Giroud Montpellier joie but 092010
Giroud (Montpellier) | AFP - VINCENT BEAUME

Montpellier avec largesse, le PSG de justesse

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Montpellier, éclatant vainqueur de Rennes (4-0), a pris seul les commandes de la Ligue 1 tandis que le Paris SG, toujours en rodage, a peiné pour se défaire de Valenciennes (2-1). Bonne opération pour Sochaux, qui s'impose sur le terrain de Nancy (1-2). Fin de cette troisième journée de Ligue 1 avec Marseille-Saint-Etienne.

 Paris SG - Valenciennes : 2-1

C'est peu dire que le PSG était attendu au tournant lors de la réception de Valenciennes. Face à des Nordistes accrocheurs et habiles en contre, les Parisiens ont montré des progrès dans le jeu et la cohésion mais cela s'est encore révélé assez juste. Sans l'Argentin Javier Pastore, encore trop juste physiquement, et assis sur le banc au coup d'envoi, les hommes de Kombouaré entament pourtant bien la rencontre avec un Menez de plus en plus à l'aise et un Gameiro toujours aussi adroit face au but. Témoin, cette finition parfaite de l'ex-Lorientais qui pique parfaitement son ballon devant le portier valenciennois pour ouvrir le score à la 39e minute. Le parc explose mais sa joie est de courte durée : dans les arrêts de jeu de la première période, Gomis est complètement oublié par la défense parisienne et il se retrouve seul pour smasher sa tête face à un Sirigu impuissant (1-1, 45+1e).

Ce coup de poignard entre les omoplates d'un PSG encore fébrile fait mal et les partenaires de Nenê mettent du temps à cicatriser. Disputée sur un faux-rythme, la deuxième période sombre dans la léthargie. Le public sort enfin de sa torpeur à la 58e minute pour l'entrée en jeu de Pastore. L'Argentin fait chavirer le Parc des Princes sur son premier ballon en réalisant un dribble en pivot qui en dit long sur sa facilité technique mais il manque encore clairement de coffre pour être réellement influent. Il faudra un penalty généreusement accordé au joueurs de la capitale, suite à une main peu évidente dans la surface de V.A, pour que Nenê libère les siens (2-1, 64e). Ce succès, certes étriqué, assure la 9e place au classement aux Parisiens. En attendant mieux...

Montpellier - Rennes : 4-0

Présenté comme un choc d'outsiders, ce match aura tourné à la démonstration montpelliéraine. Sous une chaleur accablante, les hommes du président Nicollin ont littéralement survolé les débats face à des Bretons qui avaient pourtant fait forte impression depuis le début du championnat. Monopolisant la gonfle depuis le début de la rencontre, les Héraultais ouvrent logiquement le score suite à un penalty de Belhanda (1-0, 31e) avant de se détacher irrémédiablement en seconde période. Et de quelle manière ! D'abord en force par cette frappe de mammouth de Dernis qui trouve la lucarne de Costil (2-0, 52e) puis en finesse sur un rush tout en crochets de Camara qui termine le travail en enroulant sa frappe dans le filet opposé (3-0, 72e). Euphorique, ce dernier y va même de son doublé en profitant des largesses d'une défense bretonne complètement résignée (4-0, 86e). Grâce à ce succès, les hommes de René Girard occupent seuls la première place du championnat avec trois succès en autant de match. Seul Saint-Etienne, qui jouait plus tard dans la soirée, pouvait encore espérer suivre le rythme effréné des Montpelliérains...

Nancy - Sochaux : 1-2

Les Sochaliens, à défaut d'avoir retrouvé tout leur allant de la saison passée, ont su faire preuve d'un réalisme impeccable pour surprendre Nancy sur sa pelouse. Les Lorrains, trop empruntés dans le jeu, se sont fait cueillir par deux buts signés Peybernes (53e) et Privat (64e). Dans la foulée, les Doubistes perdaient un joueur, Carlao étant expulsé pour avoir retenu Afoulou par le bras dans sa surface, et concédaient un penalty transformé par Hadji (1-2, 67e). Le match était relancé mais les Lionceaux parvenaient jusqu'au bout à défendre leur mince avantage qui leur assurait une belle huitième place au classement. Pour Nancy, qui a déjà bataillé toute la saison dernière pour éviter la relégation, la situation de déjà préoccupante puisque l'ASNL pointe de nouveau à la 18e place. Encore une année noire ?

Déclarations :

Antoine Kombouaré (entraîneur du Paris SG): "J'ai vu une équipe soudée, solidaire, qui s'est accrochée. C'est une victoire vachement importante. On était attendu, il fallait absolument gagner. Une victoire dans la difficulté permet de voir la force mentale d'une équipe. Le contexte est difficile, il y a une grosse pression sur les épaules des joueurs mais ils ont répondu présents. Il faut du temps pour construire une équipe, les automatismes. J'ai beaucoup aimé la victoire acquise dans la difficulté. Ce que je n'aime pas c'est qu'on a pris un but à chaque match. Il faudra être plus costaud. (A propos de Pastore) Il lui faut du temps. Il apporte sa capacité à porter le ballon, à jouer juste, à aller de l'avant."

Jean Fernandez (entraîneur de Nancy): "Par rapport à la qualité du match, c'est une défaite de trop. A Saint-Étienne, nous étions frustrés après avoir encaissé un but à deux minutes de la fin mais contre Sochaux c'était beaucoup plus laborieux. On a beaucoup de lacunes dans le jeu. Il y a un manque de vitesse et beaucoup de déchets techniques. On manque de réalisme, aussi bien sur le plan défensif qu'offensif. On est dans une situation un peu compliquée après trois matches même si on sait que le championnat est un marathon. Il ne faut pas être pessimiste mais je pense qu'il y a un gros travail à faire. Il n'y a que le travail pour améliorer les choses. Je pense qu'il y a le potentiel pour faire beaucoup mieux".

 René Girard (entraîneur de Montpellier): "Je ne sais pas si le match parfait existe, mais quand c'est comme ça, on prend du plaisir. J'appréhendais beaucoup la chaleur, redoutant que les garçons ne puissent pas s'exprimer pleinement. Ils nous ont bluffés. Nous avons fait un match plein. Dans l'agressivité, dans la conservation et aussi dans la réussite. Marquer quatre buts à Rennes, ce n'est pas tous les jours que cela arrive. Ils ont fait les efforts, ils ont été récompensés. Notre victoire ne souffre aucune contestation. On joue pour essayer de gagner. Cela se passe bien. On a neuf points. Il en reste moins à prendre pour le maintien. Il ne faut pas se prendre la tête, on ne joue pas pour le titre. Maintenant, nous devons rester les pieds sur terre car ce n'est que le troisième match. Un match périlleux nous attend à Lyon la semaine prochaine. Quand on prend les points comme ça, on a envie de faire un petit coucou à M. Ménez pour dire qu'ils ne sont pas volés. Dans de telles conditions, devant un adversaire de valeur, on réussit un match avec de la rigueur, de l'envie et du jeu et de la réussite. C'est le football comme je l'aime. Depuis la reprise, on a mis huit buts, ce qui nous a manqués un peu en fin de saison passée".

Julien Lamotte