La joie des Toulousains après l'ouverture du score par Pantxi Sirieix (à gauche)
La joie des Toulousains après l'ouverture du score par Pantxi Sirieix (à gauche) | PASCAL PAVANI / AFP

Lyon naufragé à Toulouse, l'OM à la peine

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Toulouse s'est logiquement imposé devant Lyon (3-0) mercredi en match en retard de la 32e journée de L1. La Ligue des Champions s'éloigne pour l'OL, tandis que pour le TFC, tout ce qui est engrangé constitue maintenant du bonus. Dans l'autre duel du soir, Caen a pris un point précieux (1-1) à Marseille qui décidément, n'arrive plus à gagner en championnat depuis 11 journées.

Le TFC donne la leçon

La victoire toulousaine s’est surtout jouée au niveau de l’envie. Une envie bien plus forte du côté du TFC que de celui des joueurs lyonnais à qui le staff avait pourtant demandé une « révolte » quatre jours après le match insipide qu’ils avaient livré et perdu en finale de coupe de la Ligue. Cette détermination toulousaine s’est concrétisée dans les duels, gagnés pour l’essentiel par des Toulousains qui ont su mettre du rythme et de l’engagement face à des Lyonnais plutôt passifs qui ont semblé désorientés en première période. Les hommes de Rémi Garde ont mis du temps à se libérer sans y parvenir vraiment tout à fait. Et cela eut un impact évident sur une défense encore une fois mise à mal. Toulouse a fait le break avant la mi-temps. D’abord sur la première action construite toulousaine avec à la clé les erreurs défensives conjuguées de Umtiti et de Dabo : un centre de Regattin repris du gauche par Sirieix qui ouvre la marque (9e, 1-0). Les Lyonnais encaissent le coup avec ce but qui ne les décrispe pas vraiment. Au contraire, ils restent toujours peu convaincants, s’en remettant à des coups de pieds arrêtés qui ne donnent rien.

Lyon a encore failli sur la deuxième occasion toulousaine, un contre mené par Capoue, relayé par Regatin qui trouve Sirieix, lequel centre pour Rivière dont la tête trompe pour la deuxième fois un Lloris médusé, qui n’avait jusqu’alors pas eu à intervenir (22e, 2-0) . Le collectif toulousain a pris le pas sur un OL désorganisé qui s’est contenté d’approximations et de tentatives individuelles. Les Lyonnais se sont ensuite montrés un peu plus entreprenants. Mais face à la meilleure défense de L1, il leur eût fallu davantage de conviction et d'animation (3 tirs cadrés seulement dans la partie) occasions seulement dans pour revenir face à des Toulousains en confiance, qui ont même enfoncé le clou par Bulut dans le temps additionnel (90e+2, 3-0). Avec ce large succès, Toulouse se replace à la hauteur de l’OL à la quatrième place du classement.

Rémi Garde (entraîneur de Lyon): "Je crois qu'on a facilité la tâche de Toulouse ce soir. Circonstances atténuantes, on a eu deux matches à jouer quand Toulouse se préparait pour celui-ci. Cela peut expliquer un certain nombre de choses. On a joué une demi-finale de Coupe de France à Ajaccio (contre le Gazélec) où on a laissé beaucoup de forces, émotionnelles et physiques aussi, pour se qualifier pour cette finale. On a eu l'autre finale de Coupe de la Ligue où notre prestation n'a pas été à la hauteur. Cela fait beaucoup de choses à digérer et ce soir on n'avait pas la force. On a joué contre une bonne équipe de Toulouse qui mérite sa victoire. Après une bonne spirale, il faut reconnaître qu'on est beaucoup moins bien dans le jeu. Je veux penser que ce soir on a manqué de fraîcheur physique et de fraîcheur psychologique. J'aimerais bien savoir ce qui se passe dans la tête des joueurs parfois, pas que ce soir, mais je ne le peux pas. Tant que mathématiquement les choses ne sont pas arrêtées, je ne veux pas m'arrêter d'espérer non plus. Par contre, si on a un niveau de jeu qui perdure dans la médiocrité comme dans les deux derniers matches, ce sera difficile".

Marseille n'y arrive plus

Un bonheur n'arrive jamais seul. Pas à Marseille. Quelques jours après sa victoire en Coupe de la Ligue, Marseille n'a pas réussi à mettre fin à sa série de onze matches sans victoire en Ligue 1 (7 défaites et 4 nuls). Dans un Vélodrome silencieux et même hostile au début de la rencontre, les affaires ont bien mal débuté pour des Marseillais fébriles et apathiques. Les Caennais en quête de points pour le maintien ont ouvert la marque sur une grosse erreur de relance du défenseur Nkoulou. Niang a contré le défenseur central avant de centrer pour Bulot dans la surface qui s'est repris à deux fois pour battre Mandanda (11e, 1-0).

Quelques minutes après, l'OM a bénéficié d'un pénalty à la suite d'une main de Raineau (25e). Rémy a égalisé d'une frappe sèche dans le coin gauche (26e, 1-1). Son onzième but en L1. Un but qui a surtout réveillé les Marseillais libérés et entrepenants à l'image de la tête de A.Ayew bien captée par Thébaux (37e). En seconde période, les Marseillais ont fait le siège du but caennais. Souvent de manière désordonnée et sans parvenir à cadrer (14 en tout) une frappe à l'image des tentatives infructueuses de Rémy (55e) et d'Ayew (79e). Excepté un contre de Frau qui a perdu son duel avec Mandanda (59e), Caen a subi toute la seconde période sans rompre. Avec ce 9e match sans victoire, le club phocéen n'a plus gagné en Ligue 1 depuis le 29 janvier (2 à 1 à Rennes). Une éternité sur la Cannebière.

Didier Deschamps: (entraîneur de Marseille): "C'est un mauvais résultat et aujourd'hui on a du mal à concrétiser les  occasions. Lorsqu'on est réaliste ou efficace, on a une marge d'erreur plus importante. Aujourd'hui, du fait d'une efficacité moindre et avec leur but sur leur première occasion, cela ne nous a pas arrangés. Les intentions étaient là,  mais l'entame n'a pas été très dynamique. Après on a fait beaucoup de choses sans qu'on puisse prendre l'avantage. Un bon résultat aurait pu donner un peu plus  confiance, on essayé jusqu'au bout sans réussite. C'est aussi dû au fait qu'on a joué un match il y a quatre jours et après de tels matches les débuts sont souvent difficiles. Mais ça aurait pu être encore pire, mais aussi encore mieux. Il y a de la fatigue. On a un match par semaine, il faut arriver à faire plus de 35 matches, ça use  les organismes. L'enchaînement, un moment, ça pèse mais on a encore six matches  à jouer. Mais je le répète, les intentions étaient là. Il y a eu un peu de  maladresse par moment, on a eu les occasions pour gagner ce match. Mais à  partir du moment où on ne concrétise pas..." 

Mathieu Baratas