Bagarre Nice St-Etienne
Des supporters niçois attaquent un ultra stéphanois blessé | VALERY HACHE / AFP

Nice-ASSE : Le parquet ouvre une enquête

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La justice s'est emparé des incidents avant le match entre Nice et Saint-Etienne à l'Allianz Riviera. Une enquête est "en cours" depuis dimanche soir, a précisé lundi le procureur de Nice, Eric Bedos.

Il y avait dimanche soir un magistrat de Nice dans le stade comme pour tous  les matchs considérés "à risques", ainsi qu'un policier stéphanois, a précisé  le procureur. Les vidéos vont notamment être exploitées pour identifier les auteurs de  violences et de déprédations dans chaque camp. Selon les premiers éléments, 200 sièges ont été arrachés et huit personnes légèrement blessées, dont deux stadiers, a indiqué dimanche soir André Bloch, responsable de la sécurité de l'OGCN, annonçant un dépôt de plainte contre X  pour dégradations et l'envoi de la facture à l'AS Saint-Etienne. Il faudra également éclaircir le caillassage ou non des bus de supporters foréziens avant l'arrivée dans le stade azuréen.

Estrosi et "les hooligans stéphanois"

Dans le sillage du Ministre d'Intérieur Manuel Valls et de la Ministre des Sports Valérie Fourneyron dimanche, les élus locaux sont montés au créneau. Le député-maire de Nice, Christian Estrosi (UMP), a condamné lundi  "l'attitude des supporters stéphanois et les actes de vandalisme qui  déshonorent le football et les valeurs même du sport". "Ce n'est pas le premier match à risque se déroulant à l'Allianz Riviera, mais tous les éléments dont nous disposons désormais démontrent que les  supporters stéphanois se sont comportés comme des hooligans", a-t-il fustigé dans un communiqué. Le président du conseil général des Alpes-Maritimes Eric Ciotti (UMP) a également condamné "avec la plus grande sévérité ces violences", réclamant "des sanctions exemplaires" contre les auteurs. Déjà dans le collimateur des autorités, Stéphanois et Niçois n'échapperont pas à des sanctions.

Réunion avec le ministère de l'Intérieur?

Les instances du football (Ligue de football professionnel/LFP)  souhaiteraient une réunion avec les représentants des pouvoirs publics au ministère de l'Intérieur. "Si nous n'arrivons pas à régler ce problème définitivement, ça finira par  une interdiction systématique des déplacements, ce que personne ne souhaite", a  déjà prévenu dans un communiqué dimanche soir Frédéric Thiriez, président de la  LFP. Roland Romeyer, président de Saint-Etienne, a quant à lui dénoncé l'absence d'arrestations. "Je repense à ce qu'il s'est passé dimanche et je ne comprends pas pourquoi il n'y a pas eu d'interpellations et à l'heure actuelle il n'y en  a toujours pas", a-t-il indiqué lundi à l'AFP. Et M. Romeyer de demander lui aussi "l'organisation d'une table ronde avec le ministère de l'Intérieur et la Ligue de football professionnelle". "Je suis contre l'interdiction des déplacements de supporteurs. Je souhaite  des supporteurs des deux camps dans les stades, plaide le président des Verts.  C'est trop facile d'interdire mais les clubs ne peuvent pas faire la police ni  rendre la justice".

L'Intérieur met en cause les dirigeants de club

De son côté, le ministère de l'Intérieur n'a pas encore répondu à la demande des deux dirigeants et s'en est même pris aux responsables des clubs de foot. "Les incidents d'hier (dimanche) à Nice, montrent bien que le football est  encore malade d'une partie de ses pseudo-+supporteurs+", a d'abord déclaré le  porte-parole du ministère Pierre-Henry Brandet. "Il faut que certains dirigeants montrent l'exemple et arrêtent de fustiger  en permanence et publiquement l'action du ministère" de l'Intérieur "dès que  des arrêtés, notamment d'interdiction de déplacement de supporteurs, sont  pris", a-t-il ajouté. Une source proche du dossier à Beauvau a par ailleurs déclaré que "certains  clubs doivent enfin prendre leurs responsabilités" et que les "incidents les  plus graves impliquent régulièrement des ultras notamment lyonnais, stéphanois  ou niçois". "Il y a des responsables de clubs qui ne souhaitent pas faire le ménage  dans leur tribune, a estimé cette source, et ce sont les mêmes qui accusent les  pouvoirs publics de ne pas prendre la mesure du problème."

AFP