Nantes, FCN
Les Nantais fêtent le succès face à Bordeaux | NICOLAS TUCAT / AFP

Nantes, le péril jaune

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En s’imposant largement chez son rival bordelais lors de la 13e journée (0-3), Nantes n’est plus qu’à trois points de l’AS Monaco et du podium. Avec 23 points, les hommes de Michel der Zakarian ont déjà 14 unités d’avance sur Valenciennes, premier relégable. Voués aux gémonies en début de saison, le FCN est 4e de Ligue 1 et fait peur. Histoire d’une renaissance.

Le 9 mai 2007, Nantes s’imposait à Bordeaux (1-0) mais pleurait sa descente en Ligue 2. Six ans plus tard, les Canaris ont refait le coup (3-0) mais repartent cette fois avec un large sourire. Le succès chez l’ennemi juré les propulse à la 4e place de la Ligue 1. Promis à une saison galère suite à sa montée dans l’élite arrachée au finish (victoire sur Caen lors de la 36e journée) et une préparation sans relief (3 défaites, 3 nuls et 1 seule victoire), le FCN prend un malin plaisir à déjouer les pronostics.

Le déclic parisien

Treize journées ont été jouées, soit un tiers du Championnat, et les Canaris sont toujours dans les hautes sphères de l’élite. Jamais tombés plus bas que le 13e rang, les hommes de Michel der Zakarian ont su serrer les rangs lors des cinq premières journées. Vainqueurs de Bastia en ouverture, une erreur administrative pourrait les priver des trois points. Un premier coup de massue sur la tête d’une équipe sans repères à l’heure de retrouver le plus haut niveau français. Dans la foulée, deux défaites à Lorient (2-1) puis contre le PSG (1-2) à la Beaujoire les poussent dans la deuxième partie de tableau. Mais l’essentiel est ailleurs. Pendant plus d’une heure, les Nantais ont tenu tête aux champions de France en titre. Un véritable déclic.

Oui, les troisièmes du dernier Championnat de Ligue 2 ont les armes pour rivaliser à l’étage supérieur. S’en suivent un nul à Reims et un succès étriqué face à Sochaux (1-0), deux adversaires directs pour le maintien. Le FC Nantes nouveau est arrivé. Depuis la 7e journée, il marche carrément sur l’eau avec 5 victoires, 1 nul et 1 défaite. "Depuis le début, on essaie de grandir dans tous les domaines. On grandit vite pour l’instant", commentait le technicien ligérien sur RMC récemment. L’équipe a peu bougé à l’été mais semble plus à l’aise dans l’élite. Riou, Cissokho, Djilobodji, Veretout, Deaux, Bessat, Gakpé et Djordjevic, tous ont participé à la montée et forment aujourd’hui l’ossature de l’équipe. Seul Vizcarrondo est venu se greffer avec succès à ces huit piliers du club de Loire-Atlantique.

Nantes garde les pieds sur terre

"On est un groupe soudé, qui vit super bien", assure Bessat. Plus surprenant, les Jaune et Vert possèdent la troisième meilleure attaque de l’élite, avec 19 buts marqués. Souvent hués lors de ses premières années sur les bords d’Atlantique, Filip Djordjevic, déjà performant l’an passé (24 buts), est le symbole de cet état d’esprit tout neuf. "Il a toujours été dans l’esprit de travail, même durant la préparation. Il est très bosseur, loue son coach. Et physiquement, c’est un monstre. Il est capable de répéter les matches, les efforts. Depuis que je suis revenu, il est parfait dans l’esprit." Cette volonté et les coups durs du passé ont permis aux troupes du président Kita de se forger un mental à toute épreuve.

Seuls les deux premiers, Paris et Lille, ont réussi à les faire chuter. Pourtant, malgré ces excellents résultats, Nantes veut garder la tête froide. "L’objectif est toujours le même, prendre 42 points, le plus vite possible, pour atteindre le maintien", assène Der Zakarian en évoquant les ambitions de son club. Vainqueurs de Bastia, Sochaux, Ajaccio ou Evian, des concurrents directs au maintien, ses joueurs ont reçu le message. Poussés par des supporters trop heureux de revoir leur équipe titiller les gros bras, les Canaris ne comptent pas en rester là. Avant la trêve, ils accueilleront Monaco et Valenciennes puis se déplaceront à Marseille et Guingamp. En cas de victoire sur les Monégasques, le FCN monterait sur le podium. Le "mur jaune" est prêt à vibrer derrière les siens. Le "péril jaune" à s’abattre sur la France.

Jerome Carrere