Montpellier remet la pression sur le PSG

Montpellier remet la pression sur le PSG

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Vainqueur à Toulouse en match avancé de la 34e journée de Ligue 1 (0-1), Montpellier s'est qualifié pour la ligue des Champions et a repris provisoirement ses distances avec le PSG en tête du classement. Les Héraultais possèdent désormais cinq points d'avance sur les Parisiens qui disputent un choc décisif a Lille dimanche. Marseille, de son côté, continue de s'enfoncer. Battu à Lorient (2-1), l'OM enregistre un 13e match sans victoire.

Invaincu sur la pelouse de Toulouse depuis 25 ans, Montpellier a prolongé la série en s'imposant au Stadium. Face à la meilleure défense de Ligue 1, les Héraltais n'ont pas eu à cogiter longtemps. Un exploit personnel de Younes Belhanda, excentré sur la gauche et repiquant au centre grâce à une série de dribbles avant d'enclencher une frappe soudaine ouvrait la voie au leader du championnat de France (0-1, 3e). Pendant une demi-heure, il n'y avait qu'une équipe sur le terrain, celle de René Girard. Impressionnants d'audace et d'aisance, les partenaires d'un Belhanda étincelant étouffaient complètement des Toulousains à la dérive. Leur première réaction intervenait à la 29e minute quand un double sauvetage de Jourdren puis Hilton rappelait à l'ordre Montpellier. En dépit d'un rythme très élevé, rien ne serait plus marqué jusqu'à la pause et le MHFC restait à portée de fusil des Haut-Garonnais. 

Les Montpelliérains auraient pu pourtant s'éviter une seconde période des plus crispantes si Olivier Giroud, juste avant l'heure de jeu, avait transformé ce penalty , consécutif à une main de Tabanou dans sa surface. Mais le meilleur buteur de Ligue 1 (19 buts), frappait trop mollement et Ahamada bloquait presque sans difficulté la tentative de l'ex-Tourangeau. Giroud allait traîner cet échec comme un boulet jusqu'à la fin du match mais, heureusement pour lui comme pour ses coéquipiers, il n'allait pas porter à conséquence. Incapable de forcer la décision face à une défense héraultaise extrêmement solide malgré la pression, Toulouse s'inclinait et voyait filer une bonne partie de ses chances de qualification en Ligue Europa. Pour Montpellier, en revanche, la qualification directe pour la Ligue des champions est en poche. La première dans l'histoire du club. Et le rêve d'un sacre national se poursuit. Et se rapproche.

Marseille, la chute sans fin

Que cette fin de saison est longue pour Marseille. La parenthèse enchantée de la Coupe de la Ligue est définitivement refermée et les affres d'une abstinence sans précédent de victoire continuent de faire courber l'échine aux Phocéens. Treizième revers de rang en championnat pour l'OM. Jusqu'où cette incroyable spirale mènera les hommes de Didier Deschamps ? Le trou a-t-il un fond ?

Face à ce qu'il est désormais convenu d'appeler un adversaire direct dans la lutte pour ne pas descendre, Marseille a donc de nouveau sombré. L'entame était pourtant clairement en faveur des Olympiens qui dominaient copieusement des Bretons fébriles avant le premier tournant du match. Morel, débordé par Campbell, fauchait son vis-à-vis dans la surface : penalty indiscutable transformé par Mvuemba (1-0, 41e). Dans la foulée, Ayew, après un numéro de jongles, était lui aussi victime d'une faute dans la zone de vérité mais, cette fois, l'arbitre ne bronchait pas. (43e). Quand ça ne veut pas sourire…Surpris en fin de première période, les Marseillais encaissaient un second but dès la reprise par Monnet-Paquet qui concluait un contre éclair (53e). C'en était trop pour cet OM fragilisé qui subissait un dernier coup de grâce à la 62e minute quand un centre d'Azpilicueta était contré de la main par Le Lan dans ses 18 mètres… Une nouvelle fois silence radio du côté de l'arbitre. Pourtant, devant un tel scénario catastrophe, certains refusaient encore de baisser les bras. C'était le cas de Valbuena qui réduisait le score dans un angle fermé (2-1, 77e).

Mais la réaction d'orgueil était trop tardive et, en dépit d'un forcing plus courageux que véritablement dangereux, l'OM plongeait de nouveau. Les Lorientais, grâce à ce succès, respiraient un peu mieux en revenant à deux points de leur victime du soir. Si Marseille est toujours 10e au classement, la formation de Deschamps ne compte plus que 8 points d'avance sur le premier relégable.

Déclarations :

René Girard, entraîneur de Montpellier : "On doit taper juste avec peu de moyens. La Ligue des champions donnera envie à des garçons de nous rejoindre à des prix abordables. Des catégories de gens que l'on ne pourrait pas toucher cherchent à savoir nos ambitions, ce que l'on veut faire et pas faire. Il y a plus de sollicitations. On est plus pris au sérieux qu'auparavant."

Olivier Giroud (attaquant de Montpellier): "C'est sûr que ça sent bon (sourires). Venir gagner à Toulouse c'est une performance significative. Cinq points d'avance, cela commence à faire, cela va mettre un peu de pression sur Paris. On espère que Lille fera un bon résultat face au PSG. Cette saison, nous sommes plus costauds quand il s'agit de garder un résultat, même si nous aurions dû faire le break pour ne pas nous faire peur en fin de match. Il y a de la fatigue, mais c'est de la bonne (fatigue), car les résultats suivent. Nous avons beaucoup d'espoir, mais nous sommes pendus aux résultats de Paris. C'est une bonne chose pour le club d'avoir assuré la 3e place. Je ne sais pas si nous sommes les favoris, c'est aux spécialistes de le dire, mais sur ce que l'on montre depuis plusieurs mois, on se positionne comme une équipe capable d'aller chercher ce titre".

Didier Deschamps (entraîneur de Marseille): "En terme de contenu, on est vraiment malheureux. Le pire ressentiment d'un entraîneur face à ses joueurs est l'injustice, et là il y a deux penalties flagrants en notre faveur qui n'ont pas été sifflés. Ce n'est pas une excuse mais cela se répète. Je ne demande pas de faveurs mais ce qui doit être sifflé doit être sifflé. On avait déjà eu deux penalties non sifflés à Bordeaux la semaine dernière (1-2, ndlr). Certes, les buts de Lorient n'ont pas été marqués par l'arbitre, mais c'est dur à digérer, d'autant plus dans notre situation compliquée. On a eu de la maîtrise, de l'envie, de la détermination, mais dans notre situation, quand on doit subir des injustices, cela devient compliqué. Face à une équipe réputée collectivement forte, la maîtrise a été de notre côté, donc c'est vraiment rageant. Autant certains matches on n'a pas mérité de gagner, autant là... J'essaie de garder mon calme mais mon corps et ma tête ont certaines limites."

Julien Lamotte