Mavuba félicité par ses coéquipiers lillois
Mavuba félicité par ses coéquipiers lillois | JEFF PACHOUD / AFP

Montpellier et Lille foncent

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Montpellier s'est bien remis de sa défaite à Lorient. Le leader de la L1 a disposé de Valenciennes 1-0 et continue sa course en tête avec 5 pts d'avance sur le PSG. Les Parisiens, opposés à Sochaux dimanche, doivent s'imposer pour rester dans la roue des Héraultais et maintenir Lille à distance. Vainqueur à Dijon 2-0, le Losc est revenu à 2 pts du PSG. Dans la course à l'Europe, Toulouse est le grand perdant. Défait à Evian, le TFC est dépassé par Rennes et l'ASSE.

Si Montpellier n'est pas le roi des buts rapides, il est rarement le dernier à se mettre en action. Ce fut encore le cas samedi avec le but de Camara dès la 5e minute, le septième des Montpelliérains dans les quinze premières minutes. Ce petit but, genou et poteau rentrant, a suffi au bonheur des hommes de René Girard qui n'ont pas brillé mais qui ont été solides. De toute façon, il ne fallait pas craindre grand-chose de Valenciennes, plutôt inoffensif à l'extérieur et à la Mosson en particulier.

La saison dernière, les Lillois avaient fait la différence dans les six derniers matches (21 pts sur 23 possibles). Si cette saison ils partent de plus loin, leur finish n'en est pas moins redoutable. Avec cinq succès sur les six dernières rencontres, les Dogues sont revenus aux affaires et talonnent le PSG avant son match contre Sochaux. A Dijon, Lille a s'est détaché en sept minutes juste avant la mi-temps alors qu'il jouait à dix depuis l'exclusion de Gueye. Mavuba a montré la voie (39e) puis Hazard a doublé la mise (45e+1). Le plus dur était fait et le Losc a tenu bon son 17e succès de la saison. Seul hic, Hazard est sorti sur une blessure au tendon d'Achille causée par une faute du Dijonnais Kumordzi (exclu pour son geste).

Alors que la LFP a décidé de fermer les deux kops stéphanois à Geoffroy-Guichard pour les trois derniers matches de la saison (l'ASSE a fait appel), les Verts ont largement profité de l'opération portes-ouvertes à Caen. Où est donc passée l'équipe normande qui a tenu tête à l'OM mercredi (1-1) ? Visiblement peu concernés par leur maintien, les Normands ont regardé joué les Foréziens. Et ceux-ci ne s'en sont pas privés en passant un logique 4-1. Aubameyang a signé un doublé très important en vue de la course à l'Europe. Il reste cinq finales à jouer pour St-Etienne.

A défaut de ramasser les titres sur le territoire national, Rennes a confirmé sa suprématie régionale. Face à Lorient, les Rennais ont déjà engrangé deux victoires. Face à Brest, après le nul 1-1 du match aller, Rennes a mis un point d'honneur à s'imposer à Francis Le Blé. Après des tirs de Hadji (4e) et Kana-Biyik (16e) captés sans problème par Elana, puis une tête largement au-dessus (35e) de Montano, préféré à Kembo, les Rennais ont trouvé l'ouverture sur un penalty consécutif à une faute de Kantari sur Pitroipa, transformé par Féret (45e+3), déjà buteur contre Nice. Si Brest a poussé après la pause, le Stade a conservé son avantage et pointe provisoirement au 4e rang en attendant Lyon - Lorient. Battu 2-1 à Evian, Toulouse est lui redescendu en 7e position.

Le nul arraché face à Paris dimanche dernier (1-1) n'aura arrangé que Montpellier et Lille. Une semaine plus tard, le soufflet auxerrois est retombé. Les Bourguignons ont vu rouge par l'intermédiaire d'Oliech (37e) et Boly (78e) et ils se sont inclinés 1-0 à Nice sur un penalty de Monzon (36e). La situation devient désespérée pour l'AJA (28 pts) qui est toujours à 5 pts de la 17e place. Mais Sochaux et Ajaccio, respectivement 18e et 19e avec 33 pts, peuvent "s'échapper" dimanche. Ces trois points font eux le bonheur des Aiglons, désormais 12e et bien partie pour rester parmi l'élite.

Le Brésilien Jussiê était pressé contre Marseille. Il a ouvert le score au bout de 27 secondes. Mais le Girondins est encore loin du record en la matière dans le championnat de France. Le record est toujours détenu par Michel Rio, qui jouait alors pour Caen et avait marqué contre Cannes (battu finalement 3-1) au bout de 8 secondes le 15 février 1992 au Stade Malherbe. Le record du but le plus rapide de la saison 2011-12 est en revanche toujours détenu par un autre joueur de Bordeaux, le Tchèque Jaroslav Plasil, qui avait ouvert le score au bout de 14 secondes contre Nancy (2-0) le 4 décembre lors de la 16e journée. A part ça, Bordeaux a enfoncé l'OM 2-1. 

Réactions

René Girard (entraîneur de Montpellier): "C'est plus facile d'écrire que le match sera facile que de le gagner. On sait qu'un match de football n'est jamais simple. On est tombé sur une équipe de Valenciennes bien regroupée et bien en place. Elle s'est peu découvert. On n'a pas toujours trouvé la solution. Malgré tout, nous avons réussi l'essentiel. Quand on gagne, on est forcément satisfait. D'autant que l'on voit que ce n'est simple pour personne. Même quand c'est difficile, on parvient à gagner. Cela signifie qu'il y a quelque chose et que l'on est efficace même si c'est par le plus petit des scores."

Daniel Sanchez (entraîneur de Valenciennes): "Je n'ai rien à reprocher à mes joueurs. Dans l'investissement, dans la volonté et le désir de bien faire. Malheureusement, on prend ce but en début de rencontre. Ensuite, on a couru derrière tout le match. Pour la 20e fois de la saison, on a touché les montants. Cette non-réussite nous poursuit. Nous avons bien maîtrisé notre sujet, nous avons bien embêté Montpellier en milieu de terrain, et nous avons essayé d'aller de l'avant chaque fois que c'était possible. Mais, cela n'a pas suffit. On a été battu par meilleur que nous, mais nous n'avons rien à nous reprocher. Il reste cinq matchs pour aller chercher des points et se sauver. Avec l'envie et l'état d'esprit qui étaient les nôtres, on peut voir l'avenir d'une manière sereine".

Christophe Galtier (entraîneur de Saint-Etienne): "On s'est précipité au départ sur du jeu long, puis on a pris confiance dans notre nouveau système en 4-3-3. C'est une satisfaction de l'emporter, d'autant plus qu'il y a eu la manière. On est dans la continuité de la 2e période face à Brest, de progression pour être présent dans le sprint final. Le système est une réussite puisqu'on gagne, les joueurs se sont appliqués au milieu, on a trouvé rapidement des repères et c'est bien pour le collectif, ça donne des options supplémentaires pour la fin de saison. Je voulais mettre vite Lemoine, mais je voulais aussi surprendre parce qu'on nous avait bloqués dans le jeu sur les derniers matches. Mais à 50 points, ce n'était pas un risque de changer de système. Si on ne prend pas de plaisir dans notre position et qu'on ne tente pas en se lâchant, en jouant, c'est dommage!"

Franck Dumas (coach de Caen): "Cette défaite, je la prends pour moi. J'ai toujours confiance en mes joueurs, il n'y a pas de problème, et la situation n'a pas changé au classement, c'est toujours largement jouable pour le maintien. C'était un match important, j'ai dû me tromper sur deux ou trois choses, moi aussi je me remets en cause. J'ai dû me tromper quelque part, tapez sur moi et pas sur les joueurs. Dorénavant, je ferai davantage attention à mes choix pour ne plus que ça se reproduise."

Alex Dupont (entraîneur de Brest): "Nous sommes très mal entrés dans le match, nous avons joué avec la peur au ventre et avons été trop timorés. En première période, nous avons été complètement inoffensifs, il ne s'est rien passé. Puis il y a ce penalty qui nous fait mal (but rennais dans le temps additionnel de la première période, ndlr). Par contre la deuxième période a été à notre avantage, j'ai senti une révolte des joueurs, ils ont bien réagi et se sont créés deux situations. Sur le match, le nul aurait été logique. On ne méritait pas de gagner mais pas de perdre non plus. On aurait pu bénéficier d'un penalty, comme contre Lille il y a 15 jours (3-1), mais on ne siffle pas de penalty pour Brest. Cela s'est joué sur peu de choses. Mais nous ne sommes pas morts. Nous sommes déçus mais projetons nous sur le match à Auxerre."

Frédéric Antonetti (entraîneur de Rennes) : "Ecoutez, c'est vrai que nous avons gagné trois matches de suite mais il en reste encore cinq. Nous sommes dans le coup avec d'autres équipes. On a montré du nerf, du caractère dans un contexte difficile à Rennes, mais on est là (l'élimination en demi-finale de la Coupe de France contre Quevilly a déclenché la colère de certains supporters). Nous allons essayer de continuer cette série mais nous avons un calendrier compliqué: nous jouerons des équipes qui jouent l'Europe et le maintien ainsi que les deux premiers. Mais on est encore vivants."

Pablo Correa (entraîneur d'Evian-Thonon) : "Ça fait du bien. Enchaîner une victoire, cela fait toujours du bien. Ces derniers temps nous ne pouvions pas offrir des succès à notre public. Je pense que les spectateurs ont vu un bon match, assez ouvert, entre deux bonnes équipes. J'ai vu mon équipe plus que résister. Il fallait être physiquement puissant pour faire face à cet adversaire. Nous avons eu un jeu très agréable à voir par moments. Nous nous étions préparés à subir par périodes. Nous avions décidé de ne pas nous laisser aspirer face à un adversaire habile en contre. Le comportement de l'équipe a été très correcte dans toutes les lignes avec beaucoup d'enthousiasme. Nous étions déjà un peu plus tranquille pour le maintien après la victoire à Valenciennes car je pensais que 42 points étaient suffisants pour se sauver. Gagner aujourd'hui, c'est bien. Cela veut dire que le groupe veut encore avancer. C'est important pour le présent et aussi pour l'avenir."

Alain Casanova (entraîneur de Toulouse): "Nous avons eu le monopole du ballon presque tout le match mais nous avons été pris à la faute sur deux phases arrêtées. Sur l'une des deux, peut-être y a-t-il eu une faute. Nous savions qu'ils étaient bien tirés et qu'il y avait de bons joueurs de tête dans l'équipe adverse. Nous avons loupé le coche à 0-0 et notamment sur un bel enchaînement et sur deux ou trois autres occasions. Nous aurions dû essayer de tenir un peu plus longtemps le 1-1 et même à 2-1 nous avons eu des situations pour revenir. Je n'en veux pas aux joueurs qui ont montré de bonnes choses sur l'état d'esprit, la volonté de produire du jeu et les intentions. Sur les phases arrêtées, il faut mieux défendre. Cela faisait très longtemps que nous n'avions pas été pris à la faute ainsi. Cela peut arriver. Nous faisons la  mauvaise opération de la soirée et c'est dommage car nous méritions de repartir  avec des points."

René Marsiglia (entraîneur de Nice): "Désolé pour le contenu de notre match, nous ne retiendrons que les trois points de la victoire. Dans ce genre de circonstances, je sais ce qui se passe dans la tête des joueurs pour l'avoir vécu. Contractés, paralysés, ils ne sont pas arrivés à se lâcher. Nous avons livré un petit match. Il n'y a eu aucune euphorie dans le vestiaire. Une toute petite prestation, c'est vrai. On a fait le boulot sur le résultat, pas dans le jeu. Cela vaut pour les matchs que nous avons bien joués et perdus. Cette victoire permet de capitaliser tout le travail réalisé ces dernières semaines."

Gérard Bourgoin (président d'Auxerre): "Une sale soirée. On voulait gagner cette rencontre. Il s'y est passé des choses exceptionnelles. On finit à 9, on aurait même pu finir à 8, c'est désolant. C'est exceptionnel, même si on n'est pas les premiers à qui cela arrive et nous ne serons pas les derniers. Le penalty? Je ne sais pas, je n'ai pas vu les images. Dans notre situation, nous devons prendre des points, c'est un échec. Nous n'avons pas été capables de gagner et de concrétiser nos occasions. Mais il faut encore croire au maintien. Mathématiquement, tout est encore possible. Il faut se rappeler que nous avons su être solides devant l'OL et le PSG."

Jean-Guy Wallemme (entraîneur d'Auxerre): "Un sentiment de gâchis. Nous avons livré 25 premières minutes intéressantes, mais nous avons manqué d'efficacité et nous avons joué de malchance sur des situations intéressantes. Un fait de match l'a totalement transformé et nous l'a rendu très compliqué. Je crois que si tout le monde avait respecté son boulot, les choses auraient été différentes. Les arbitres devraient faire preuve de plus de psychologie et de pédagogie. L'enjeu d'une rencontre et le cours des évènements peuvent influer sur le comportement d'un joueur. Je n'excuse pas Dennis Olliech (carton rouge direct pour propos déplacés, ndlr) mais en Grande-Bretagne, le mot "fuck" se dit souvent sur les terrains."