Lyon - Marseille - Bastos - Azpilicueta - 2012
Le Lyonnais Bastos (à droite) et le Marseillais Azpilicueta (à gauche) | AFP - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

OL - OM, fin de cycle ?

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Et si la Ligue 1 avait changé d'ère ? En attendant le couronnement annoncée du PSG ou de Montpellier, on regarde surtout derrière et ceux qui ont été. Pas encore "has been" mais presque, Lyon et Marseille ont mis un gros coup de canif sur leurs ambitions européennes. Ils peuvent juste remercier Lille d'avoir gâché face à Auxerre (2-2) pour encore rêver de C1. A distance.

On ne balaye pas treize années consécutives en Ligue des champions d'un coup de balai. Mais en foot comme ailleurs tout n'est que poussière et le temps de la splendeur lyonnaise est bel et bien révolu. Les années Claude Puel, soutenu contre vents et marées avant son lynchage par Jean-Michel Aulas, ont placé l'OL sur une pente glissante que seules les qualifications pour la C1 avaient sauvé du naufrage. Homme du cru et bon soldat du président, Rémi Garde n'a pas stabilisé l'équipe (10 défaites cette saison en L1) même s'il en a peut-être freiné la chute. Lyon s'est-il vu trop beau, ébloui par le faste de son septennat au sommet (2001-2008) ? En cédant au star-système (Keita, Makoun, Gourcuff, Ederson, Cissokho, Fred, Bastos) plutôt que de continuer à recruter malin et faire confiance à ses jeunes, l'OL s'est mis sous la menace d'une contre-performance sportive. Acheté 22 millions et rarement titulaire, Gourcuff résume à lui seul l'échec de cette politique. L'été dernier, confronté à la nécessité de réduire la masse salariale, l'OL s'est séparé de Toulalan, Pjanic, Diakhaté et Delgado et a fait venir Fofana (20 ans, qui jouait au Havre en L2), Dabo (qui joue très peu) et Koné, qui évoluait en National avec Guingamp. Aulas a même admis qu'il aurait voulu céder un joueur supplémentaire. Sauf miracle ou fin d'exercice en boulet de canon, la cure d'austérité devrait se poursuivre cet été, sachant qu'une qualification pour les 8e de la C1 rapporte 20 millions d'euros. La semaine dernière JMA a donné le ton en revenant aux fondamentaux du football français : "Nous avons opéré un changement de stratégie qui fait plus appel à la  formation qu'aux acquisitions extérieures".

Gone with the wind

Après sa sortie contestable sur l'arbitrage suite au nul 4-4 contre le PSG, Aulas a joué les rassembleurs devant la presse. Son club est engagé sur plusieurs tableaux et il tient à le faire savoir. "Je suis persuadé que nous pouvons terminer à la 3e place de Ligue 1, que nous pouvons remporter la Coupe de la Ligue, battre le PSG en Coupe de France, et nous qualifier pour les 1/4 de finale de la Ligue des Champions. Si nous réussissons cela, la saison sera formidable. Il faut simplement que les joueurs en prennent conscience." Les joueurs ont eux été avertis dans l'intimité du vestiaire. Septième à 7 pts de Lille, actuel 3e, l'OL peut-il relever la tête ? Sur le papier, le potentiel est toujours là mais le fossé est si important avec le réel que le ressort semble cassé. "Il faut que les joueurs parviennent à être plus souvent au top de leur niveau, explique Aulas. Cette saison, nous gagnons les matches décisifs mais nous perdons contre des équipes de niveau inférieur comme Nancy. Les joueurs doivent se remettre en question individuellement." Lyon aime les gros matches ? Ça tombe bien, Lille et St-Etienne sont les prochains adversaires des Rhodaniens. Si ça ne passe pas, après il sera vraiment trop tard.

Mistral perdant

Rival olympique des Lyonnais, l'OM est dans une forme ...similaire. A croire que les dieux de l'Olympe se sont donnés le mot. Erreurs dans le recrutement (Gignac, Fanni), dégraissage à la louche (Heinze, Taiwo, Lucho), finances très limitées, Marseille survit derrière l'efficacité de son duo Rémy-Valbuena et la grinta de son entraîneur Didier Deschamps. Si comme l'OL, les Phocéens restent en course dans chaque compétition où ils sont engagés, l'heure n'est pas à la rigolade. "C'est excitant. Cela doit nous donner beaucoup de force et de confiance mais on peut aussi le payer par manque de physique", explique Alou Diarra. L'absence de Loïc Rémy, blessé trois semaines, s'est ainsi payée cash avec un point glané en trois matches de championnat. Huitième à 8 points de Lille, l'OM est retombé dans ses travers du début de saison, l'un des plus mauvais de l'histoire du club. L'avenir de l'OM se décide peut-être mardi avec un match en retard capital sur le terrain d'Evian-Thonon-Gaillard.

Toutefois, ce ne sera qu'un court sursis en attendant une profonde remise en question dès cet été. Qualification pour la C1 ou pas, l'OM semble en fin de cycle. Si le départ de Gignac, peu rentable avec ses 300.000 euros mensuel et son transfert à 15 millions, est très probable, d'autres joueurs pourraient partir: Valbuena, 27 ans, au club depuis 2006, pourrait tenter une aventure à l'étranger. Marseille devra aussi faire un effort pour conserver les frères Ayew, notamment André. Quant à Rémy, il est suivi de près par Tottenham, qui souhaitait le recruter dès cet hiver. Il n'y a plus qu'à Paris qu'on a les moyens de ses ambitions. Une question de cycle.