Christian Bruls
Christian Brüls (Nice). | VALERY HACHE / AFP

Nice-OM: Christian "Brüls" les étapes

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Depuis le début de la saison, Christian Brüls et Dario Cvitanich s'entendent comme larrons en foire sur le front de l'attaque niçoise. Les Azuréens, qui reçoivent l'OM ce vendredi en ouverture de la 10e journée de Ligue 1 (20h45), comptent bien sur leur doublette explosive et les passes chirurgicales de la jeune recrue belge pour faire sauter le verrou marseillais.

A quelques mètres de l'Allianz Riviera, sous les vols de mouettes réguliers et braillards, Patrick Bruel, en concert ce vendredi soir à Nikaia, entonnera les chansons de son répertoire. Que les supporteurs niçois se rassurent; aucun risque donc de voir à nouveau le chanteur à la voix déraillée fouler la pelouse de l'aire de jeu niçoise, comme tel avait été le cas lors de l'inauguration de l'Allianz en septembre dernier. Il faut dire que Patrick Benguigui - de son vrai nom - avait été copieusement sifflé. Aussi, notre petit doigt nous dit que les gradins du stade flambant neuf risquent d'être bien plus fournis que ceux de la salle de concert. Ce soir, les Niçois joueront leur premier choc, et a fortiori leur premier derby méditerranéen à l'Allianz Riviera. Et à défaut d'un Patrick Bruel, Christian Brüls est formellement appelé à faire le spectacle. 

"Moi je fais des passes décisives, Dario marque des buts" 

"C’est un joueur qui a du talent même s’il reste une saison moyenne en Belgique. A nous de voir si on peut lui permettre de s’épanouir". Ces quelques paroles prononcées par Jean-Pierre Rivière, le président le l'OGC Nice, lors de la signature de Christian Bruls en août dernier, raisonnent aujourd'hui comme un discours prémonitoire. Oui, le Belge de 24 ans a du talent. C'est même un euphémisme. Dès son arrivée sur la French Riviera, le natif de Malmedy se distingue par sa vivacité et ses passes millimétrées à la pelle. A Lille, le 21 septembre dernier,  il sert l'Argentin Cvitanich sur un plateau à deux reprises (victoire 2-0). Rebelote à Guingamp deux semaines plus tard. Résultat : trois des quatre derniers buts de "Super Dario" ont été marqués sur des services de celui qu'on surnomme "Tintin", en référence à ses origines belges et sa petite houppette rousse. Conscient de cet "idylle" naissante avec le meilleur buteur du club, Bruls préfère néanmoins mettre en avant le collectif niçois ; Je pense que c’est dans toute l’équipe qu’il y a une bonne entente. Moi je fais des passes décisives et Dario marque des buts. Mais avant cela, il y a un travail de toute l’équipe pour construire les actions. C’est vraiment tout le monde qui fait l’effort pour aller marquer. Pour l’instant, ça marche bien entre nous deux mais c’est aussi le cas avec mes autres coéquipiers", a t-il déclaré à Sport 24. Modeste avec ça. Mais les Niçois ne sont pas dupes : en septembre, il est désigné meilleur joueur des Rouge et Noir par les supporteurs de l'OGCN. 

Objectif Mondial 2014

Gros fumeur il y a encore un an (il fumait presque un paquet par jour), le Belge a donc fini par mettre tout le monde d'accord. Claude Puel, le coach niçois se montre dithyrambique lorsque le sujet "Bruls" vient sur la table : "C'est un joueur qui a du ballon », commente t-il. "Il doit encore progresser dans son volume de jeu, son efficacité. Mais comme Valentin (Eysseric) ou Luigi (Bruins), il a du talent, un bon pied, un intelligence de jeu. C'est un joueur subtil, fin, qui doit encore prendre une autre dimension". Jusqu'à pouvoir espérer intégrer la sélection des Diables Rouges qui sera de la partie au Brésil en Juin prochain ? "Pourquoi pas", concède le jeune milieu de 24 ans, admettant "qu'il y sera dur de trouver une place" même s'il est régulièrement pré-sélectionné. Bruls conserve d'ailleurs une idée élevé du football belge. Pour lui, sa sélection "est nettement supérieure à la France".  

Contre l'OM, le talentueux milieux offensif sait qu'il ne doit pas passer au travers. La popularité du derby sudiste conjuguée au rayonnement médiatique du club phocéen devraient attirer bien plus d'observateurs qu'à l'accoutumée. Et Marc Wilmots, le sélectionneur belge, pourrait bien être l'un d'eux. 

Jean Charbon