Le buteur de l'AS Monaco, Radamel Falcao
Le buteur de l'AS Monaco, Radamel Falcao | AFP - VALERY HACHE

Monaco-Nancy : le retour de Falcao, une bonne nouvelle pour l'ASM, la Ligue 1 et la Colombie

Publié le , modifié le

Double buteur en Ligue des champions, Radamel Falcao retrouve des couleurs cette saison à l'AS Monaco. Après des saisons galère en raison de blessures et de choix de carrière finalement peu convaincants, le buteur colombien semble de nouveau prêt à briller. Une excellente nouvelle pour tout le monde. Sauf peut-être pour Nancy qui se déplace en Principauté ce samedi à 17h.

Pour l'AS Monaco

Ce retour en forme, c'est d'abord une excellente nouvelle pour son club, l'AS Monaco. Les dirigeants monégasques avaient investi en masse (60 millions d'euros) à l'été 2013 pour débaucher le Colombien, qui était alors dans le Top 5 des meilleurs attaquants d'Europe, après deux saisons superbes à l'Atletico Madrid (70 buts en 91 apparitions). Après six premiers mois très bons, sa grave blessure au genou le 22 janvier 2014 contre Chasselay en 2014 l'a coupé net dans son élan et mis fin à sa saison (11 buts en 19 matches). Il n'avait retrouvé le terrain que le 2 août 2014 en préparation. Depuis, il était à la poursuite de son meilleur niveau. Prêté à Manchester United lors de la saison 2013-2014 (6 buts en 33 matches), puis à Chelsea la suivante (1 but en 12 matches), c'est peu dire que Falcao n'a pas retrouvé son football sur les pelouses anglaises. Cet été, il est donc rentré en Principauté où l'attendait un plan pour le remettre d'aplomb. Et ca marche puisqu'il en est à 6 buts en 9 matches, soit une réalisation que sur l'ensemble des deux dernières saisons. Il a même inscrit un doublé, mercredi soir en Ligue des champions, chose qui ne lui était plus arrivé depuis septembre 2013 et une rencontre de Ligue contre Bastia. 

"Nous allons relancer sa carrière à Monaco, c'est son club", a lancé Vadim Vasilyev. Le vice-président de l'ASM n'a "jamais douté. J'ai toujours dit qu'il n'y a pas de miracle, un joueur qui n'a pas joué pendant presque deux ans et demi, il faut lui laisser du temps". Débarrassé de ses soucis de santé récurrent, Falcao retrouve la forme, "se sent bien", il ne demande qu'un peu "de rythme". Il a toujours pu compter sur son entraîneur Leonardo Jardim qui ne l'a jamais lâché. "Même quand il était blessé, même quand il ne marquait pas, je le soutenais", a assuré le Portugais. Ce retour galvanise aussi ses plus jeunes coéquipiers. A 30 ans, le Colombien est désormais un leader qui porte le brassard lorsqu'il joue. Avant le match contre le CSKA en milieu de semaine, il a "tenu un discours fort aux joueurs", a raconté Benjamin Mendy. "Il nous a dit tout le bien qu'il pensait de l'équipe", a ajouté Tiémoué Bakayoko. "Lui, c'est un vrai leader. Il a la fonction de rassembler le groupe", a commenté Jardim. "Avec mon expérience, j'ai essayé d'aider les joueurs", a simplement déclaré l'intéressé.

Pour la Ligue 1

Le renouveau du buteur colombien est une excellente nouvelle pour la Ligue 1. Zlatan Ibrahimovic parti en Premier League, Angel Di Maria en dedans, Edinson Cavani sur courant alternatif, les stars parisiennes n'assurent plus tous les week-end le spectacle. Heureusement il y a Mario Balotelli, mais le fantasque italien n'est pas encore une valeur sure du football européen. Du temps de sa splendeur, Falcao, lui, était un star, une vraie. Il possède un palmarès solide, forgé avec Porto et l'Atletico avec lesquels il a gagné deux Europa League consécutivement (2011 avec les Portugais, 2012 avec les Espagnols). Avant sa blessure, il faisait partie des tous meilleurs attaquants d'Europe et étaient capables de coups d'éclat comme ce triplé en Supercoupe d'Europe contre Chelsea en 2013 et avait terminé 5e du Ballon d'or en 2012. En manque de grandes stars et à la recherche de moyens de briller, la Ligue 1 peut se féliciter d'avoir dans ses rangs un Falcao à nouveau efficace et sur pieds. 

Pour la Colombie

Sa blessure face à Chasselay en 2014 l'avait contraint à tirer un trait sur le Mondial au Brésil. Devant sa télé, il avait vu sa sélection butée contre le Brésil en quarts de finale. Il avait vu aussi son ancien coéquipier à l'AS Monaco, James Rodriguez éclaté au plus haut niveau et être transféré, dans la foulée d'un Mondial énorme (6 buts), au Real Madrid. Durant ses années "galères", José Perkermann s'est évertué à l'appeler. Avant de se rendre à l'évidence et de le laisser se remettre au niveau. Plus appelé depuis le 13 octobre et une défaite 3-0 contre l'Uruguay à Montevideo, en qualifications du Mondial 2018, Falcao a pris son mal en patience. Et sa bonne forme du début de saison a été récompensée par une nouvelle convocation. Une annonce qu'il a commenté d'un tweet : "Heureux de représenter à nouveau mon pays. C'est une opportunité que j'accueille avec beaucoup d'enthousiasme. Une convocation vraiment spéciale". Dans le bon wagon pour se qualifier pour le Mondial en Russie - les Cafeteros sont 4e de la zone Amsud -, la Colombie va pouvoir compter sur ce renfort de poids.

Pour lui

Ce retour est enfin une excellente nouvelle pour Falcao lui-même. Deux ans à galérer en Premier League, à se battre contre les blessures, à courir après le but, l'obsession de chaque attaquant, à rester sur le banc regarder ses coéquipiers jouer et à se contenter de bouts de matches, Radamel Falcao a traversé pas mal d'épreuves. Quand on a connu les sommets, tutoyer le podium du Ballon d'or, ça doit être compliqué, très compliqué, à vivre. Ses choix ne l'ont pas aidé. A Manchester, sous un Louis Van Gaal qui a tâtonné sans jamais trouver la bonne formule, à Chelsea, avec la fin de l'aventure Mourinho, il est tombé dans deux clubs presque aussi mal en point que lui. Pas facile de s'en sortir dans ces conditions. En retournant à Monaco, il est revenu dans un contexte plus tranquille où on lui a laissé le temps de se reconstruire. Et les résultats suivent. L'ambition aussi. Meilleur buteur du club ou de Ligue 1? Il ne nie pas qu'il y songe. "Les attaquants sont tous comme ça, ils ne pensent qu'à marquer, répond-il. Mais ce qui compte c'est l'équipe". L'équipe, oui, mais lui également.