Marcelo Bielsa
Marcelo Bielsa, les yeux rivés vers le pupitre. | BERTRAND LANGLOIS / AFP

OM : Bielsa "n'a rien à reprocher à ses joueurs"

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L'entraîneur de Marseille, Marcelo Bielsa, fragilisé par une série de quatre défaites consécutives, assure mercredi n'avoir "rien à reprocher" à ses joueurs et estime que ces résultats catastrophiques étaient dus au manque de "résilience" de l'OM, qui se déplace à Metz vendredi (20h30).

Après la défaite contre Lorient, votre président Vincent Labrune a  évoqué un "suicide collectif". Que pensez-vous de cette déclaration ?

Marcelo Bielsa : "J'ignore le contenu exact de ce qu'a dit le président, je n'en sais pas  assez pour en parler."
   
Avez-vous l'impression d'être lâché par vos joueurs ?

M.B. : "Il y a deux types d'entraîneurs. Ceux qui accompagnent les joueurs, et ceux qui interviennent. Quand les choses vont bien, on salue la flexibilité du technicien qui accompagne et la capacité à conduire le groupe de celui qui intervient. Et quand nous perdons, celui qui accompagne est critiqué pour un manque de discipline, et à celui qui est rigide, on lui reproche de saturer les joueurs et de les fatiguer. Ce qui est vrai c'est que, lorsqu'une équipe perd, indépendamment des caractéristiques de l'entraîneur, il reste seul, et tout le monde prend ses distances. Il est naturel qu'un joueur repousse le système dont il faisait les éloges quand cela ne donne plus de résultats. Je ne suis pas une exception."

   
Vous prenez la responsabilité des défaites de Marseille, mais vos  joueurs n'ont-ils pas une part de responsabilité ?

M.B. : "Je n'ai jamais mal parlé des joueurs, parce qu'ils ne le méritent pas.  Je les ai défendus sans relâche parce qu'ils le méritent. Avant de venir à cette conférence, j'ai regardé un tableau qui montre de quelle manière a joué chaque joueur pour chaque rencontre. Je répète, avec sincérité et conviction, que le rendement des joueurs a été suffisamment positif. Donc je n'ai absolument rien à reprocher aux joueurs, ils agissent de manière naturelle comme tous les êtres humains agissent face à l'adversité."
   
Est-ce qu'il ne faudrait pas l'intervention du président pour les  rappeler à leurs responsabilités ? Vincent Labrune a-t-il le droit de rentrer  dans le vestiaire ?

M.B. : "Vous insistez sur le fait qu'il faille responsabiliser les joueurs. Ils ont fait encore plus que ce que leur permettait leurs possibilités. Ils ont fait tout ce qui était nécessaire, ont donné tout ce qu'ils pouvaient donner, c'est pour cela que je vous demande ce qu'on pourrait leur réclamer. Le rôle principal de la personne qui mène un groupe est d'éviter que ceux qu'il conduit plient face à l'adversité. Cette équipe a dû affronter une avalanche  d'adversités. (...) Il y a un mot qui est la résilience, qui vient de la physique, qui est la capacité d'un corps à maintenir sa forme même s'il est  forcé à évoluer. Moi je n'ai pas pu maintenir la forme de l'équipe face à l'adversité. Les joueurs ont tout donné pour que ça n'arrive pas, et c'est quand même arrivé."
   

Vous réfutez donc l'affirmation selon laquelle les joueurs français  auraient du mal à évoluer sous la conduite d'un entraîneur exigeant comme vous ?

M.B. : "Les joueurs français n'ont aucune limite qui les empêcherait de s'adapter à n'importe quel projet. Regardons ce qui va se passer dans le futur. Cette année c'est Imbula et Mendy, l'an prochain ce sera Lemina et Thauvin, ou Michy (Batshuayi) et Dja Djédjé. Tous finiront par avoir la même valeur que Mendy et Imbula. Et évidemment personne ne paierait 30 millions d'euros pour des joueurs qui ne toléreraient pas l'exigence."

AFP