Nasser Al-Khelaïfi, le président du PSG, inculpé par la justice suisse pour corruption

Publié le , modifié le

Auteur·e : Denis Menetrier
Al-Khelaïfi, président du Paris Saint-Germain
Nasser Al-Khelaïfi, au Congrès de l'UEFA, le 7 février 2019 à Rome. | Andreas SOLARO / AFP

Retrouvez l’offre
france tv sport sur

Le président du Paris Saint-Germain, Nasser Al-Khelaïfi, a été inculpé par la justice suisse ce jeudi pour corruption. Il est reproché au Qatari d'avoir incité Jérôme Valcke, ex-secrétaire général de la FIFA, à "commettre des actes de corruption". Ce dernier avait été démis de ses fonctions au sein de l'instance mondiale du football en 2015 après qu'une énorme affaire de corruption à la FIFA a été révélée. Les faits reprochés à Al-Khelaïfi et Valcke, également inculpé, concernent l'attribution de droits médiatiques de différentes Coupes du monde. Al-Khelaïfi s'est quant à lui déclaré "satisfait" de l'abandon d'une partie des charges.

La semaine noire du Paris Saint-Germain ne s'arrête pas là. Après la défaite sur la pelouse du Borussia Dortmund (1-2) en huitième de finale aller de la Ligue des champions et les déclarations de Neymar mercredi sur le fait que le staff parisien l'a trop ménagé en vue de cette rencontre, c'est désormais le président du club de la capitale qui est visé. Nasser Al-Khelaïfi, qui dirige le PSG depuis l'arrivée des Qataris en 2011, a été inculpé ce jeudi par la justice suisse dans une affaire de corruption, dans une plainte déposée par le Ministère public de la Confédération (MPC).

Le président du PSG est inculpé aux côtés de Jérôme Valcke, ancien secrétaire général de la Fédération internationale de football association (FIFA) entre 2007 et 2015. Valcke avait été démis de ses fonctions il y a cinq ans, déjà en raison d'un scandale de corruption. Cette fois, cette corruption est en lien "avec l'attribution de droits médiatiques", comme il est précisé dans un communiqué publié par le bureau du procureur général suisse. L'inculpation par le parquet suisse concerne l'attribution de droits médiatiques "de différentes Coupes du monde de football et Coupes des Confédérations de la FIFA".

Entendu par la justice suisse en décembre

Selon le communiqué, Jérôme Valcke aurait "reçu des avantages indus" de la part d'Al-Khelaïfi. Le président parisien, en échange des droits de retransmission des compétitions évoquées sur les antennes de son groupe de télévision beIN Media, aurait ainsi acheté une villa en Sardaigne que Valcke souhaitait acquérir, avant de laisser ce dernier l'utiliser gratuitement pendant 18 mois sans payer de loyer. Des avantages que n'a pas déclaré Valcke à la FIFA, qui s'est "enrichi de manière illégale".

Valcke aurait ensuite fait usage de son rôle de secrétaire général de la FIFA "pour influencer en faveur de partenaires médiatiques de sa préférence les processus d'attribution de droits médiatiques, pour l'Italie et la Grèce, de différentes Coupes du monde de football et Coupes des Confédérations de la FIFA dans la période de 2018 à 2030." Le communiqué rappelle également que la procédure "avait été ouverte en mars 2017 notamment sur la base d'une plainte pénale de la FIFA déposée en décembre 2016 pour corruption privée". La FIFA a annoncé fin janvier à la MPC qu'elle retirait sa plainte pénale à l'encontre d'Al-Khelaïfi et Valcke après avoir trouvé un "accord amiable" avec le président du PSG. 

En réaction à cette inculpation, Nasser Al-Khelaïfi s'est dit "satisfait" de l'abandon d'une partie des charges, dans un communiqué publié ce jeudi. "Je suis satisfait que toutes les accusations de corruption en lien avec les Coupes du monde 2026 et 2030 aient été abandonnées", déclare-t-il dans le communiqué, en faisant référence à l'abandon des poursuites par la FIFA concernant "les accusations de corruption active et passive entre Al-Khelaïfi et Valcke" initialement liées aux deux Coupes du monde. "Même si une seconde accusation demeure, je suis persuadé qu'il sera prouvé qu'elle est sans fondement", assure le président du PSG dans le communiqué.

Après une année 2019 judiciaire compliquée, Al-Khelaïfi débute 2020 sur les mêmes bases. Le président du PSG avait déjà été mis en examen en mai dernier, par le tribunal de Paris, pour avoir voulu "acheter" les Mondiaux d'athlétisme de 2017. En décembre dernier, il avait été entendu par la justice suisse dans le cadre cette affaire de corruption pour laquelle il est inculpé aujourd'hui. À l'époque, le porte-parole d'Al-Khelaïfi déclarait que "conformément à la procédure d'appel d'offres officielle de la FIFA et à toutes les lois applicables, beIN s'est acquitté d'un montant record pour ces droits en tant que principal diffuseur de la région MENA (ndlr : Moyen-Orient et Afrique du Nord). Dès lors, les allégations à l'encontre de M. Al-Khelaïfi ne reposent sur aucun élément factuel." À l'image de ses joueurs, Al-Khelaïfi va devoir être convaincant dans les prochaines semaines pour se sortir de cette situation.