Les Monégasques après leur victoire contre Tottenham
La joie des joueurs de l'AS Monaco après leur victoire contre Tottenham en C1 | AFP - BEN STANSALL

AS Monaco-Rennes : les raisons de la grande forme de l'AS Monaco

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Leader invaincu en Ligue 1, auteur d’une très grosse performance en Ligue des champions, l’AS Monaco a le vent dans le dos en ce début de saison. Pourquoi ? Comment ? Explications avant son match contre Rennes (5e journée) ce samedi.

Une charnière en acier

Pour l’emporter, mieux partir au combat avec une base solide. Et dans ce domaine, l’ASM peut compter sur son duo Kamil Glik-Jemerson. Les deux hommes ont été étincelants à White Hart Lane et ont donné le la dans le travail défensif. "On a été présents dans les duels", confirme le latéral gauche Djibril Sidibé, recrue qui donne satisfaction depuis son arrivée cet été de Lille et membre d’une défense qui n’a pris que quatre buts depuis le début de la saison. Le Brésilien Jemerson commence à justifier son sobriquet de "Blackenbauer", en référence à Franz Beckenbauer, seul défenseur sacré deux fois Ballon d'Or (1972 et 1976). Le Polonais, autre recrue estivale, est le premier à montrer l’exemple dans le sacrifice. Le travail des deux récupérateurs Fabinho et Tiémoué Bakayoko mérite aussi d'être cité.

Sidibe, un vrai plus

Djibril Sidibé, néo-international, va sans doute disputer son 100e match en Ligue 1 ce samedi contre Rennes. Après deux mois sur le Rocher, il s’est déjà imposé dans l’équipe et Leonardo Jardim le titularise régulièrement que ce soit à gauche ou à droite. Il a confirmé ses qualités de défenseur : 19 duels gagnés depuis le début de la saison sur les 33 disputés, le deuxième meilleur total d’un Monégasque, 73% de tacles réussis. Mais il offre, également, un vrai apport offensif à Monaco. Déjà buteur avec sa nouvelle équipe sur un superbe coup-franc inscrit, ironie de l’histoire, contre son ancien club du Losc, il a également distribué une passe décisive lors de la démonstration réalisée contre le PSG à Louis II avant la trêve internationale de début septembre. A noter enfin que sa participation au jeu n’est pas négligeable puisqu’il est le Monégasque qui a joué le plus de ballons (212), avec une utilisation efficace comme le prouve son pourcentage de passes réussies (78%).

La pression en moins

Cette saison, comme depuis quatre ans maintenant, tout le monde attend que le PSG soit champion. « Le PSG reste favori. Ce n’est pas un manque d’ambition de le dire. Nous avons un chemin, une ligne de conduite. On sait où l’on va », assure l’entraîneur Leonardo Jardim. Il évacue la pression liée à deux premiers mois plus que convaincants. Après une saison 2015-2016 poussive mais terminée à la troisième place, l’ASM a fait les choix qu’il faut, en confirmant son entraîneur et en lui ôtant les éléments perturbateurs (Claude Makelele et Luis Campos). Avec un recrutement pas forcément clinquant, mais cohérent - des joueurs encore jeunes mais déjà établis en Ligue 1 (Sidibe, Mendy) -, le club de la Principauté a préféré confirmer le noyau dur qui s’est constitué l’an dernier. Les cadres sont les mêmes depuis deux saisons et cornaquent parfaitement le groupe.

Silva et Lemar, les accélérateurs

Bernardo Silva et Thomas Lemar, les deux buteurs de l’exploit à White Hart Lane, mais aussi deux joueurs plus souvent en concurrence qu’associés. La blessure précoce de Nabil Dirar à Wembley a changé les plans de l’entraîneur portugais qui a fait rentrer l’international Espoir tricolore. Jusqu'à présent, Jardim n'avait jamais aimé associer ses deux perles. A chaque fois qu'il avait tenté l'expérience, il avait peu apprécié. Une question d’équilibre… Mais en Angleterre, les aléas l’ont obligé à renier ses principes et il a été récompensé. Les deux hommes ont été décisifs et ont prouvé qu’ils avaient les capacités physiques pour multiplier les efforts défensifs indispensables pour le sacro-saint équilibre. Dans leur sillage, Monaco se détache peu à peu de son étiquette de formation défensive. En neuf matches depuis le mois d’août, l’ASM a marqué 19 fois. Une efficacité qui rime d’ailleurs avec réalisme.

L’interrogation Falcao

C’est l’un des objectifs de Leonardo Jardim : remettre sur pied Falcao, recrue la plus chère de l’histoire de l’ASM. Convaincant et impliqué en début de saison avec cinq buts en préparation et deux autres contre Fenerbahçe au troisième tour préliminaire de C1, le Colombien a eu le malheur de rechuter, la faute à une blessure aux ischio-jambiers. Trente-sept jours d’absence qui lui ont coupé les jambes. A nouveau titulaire contre Tottenham, Falcao a pioché. Normal pour un retour à la compétition surtout en Ligue des champions. C’est en toute logique qu’il a laissé sa place à Valère Germain. Mais il a tout de même reçu les encouragements de son entraîneur après la rencontre. « Un match d’un attaquant ne se mesure pas qu’aux buts qu’il marque. Il a été important pour nous en phase de construction. Il nous a permis de repartir de derrière, il nous a servi de point d’appui, et il a beaucoup défendu en fin de match. C’est très positif », a déclaré Jardim qui connait l’importance que peut avoir Falcao. Car il a peu de joueur de ce profil dans son effecitf. Guido Carrillo stagne et Germain n’est pas un pur buteur et ne peut exister sur la durée dans un système à une seule pointe. En revanche, son association avec Falcao promet beaucoup sur le papier.

Benoit Jourdain @BenJourd1