PSG fête casseurs
Les "casseurs" et les Ultras, gâcheurs de la fête du PSG | AFP - FRANCK FIFE

Neuf Ultras du PSG interpellés

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Huit supporteurs ultras du PSG ont été interpellés mardi, soupçonnés d'avoir provoqué les violences du 13 mai au Trocadéro qui avaient considérablement terni la remise du trophée de champion de France au club et conduit la droite à réclamer la tête du préfet de police.

Selon les premiers éléments de l'enquête, ces hommes de 19 à 34 ans, dont  six furent interdits de stade par le passé, sont soupçonnés d'avoir été à  l'origine des violences sur l'esplanade, notamment avec des jets de  projectiles, a précisé la source policière. Arrivés en groupe sur l'esplanade d'où étaient parties les violences, ils  ont été identifiés par la vidéosurveillance dont le ministre de l'Intérieur  Manuel Valls avait relevé l'importance pour faciliter l'enquête de la direction  de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP). 

Interpellés en région parisienne, ils ont été placés en garde à vue. Ce  sont pour certains d'anciens membres de groupes de supporteurs de la tribune  Auteuil, a précisé la source. Des abonnés de cette tribune ont été chassés du Parc des Princes il y trois  ans avec le "plan Leproux". Cette politique de sécurisation du stade avait été  mise en place par le précédent président du PSG (2009-2011) après le décès en  mars 2010 d'un homme à l'issue d'affrontements entre supporteurs en dehors du  stade. En rachetant le club, les Qataris ont préservé cette fermeté. Le 28 février 2010, un homme de 37 ans fut mortellement blessé dans une  rixe, en marge d'un match PSG-OM, entre supporteurs du PSG membres du virage  Boulogne, et membres du virage Auteuil, tribune rivale au sein du Parc des  Princes. La première est considérée comme nationaliste, alors qu'Auteuil  accueille une population diversifiée. Pour le 13 mai dernier, les nouveaux propriétaires du club de la capitale  rêvaient d'une belle carte postale et souhaitaient immortaliser le premier  sacre parisien depuis leur prise de contrôle du club en 2011, avec la Tour  Eiffel en toile de fond. La préfecture de police n'avait pas donné son accord à  un défilé sur les Champs-Elysées.

Échec

Mais malgré 800 policiers mobilisés pour encadrer les milliers de  supporteurs arrivés sur l'esplanade, la fête a laissé la place à la violence:  32 blessés, une quarantaine de personnes interpellées, des scènes d'émeute et  de pillage dans les zones les plus touristiques de la ville et une cérémonie  écourtée avant d'être purement annulée. Le procès des premières personnes jugées en comparution immédiate n'avait  pas révélé des profils d'émeutiers chevronnés et des sources policières ne  cachaient pas que le but de l'enquête était d'identifier ceux qui avaient  initié les violences avant de disparaître. 

Ces violences avaient valu à Manuel Valls de vives critiques de  l'opposition qui l'avait accusé d'"amateurisme" et d'inertie" face aux casseurs. Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, avait réclamé la  démission du préfet de police de Paris Bernard Boucault,  et le chef de file  des députés UMP, Christian Jacob, avait demandé la constitution d'une  commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la sécurité des grands  événements et manifestations à Paris. Claude Goasguen, député-maire du XVIe arrondissement où se trouve le  Trocadéro, a carrément demandé la démission de M. Valls, qui figure en tête des  différents palmarès de popularité des personnalités politiques. Mais M. Valls a défendu ses troupes dont le préfet de police, soutenu par  le président François Hollande, déplorant une "agression contre l'image de la  France" et jugeant que les casseurs étaient les "premiers responsables des  débordements". Face aux critiques, Manuel Valls avait reconnu un "échec", assuré que les  policiers "étaient largement nombreux mais (admis) que ces scènes de guérilla  montraient combien l'ordre public est quelque chose de difficile".

AFP