Marseille - Lyon : entre fulgurances et insuffisances, le match à deux vitesses de Lucas Paqueta

Publié le , modifié le

Auteur·e : Loris Belin
Lucas Paqueta (OL) contre Marseille
Le milieu de terrain brésilien de l'Olympique Lyonnais Lucas Paqueta conteste un penalty à son encontre lors de Marseille-Lyon en Ligue 1 le 28 février 2021 | CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

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L'Olympique Lyonnais n'a pu faire mieux qu'un match nul à Marseille (1-1) dimanche en clôture de la 27e journée de Ligue 1. Excellent en début de match, Lucas Paqueta avait pourtant donné le ton, avant de baisser d'un cran dans l'intensité. Le milieu de terrain brésilien a même bien malgré lui plombé les siens en concédant un penalty polémique, avant d'être expulsé en seconde période.

Même quand il n'est pas flamboyant tout un match durant, Lucas Paqueta s'est bien imposé comme le patron de l'Olympique Lyonnais. A Marseille ce dimanche, l'ancien joueur de l'AC Milan a été le symbole de sa formation, à moins que cela ne soit l'inverse. Quand le Brésilien a su s'imposer comme le maître des débats, l'OL a tutoyé l'excellent. Avant de devenir bien plus inoffensif une fois le milieu de terrain retombé de son nuage.

Rudi Garcia a beau pouvoir compter sur Houssem Aouar au milieu de terrain, le leader technique de l'entrejeu lyonnais se nomme bien Lucas Paqueta. Le numéro 12 rhodanien a été comme rarement cette saison le métronome de la soirée des Olympiens. L'Auriverde a rayonné dans un début de match à sens unique, dominé outrageusement par les Gones. Disponible en permanence, impeccable dans sa conservation de balle et la simplicité de ses transmissions, Paqueta a été le moteur dans le cœur du terrain durant les 20 premières minutes. Le Brésilien n'a pas seulement fait admirer la qualité de sa patte gauche et s'est aussi mis à la planche pour participer à l'effort de pressing. Dans le rouleau compresseur installé par le milieu lyonnais, le joueur de 23 ans a pris les commandes, jusqu'à être logiquement décisif.

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Sur un contre rondement mené, tout en contrôle plutôt qu'en précipitation, Paqueta a su écarter le jeu pour mieux trouver des espaces dans l'arrière-garde marseillaise ballottée de part et d'autre du terrain. Le bon ballon du Brésilien, qu'Aouar a intelligemment laissé passer, a offert l'ouverture du score à Karl Toko Ekambi (21e). La conclusion logique d'un festival qui laissait alors augurer d'un cavalier seul de l'OL.

Un ricochet et tout s'écroule

Début en surrégime ou faiblesse physique, Lyon a petit à petit décéléré, et Paqueta a progressivement disparu (21 ballons touchés en autant de minutes, 15 après le but, ndlr). Malheureusement pour les siens, il n'a refait surface en première période que sur une frappe du Marseillais Pape Gueye juste avant la mi-temps (44e). Paqueta a longtemps argué, la peau marquée pour en attester, que si la gonfle a touché son bras, ce n'était qu'après avoir rebondi sur ses abdominaux. L'arbitre Benoît Millot en a décidé autrement, et Milik a égalisé sur la première frappe cadrée du match pour l'OM.

Ce fait de jeu aurait pu piquer l'orgueil du Brésilien, il l'a en réalité fait plonger vers le néant. Sans envie (aucun tacle réussi après la pause, ndlr), sans idée et ainsi sans influence sur le jeu, Paqueta a traversé la deuxième période comme une ombre. Lyon pendant ce temps voyait son attaque s'enliser, insistant dans l'axe sur Memphis Depay, au lieu de chercher à créer les décalages comme en début de rencontre. En chef d'orchestre, le Néerlandais a beaucoup tenté sans grande réussite. Paqueta est, lui, devenu aphone. Avant d'être exclu pour un deuxième carton jaune, celui-ci ne souffrant cette fois d'aucune contestation pour une semelle sur la cheville dans un duel avec Dimitri Payet.

Le geste est bien plus maladroit qu'assassin. Mais il en dit long sur la soirée douce-amère vécue par le meneur de jeu. A onze mais sans un grand Paqueta, l'OL a pu tenir sans trop trembler. A dix, il a subi et n'a cessé de reculer et n'était peut-être pas si loin de céder. La prestation individuelle de Paqueta en aurait alors un peu plus dit encore sur l'histoire de ce match.