Emon Ribéry
Entraîneur de l'OM en 2006/2007, Albert Emon avait décroché la deuxième place synonyme de qualification pour la C1. | PHOTO PHILIPPE LAURENSON / FLASH PRESS

OM : Albert Emon, mais pour quoi faire ?

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Longtemps second couteau à l'OM avant d'être promu entraîneur général en 2006, Albert Emon signe son retour dans le staff de José Anigo après une expérience frustrante à Ajaccio. Aux antipodes du coach-directeur sportif sur bien des aspects, l'ancien international français peut-il catalyser la rédemption marseillaise ? Electrochoc attendu ce mercredi soir au Stade Vélodrome, contre Valenciennes (21h, 21e journée)

Le club phocéen, englué dans le ventre mou de la Ligue 1 (9e), baigne actuellement dans un environnement extra-sportif qui a rarement été aussi peu acquis à sa cause. Les communiqués assassins des South Winners, groupe de supporters historique à Marseille, a cristallisé le mal être des fans de l'OM, et a contribué à accroître le fossé entre joueurs et le public. Dans le vestiaire, l'ambiance est aussi délétère. Les mauvais résultats de l'Olympique de Marseille irritent les égos, favorise les scissions au sein même du groupe. Quant à José Anigo, appelé à la rescousse en décembre dernier après l'éviction d'Elie Baup, ses discours galvanisateurs et ses consignes tactiques entrent par une oreille et ressortent aussitôt par l'autre. Dépassé, l'homme à la double-casquette (coach et directeur sportif) a obtenu de Vincent Labrune, le patron du club marseillais, le droit d'engager un nouvel adjoint. Son choix s'est immédiatement porté sur Albert Emon, déjà membre du staff phocéen entre 2001 et 2006, avant de prendre les commandes de l'équipe première.

De l'OM à l'OM, d'échecs en échecs 

20h10, l'annonce tombe sur le site officiel: "Albert Emon rejoint le staff technique". Si Mamadou Niang et Steve Marlet, tous deux anciens attaquants de l'OM, assurent que le retour de l'ancien Cannois est "une très bonne chose", la nouvelle enflamme Twitter, suscitant au mieux le scepticisme, au pire l'indignation. Le vrai noeud du problème est là : que peut apporter Emon à l'OM ? Après une première année satisfaisante en tant que coach du groupe pro (2006/2007), l'ancien manager de l'ACA réalise la saison suivante un début de parcours catastrophique. 16e de L1 après deux mois de compétition, Emon est mis au placard fin septembre 2007 au profit d'Erik Gerets. La suite n'est qu'une succession de camouflets pour l'ancien bras droit d'Alain Perrin, qui exerce la fonction de recruteur pour l'OM jusqu'en 2009, avant de rallier l'AS Cannes (National à l'époque) et d'être licencié deux ans plus tard pour cause de mauvais résultats, scénario similaire à l'AC Ajaccio la saison suivante. Encore sous contrat avec le club insulaire où son diplôme d'entraîneur était indispensable à l'actuel entraîneur Christian Bracconi pour excercer (un club pro doit obligatoirement pouvoir justifier d'un membre du staff détenteur du dîplome de coach), Albert Emon était réduit à l'état de simple "prête-nom".  

Emon, plus "à l'écoute" 

Officiellement, Vincent Labrune justifie le retour de l'ancien attaquant de l'OM par le manque de forces vives dans l'encadrement du groupe pro :"l''OM avait la volonté d'étoffer son staff, qui n'est pas très fourni, avec un adjoint supplémentaire", avait déclaré le patron du club marseillais. Si l'Olympique de Marseille ne connaissait pas une période aussi délicate sur le plan sportif et extra-sportif, on aurait pu avaler la couleuvre. Mais dans un tel contexte, difficile d'imaginer qu'Emon vient juste faire le nombre. Selon Eric Di Meco, ancien latéral de l'OM et aujourd'hui consultant pour RMC, "Anigo a besoin d'un coup de main car il est sidéré par son groupe". Un ancien joueur phocéen, sous couvert d'anonymat, a même déclaré au Parisien que certains jeunes chez les Ciel et Blanc étaient "d'une insolence rare". La première tâche attribuée à Albert Emon consistera certainement à ressouder le groupe marseillais, ce que, manifestement, José Anigo n'a pas réussi à faire. 

Plus discret que le coach N°1 de l'OM, l'ancien entraîneur de l'ACA est aussi certainement plus "à l'écoute". En janvier 2010, alors coach de l'AS Cannes, Albert Emon assurait à So Foot être "un adepte des joueurs", oeuvrant dans l'ombre pour "qu'ils puissent s'exprimer pleinement". Sur le papier, Anigo et Emon paraissent complètementaires. Un qui bouscule, l'autre qui écoute. 

Jean Charbon