A Nantes, le parachute est bloqué

A Nantes, le parachute est bloqué

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Après une première partie de saison encourageante, le FC Nantes a amorcé il y a plusieurs semaines une plongée progressive vers les tréfonds du classement de la Ligue 1. Une décadence sportive conjuguée à l'annonce de quelques mauvaises nouvelles, qui ne laissent pas présager un horizon sans nuage pour les Canaris.

Il devrait être recommandé aux personnes souffrant d'hypotension - ou autres maladies cardiaques - de ne pas supporter le FC Nantes. Auquel cas ils pourraient bien voir une anomalie commuée en véritable crise de tachychardie, tant les Canaris soufflent le chaud et le froid ces derniers mois. Promu en Ligue 1 à l'issue de la saison 2013/2014, le club breton enclenchait en juillet dernier une campagne de recrutement loin d'être clinquante (Audel, Bedoya...), mais avait tenu, un peu à la surprise générale, la dragée haute en championnat jusqu'à la mi-novembre. Avec un effectif limité, les Nantais pointaient à la 6e place mi-novembre, avant de dégringoler à 15e place début mars. Autrement dit, en trois mois de chute libre au classement général, le FCNA a perdu 9 places, et ne parvient toujours pas à enrayer son interminable plongée vers les bas-fonds de la Ligue 1.

La spirale de l'échec

On revoit les badauds s'emballer excessivement devant les surprenantes prestations nantaises :"Nantes peut-il accrocher l'Europe ? Est-ce le retour du jeu à la nantaise ?". Le 11 novembre dernier donc, à l'issue d'une victoire retentissante à Chaban-Delmas face à Bordeaux (0-3), les Canaris pointaient à trois petites marches et une poignée de points du podium. A l'époque, I'arrière garde nantaise, composée des très convoités Pape Djilobodji et Issa Cissokho, tenait largement la route, Djordjevic était un buteur redoutable, tandis que Veretout et Bedoya étaient aussi imprévisibles que bons passeurs. Mais le temps a fait son oeuvre, et depuis début janvier, le FC Nantes se cherche sans se trouver. Les Bretons, apathiques en phase offensive, faillissent fréquemment en fin de match, preuve d'un mental plus que friable. Contre Ajaccio, ce week-end, les hommes de Der Zakarian ont encaissé un but à la 92e, alors que la victoire lui tendait les bras (2-2).

Un club mal géré ? 

Entre temps, les Jaunes et Verts se sont faits étrillés par le Paris Saint-Germain (5-0) - Rémy Riou avait annoncé la veille que Nantes était capable de faire jeu égal avec les Franciliens -, puis battus par Sochaux (0-1), une nouvelle fois par Paris (1-2), Lyon (1-2), Rennes (0-3), Evian (0-2)... Dans le même temps, dans les tribunaux, l'état major nantais perd deux batailles juridiques essentielles. La première le prive de trois points pourtant glanés contre Bastia en début de saison (2-0), pour avoir fait jouer un joueur suspendu (Touré) contre les Corses. Bien pire, la deuxième l'exempte de recrutement jusqu'en juin 2015 selon la décision du TAS, dans le cadre de l'affaire "Bangoura". Ainsi, Nantes ne pourra vraisemblablement pas compenser les départs annoncés de certains de ses cadres (Djordjevic, Cissokho, Djilobodji) et devra probablement s'appuyer sur des solutions internes. Le club breton a commis deux erreurs majeures, lequel n'a pourtant jamais plaidé coupable, le président Kita se montrant scandalisé par les décisions défavorables au FC Nantes.

Au terme de la défaite concédée dans le "money-time" face à Ajaccio, Waldemar Kita, fou de rage, a déclaré au sujet de ses joueurs : "ils n’ont rien dans la cervelle, putain !". Peut-être bien qu'ils ne sont pas les seuls à avoir quelques bavures à se reprocher. 

Jean Charbon