Anthony Martial
Anthony Martial sous son désormais ex-maillot de Monaco | VALERY HACHE / AFP

Martial : un prix fou mais un choix pas si risqué

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Si Anthony Martial devra supporter la pression du prix de son transfert à Manchester United, le choix sportif de l'attaquant français est quant à lui des plus justifiés. Chez les Red Devils, Martial devrait trouver un contexte parfait pour s'épanouir et continuer sa progression.

En plus de son nom, Anthony Martial va avoir deux étiquettes floquées dans le dos de son maillot pour ses débuts à Manchester United. Sur la première il sera inscrit 80 millions d'euros. Et elle risque d'être difficile à arracher. Le jeune attaquant, qui a signé pour quatre ans, sera précédé sur les pelouses de Premier League par le montant de son transfert. Au moins pendant les premiers temps. Il sera épié, scruté et certainement pas épargné par une presse jamais très tendre et plutôt adepte du "French Bashing" s'il passe au travers. Tout cela, Anthony Martial le sait sans doute parfaitement. Tout comme il a aussi certainement conscience que les comparaisons avec Thierry Henry, véritable référence en Angleterre, ne manqueront pas de fleurir. Natif des Ulis comme l'idole d'Arsenal, Martial se rapproche aussi de son glorieux aîné par ses racines antillaises comme par son style de jeu fait de vitesse, d'adresse et de finesse. 

Mais, avant de rejoindre Thierry Henry dans le coeur des supporters anglais, Martial devra faire ses preuves balle au pied. Pas simple quand on a 19 ans, quelques matchs en Ligue 1 au compteur (52), et que l'on débarque dans le 2e club le plus riche du monde. Le pari peut paraître fou, il ne l'est pas tant que ça. les dirigeants mancuniens et Louis van Gaal savent ce qu'ils font en mettant autant d'argent sur la table pour s'attacher les services d'un joueur qui n'est pour l'instant qu'une ébauche de ce qu'il pourrait devenir, un diamant qu'il faut polir. 

A la place de Rooney ?

La grande chance du désormais ex-Monégasque réside dans le fait qu'il arrive dans un club où il n'y a pas de véritable avant-centre. Oui, de nos jours, on peut s'appeler Manchester United et ne pas posséder de numéro 9 dans son effectif ! Les Red Devils avaient encore Javier Hernandez dans leur réserve mais, après l'avoir prêté au Real Madrid, ils ont finalement laissé filer le Mexicain au Bayer Leverkusen. Du coup, depuis le début de la saison, c'est le couteau suisse Wayne Rooney qui joue en pointe à M.U. Avec un bonheur inégal car si le rouquin le plus célèbre de Premier League s'est fendu d'un triplé en barrages de Ligue des Champions contre Bruges (4-0), il n'a plus trouvé le chemin des filets en championnat depuis dix matchs. Rooney, plus à l'aise en soutien, serait donc certainement ravi de céder sa place à Martial dont les qualités naturelles donneraient plus de profondeur aux attaques de M.U.

Epaulé par Memphis Depay d'un côté, par Juan Mata de l'autre et par Rooney derrière lui, le tout jeune international tricolore, qui retrouvera de plus un compatriote avec Morgan Schneiderlin, a la route toute tracée devant lui. Ce n'est pas encore une quatre voies mais ce n'est pas non plus un petit chemin rempli de bosses et de pièges. "C'est un  joueur à fort potentiel" note Didier deschamps qui a facilité son transfert. "Tout s'est accéléré très vite depuis son départ de Lyon. Lorsqu'on voit les transferts de joueurs, c'est  impressionnant en terme de somme mais il y a moins de risques sur un jeune  joueur qu'un plus âgé. Il va dans un très grand club, il change de planète et  de galaxie. A lui de continuer de progresser et d'avoir du temps de jeu". 

Julien Lamotte