Michel, l'entraîneur de Marseille
Le technicien espagnol, Michel | AFP - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Michel: "Le podium, c'est notre rêve, pas notre objectif"

Publié le , modifié le

Une semaine après le nul ramené de Lyon, l'Olympique de Marseille ouvre la 23e journée de Ligue 1 face à Lille vendredi. Souvent critiqué, l'équipe de Michel n'est qu'à six points du podium, "notre rêve, pas notre objectif", souligne le technicien espagnol à l'AFP. L'entraîneur marseillais défend ses principes de jeu: "Mon credo, pour attaquer comme pour défendre, est la conservation de balle. Il n'y a qu'un ballon et si c'est nous qui l'avons, les autres n'attaqueront pas!"

Les critiques sur le jeu de l'OM vous énervent-elles ?
Michel:
"J'accepte toutes les critiques du monde, mais à côté de la  critique, j'aime l'analyse. Mais je n'accepte pas le manque de respect ni  d'éducation. Avec tout ce qui se dit sur moi et sur nous, pas une seule fois je  n'ai manqué de respect, jamais. Et puis c'est plus facile de critiquer que  d'entraîner, comme on dit en Espagne: 'On voit bien le taureau depuis les gradins'."
   
Êtes-vous d'accord si l'on qualifie l'OM d'équipe de contre ?
M.:
"Non, nous ne sommes pas une équipe de contre. A Lyon (1-1), nous  affrontions une équipe qui a eu plus de possession de balle, mais pour le même  nombre d'occasions. Et pendant les vingt premières minutes, nous avions 60-40  (%) de possession. C'est juste une autre manière de jouer, nous devons aussi  nous adapter à l'adversaire. Mais mon credo, pour attaquer comme pour défendre,  est la conservation de balle. Il n'y a qu'un ballon et si c'est nous qui  l'avons, les autres n'attaqueront pas!"

"Bielsa, j'en parle quand on me pose la question" 

Vous êtes 8e à 6 points du podium, votre objectif est-il toujours  réaliste ?
M. :
"Qui a dit que l'objectif c'était le podium ? C'est notre rêve, pas  notre objectif. Si l'équipe de l'an dernier ne l'a pas atteint, comment  l'exiger de nous avec moins de joueurs et un plus petit budget ?"
   
Revoici le fantôme de Marcelo Bielsa, votre prédécesseur...
M. :
"Bielsa, j'en parle quand on me pose la question. Je le fais  naturellement. Les gens ont l'habitude de faire des comparaisons et aux  comparaisons moi j'apporte des faits. Ceci ne signifie pas que je parle de  Bielsa, je réponds juste. Par exemple, on me parle souvent de la saison passée.  Et bien l'équipe a fini 4e, et nous sommes en mesure de le faire. Mais il faut  tenir compte du fait que cette équipe a connu des circonstances différentes,  avec moins de joueurs, moins de budget, et s'ajoute le fait que ce n'est pas  normal qu'un entraîneur s'en aille après la première journée. Et ça, ce n'est  pas parler de Bielsa, c'est parler de l'équipe."
   
Et vous allez recroiser son ombre contre l'Athletic Bilbao en C3...
M. :
"Cela fait surtout partie du spectacle. Mais quel est le point commun  entre le Bilbao de Bielsa (2011-2013) et de Valverde?"
   
Si l'on revient sur votre parcours, vous n'êtes pas devenu entraîneur  tout de suite, vous étiez fatigué ?
M. :
"Je ne me lasse jamais du football. Mais il fallait commencer une autre  vie. J'ai passé huit ans dans les médias et cela m'a aidé à m'intégrer à la vie  active. Au début je ne voulais pas l'être (entraîneur), mais quelque chose en  moi le voulait. Je sentais bien qu'il (ce métier) était aussi injuste qu'il  l'est en effet (rires)!"

"Mon meilleur souvenir: avoir été footballeur"

   
Vous consultez un psychologue, pouvez-vous en parler ?
M. :
"Mais oui, après cette interview (mercredi) j'ai rendez-vous avec lui.  Cela me fait du bien, m'a aidé à changer des choses dans ma vie. Avant j'avais  un caractère différent, j'étais trop impulsif, maintenant je suis plus calme.  Sinon je m'énerverais souvent pendant les conférences de presse (rires)!"
   
Votre père n'a pu assouvir son rêve de devenir footballeur  professionnel, vouliez-vous le "venger" ?
M. :
"Non, je ne suis pas du tout revanchard, je ne vois pas les choses comme  ça. Je voulais devenir footballeur. Mon père jouait en 2e et 3e divisions en  Espagne, il a eu un accident, à 26 ans. C'était une époque différente, mon père  ne pouvait pas se permettre d'attendre de voir s'il allait devenir  professionnel, il devait ramener un salaire".
   
Quel est votre pire souvenir de joueur, le quart de finale de Coupe du  monde 1986 perdu aux tirs au but contre la Belgique?
M. :
"Je ne vois rien de négatif, tout en positif, parce que j'ai eu la  chance de vivre tout ça. Je donnerais tout ce que j'ai pour être encore  footballeur, sauf ma femme, mes enfants et mon petit-fils. (Au Mondial) nous  avons perdu un match, sur le moment cela m'a fait mal, mais mon souvenir global  est que j'ai été plus qu'heureux comme footballeur. Je conserve précieusement  deux souvenirs, le jour où on m'a dit que je serais un joueur du Real Madrid et  puis le dernier jour où j'ai joué au Bernabeu. Mon meilleur souvenir, c'est  d'avoir été footballeur".

AFP