnant, appuyé par une seule information : le gros coup de cette période de transfert s’appelle … Martin Terrier. Sans dénigrer le talent de l’ancien lillois, vendu 12 millions d’euros (plus trois de bonus) par Lyon à Rennes, il ne représente pas vraiment le genre de vente qui fait bondir le monde du foot, et encore moins le grand public. Même si les supporters rennais sont sûrement très heureux - à juste titre - de l’accueillir. A lui seul, ce transfert entre Lyon et Rennes représente presque un quart du montant total de ce mercato franco-français. C’est dire si la mission sauvetage financier des clubs est ratée. En dehors de cet exemple, la plupart des transactions réalisées n’ont été que des confirmations de pistes déjà amorcées, comme l'arrivée de Gaël Kakuta (Amiens) à Lens, club qui a bien travaillé sur cette période, à l'image de Nice et Reims.

Au-delà de la crise économique initiée par le Covid-19, cet attentisme s’explique par deux caractéristiques du marché français, plutôt habituelles et donc prévisibles. D’abord, l’immense majorité des clubs tricolores doit vendre avant d’acheter. Puis, de nombreuses écuries vendent en priorité à des clubs étrangers, plus offrants. Or, les autres pays étant en train de clôturer leur championnat, ils n’ont pas encore ouvert leur mercato. Par conséquent : les offres ne sont pas arrivées, ce qui explique que le marché français ne se soit pas débloqué. A l’heure où la France a commencé à parler transferts, ses voisins étaient occupés à relancer leur compétition, ce qui a rendu le mercato français inaudible. Et ce décalage des calendriers va perdurer.

Le mercato français s’est mis en pause ce 9 juillet, et ce jusqu'au 15 août. Pas par volonté, mais sous la pression de la FIFA qui n’autorise pas qu’une période de transferts s’étale sur plus de douze semaines. Or, après avoir repoussé la fin du mercato au 5 octobre, la FIFA a signifié aux instances françaises que son marché ouvert le 8 juin durerait 17 semaines si la LFP ne fixait pas une pause.

Une pause, quelle conséquences ?

Cet arrêt en plein été aura-t-il des conséquences sur les clubs français, alors que les championnats voisins vont se terminer, et donc à leur tour ouvrir leur mercato avant le 15 août ? Pas vraiment. Les négociations pourront continuer et les contrats pourront être signés et homologués dans le cadre de transferts entre club français. Dans ce cas, il faudra seulement attendre la réouverture officielle du marché pour obtenir la licence du joueur. Or, celle-ci n’est pas obligatoire pour qu’une recrue puisse s’entraîner et jouer des matches amicaux avec son nouveau club.

En revanche, les clubs français devront attendre le 15 août pour attirer des joueurs évoluant à l’étranger. Mais pas de panique : la reprise des championnats n’ayant lieu que le 22 août, les écuries tricolores disposeront d’une semaine pour homologuer les nouveaux contrats. En effet, pour valider le contrat d’un joueur venu de l’étranger, la FFF doit demander un certificat international de transfert (CIT) aux autres fédérations, ce qui ne sera pas possible pendant la pause. Mais il s’agira là de la principale conséquence de cette pause sur le marché français. Même l'ouverture des mercatos dans le reste de l’Europe début août ne devrait pas trop toucher les clubs hexagonaux, puisque la période des transferts courra jusqu’au 5 octobre et personne ne sera donc trop pressé. Finalement, c’est quand le championnat reprendra que cela devrait aussi s’activer en coulisses. Vivement septembre.