Geoffrey Kondogbia
Le Français Geoffrey Kondogbia | BEHROUZ MEHRI / AFP

Monaco s'éprend de Kondogbia

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Sacré champion du monde avec les U20, Geoffrey Kondogbia a de nouveau forcé Dmitri Rybolovlev, le richissime propriétaire de l'AS Monaco, à casser son cochon tirelire. Déjà comparé aux plus grands, le jeune milieu de terrain, qui soit s'engager avec Monaco dans les 48 heures, brûle les étapes avec une sérénité déconcertante. Portrait d’un joueur qui, pour une fois, vaut bien son prix.

Le nouveau Diaby ? Non, il est moins fragile. Le nouveau Matuidi ? Toujours pas ; Kondogbia n’est pas « un gratteur » de ballon. Mais y a-t-il toujours lieu de comparer ? Geoffrey Kondogbia est Geoffrey Kondogbia, tout simplement. Un milieu polyvalent qui brille par son sens du placement, capable d’éliminer avec sa puissance et sa technique, excellent dans le domaine défensif et très bon relanceur. En fait, si vous affectionnez particulièrement les comparaisons, Kongdobia rappelle plus les Viera ou Keita, ces milieux longilignes capables de transpercer les lignes et d’apporter le surnombre dans les trente derniers mètres.  Une description qui colle avec l’appréciation dithyrambique du Bordelais Grégory Sertic, qui l’a vu débuter à Lens en 2010/2011 : « «Il est capable de casser les lignes devant lui et d’effacer les adversaires tout seul, apprécie le Bordelais. Il est costaud dans les duels et a aussi une très bonne technique ». Pour Monaco, qui n’a pas hésité à mettre un sacré pactole pour attirer le Sévillan dans ses filets (20 millions d’euros pour un contrat de cinq ans), Kondogbia est bien plus qu’un pari. Il est un investissement, quasiment assurément rentable. On parle là d’un joueur qui, à 20 ans, est devenu une pièce essentielle du FC Séville (31 matches en Liga la saison dernière).

Objectif Brésil 2014

Dans une saison pré-Coupe du Monde, il est une propension naturelle chez les joueurs français animés par une ambition internationale ; celle de revenir – ou de rester – en Ligue 1. La raison de ces come-back en chaîne est évidente : les prétendants au maillot bleu veulent briller dans un championnat qui les expose plus favorablement aux yeux du sélectionneur.

En choisissant Monaco, Kondogbia a donc fait coup double : d’abord, il jouera le titre avec une équipe médiatiquement surexposée puisque bardée de stars internationales (Falco, Moutinho, James, Abidal), et surtout, il rejoint une formation peu fournie à son poste, et a donc de grande chance d’être titulaire aux côtés de Jérémy Toulalan. Quant à Delvin NDinga et Mounir Obbadi, qui assuraient l’interim, ils ne devraient pas trop gêner le néo-international français. Le premier n’a jamais véritablement confirmé les espoirs placés en lui, et le second, même s’il a bien dépanné, ne joue pas à son vrai poste.

D’ailleurs, Pierre Mankowski, l’ancien sélectionneur des Bleus U20, ne doute pas un seul instant des capacités de son protégé à s’imposer sur le Rocher : « Geoffrey va devoir se battre, mais il y est arrivé à Séville, et je ne suis pas inquiet. Pour lui, c’est intéressant d’évoluer en France dans un club de ce niveau-là ».

Cerise sur la gâteau, Kondogbia a même connu récemment sa première sélection avec l’Equipe de France A contre la Belgique (le 14 août dernier). Profitant des suspensions de Matuidi, Cabaye, et Gonalons, l’ancien Lensois, qui plaît beaucoup à Didier Deschamps, a découvert le niveau international avec beaucoup d’humilité :  «La marche est haute entre les Espoirs et les A. J’ai repris depuis peu mais je suis prêt à tout ! Vous savez, ce n’est que du football ». S’il n’a pas encore fait son trou chez les Bleus, Kondogbia a déjà un pied dans l’avion qui décollera pour le Brésil l’été prochain. Mais avant de penser au Mondial, « Geo » devra d’abord grimper au sommet du Rocher.   

 

Jean Charbon