Paris-Saint-Germain - Marseille (Marco Simone face à Cyril Domoraud et Laurent Blanc)
Paris-Saint-Germain - Marseille (Marco Simone face à Cyril Domoraud et Laurent Blanc) | JACQUES DEMARTHON / AFP

OM-PSG, une rivalité assez récente

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Contrairement au clasico Real-Barça ou aux autres grands chocs européens, le match entre Marseille et Paris-Saint-Germain n’a pas toujours constitué un choc, loin de là. Du début des seventies à la fin des années 80, ce n’était même pas une affiche. Il a fallu l’arrivée de Bernard Tapie à l’OM et surtout de Canal + au PSG pour que la rencontre prenne l’ampleur qu’elle a aujourd’hui.

Real Madrid – FC Barcelone, Liverpool – Manchester United, Juventus de Turin – AC Milan… Ces duels font rêver les fans de football depuis plus d’un demi-siècle. Marseille – Paris-Saint-Germain, a contrario, ne peut être comparé à ces classiques de grande renommée. La faute à une rivalité trop récente, qui a commencé à s’installer il y a une vingtaine d’années. Petit retour en arrière : le 5 mai 1989, Franck Sauzée offre à l’OM une victoire tardive d’un missile dans la lucarne (1-0). Tout Marseille fête le premier sacre phocéen depuis 1972.

Les joueurs de la capitale, qui ne méritaient pas de perdre, sont anéantis. Les supporters désabusés. C’est la première fois que les deux clubs se disputent le titre, ce qui sera encore le cas en 1993 (avec deux succès phocéens dont le somptueux 3-1 au Vélodrome avec la tête fracassante de Basile Boli) et en 1994 où Paris, futur champion de France, ne battra pourtant pas l’OM (0-1, 1-1).

Rarement ensemble au top

Trois fois seulement depuis 40 ans, le duel entre les deux équipes a consacré le champion de France, ce qui s’avère quantité négligeable par rapport à tous les grands chocs des pays voisins. Et cette rivalité montée en épingle pour le meilleur et pour le pire (combien de matches exécrables où les joueurs n’ont cherché qu’à donner des coups, comme celui de 1992 au Parc des Princes, remporté 1-0 par Marseille grâce à Allen Boksic) fût d’abord l’œuvre de Canal +. La chaine cryptée, désireuse de ne pas voir les Olympiens écraser le championnat, a repris le club parisien en 1991 pour en faire très vite le grand rival de l’OM de Tapie.

Davantage que Monaco, trop lisse et sans supporter, Paris avait les moyens de ses ambitions : les résultats ne se sont pas fait attendre même si les confrontations directes tournaient souvent en faveur des Méditerranéens. Depuis cette époque, jamais les deux clubs les plus médiatiques de l’hexagone n’ont été au sommet ensemble. 

Paris monte, Marseille peine

Il a fallu attendre 2010 pour que Marseille remporte sa 9e couronne tandis que le Paris-SG espère conquérir le trophée cette saison, 18 ans après. Beaucoup d’observateurs pensaient au mois d’août que les hommes de Didier Deschamps seraient les principaux rivaux du PSG version Qatar. Mais si les joueurs d’Antoine Kombouaré tiennent parfaitement leur rang de favori, l’OM déchante clairement.

Le clasico qu’aimerait nous vendre Canal et certains journaux n’en est pas vraiment un. Malgré la passion parfois démesurée qui entoure cette rencontre, il manque un ingrédient de taille : les résultats sur la durée. Ceux qui font l’aura des grandes formations continentales et que pas un club français ne possède pour l’instant.

Grégory Jouin @GregoryJouin