OM-PSG : les vrais classiques

OM-PSG : les vrais classiques

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Souvent décevants, viciés par l'enjeu qui plombe le jeu, les chocs Marseille-Paris Saint-Germain ont parfois accouché de véritables moments de grâce qui nourrissent aussi bien la légende que la rivalité entre les deux clubs. De 1989 à 2003, retour sur trois "clasicos" historiques.

Le 5 mai 1989, OM-PSG : 1-0

A cette époque, les deux équipes sont au sommet de leur gloire mais également du classement. A trois journées de la fin, Marseillais et Parisiens sont à la lutte pour le titre de champion de France et le match au Vélodrome doit départager les deux prétendants. La rencontre est extrêmement tendue, aucune équipe ne semble supérieure à l'autre. Emmenée par son stratège Safet Susic, l'équipe de la capitale se procure une occasion en or par son buteur Amara Simba mais l'OM résiste. On se dirige donc vers un match nul quand, dans les arrêts de jeu, Franck Sauzée, des trente mètres, arme et déclenche une frappe dont il a le secret : quelques millièmes de secondes plus tard le gardien parisien Joël Bats, en dépit de sa détente, ne peut que constater les dégâts. La chevauchée du milieu de terrain de l'OM après ce but historique est restée légendaire. Marseille l'emporte dans les arrêts de jeu et file vers le titre.

Le 29 mai 1993, OM-PSG : 3-1

Ce qui s'appelle l'état de grâce. Trois jours avant ce match au sommet, l'Olympique de Marseille est devenu le premier club français à soulever la Coupe des clubs champions en battant en finale le Milan AC grâce à un but de Basile Boli. Dans l'euphorie de cette victoire, et alors qu'encore une fois le titre de champion de France est en jeu, la formation phocéenne s'impose au terme d'un match resté dans toutes les mémoires. Malgré l'ouverture du score par Vincent Guérin, les hommes de Tapie, galvanisés, l'emportent finalement 3-1 avec, notamment, un coup de tête exceptionnel de Basile Boli, encore lui, qui conclue une action collective de toute beauté. Quand tout sourit... La suite sera moins drôle. L'OM est effectivement sacré champion de France mais son titre lui sera retiré à la suite de l'affaire OM-VA.

Le 9 mars 2003, OM-PSG : 0-3

Ronaldinho et le Paris Saint-Germain c'est l'histoire d'un amour contrarié. La légende urbaine veut que le Brésilien était plus motivé pour se rendre dans les boîtes de nuit de la capitale qu'aux entraînements au Camp des Loges. Mais lorsque "Ronnie" décidait de jouer, rien ne pouvait l'arrêter. Et la défense de l'OM pas plus que les autres. Visiblement, le n°10 du PSG avait coché ce match dans son calendrier. Pendant 90 minutes, devant un Vélodrome médusé, l'artiste va démontrer toute l'étendue de son talent. Dribbles, passes lumineuses, but après une chevauchée solitaire conclue d'une merveille de balle piquée, tout y passe. Epaulé par un Jérôme Leroy transcendé et auteur d'un doublé, Ronaldinho permet à Paris de s'imposer à Marseille pour la première fois depuis 15 ans.

Julien Lamotte