Lyon Toulouse Daniel Congre tacle Bafe Gomis 12 2010
Daniel Congre (Toulouse) essaie de tacler Bafetimbi Gomis (Lyon) | AFP - Philippe Merle

Lyon monte sur le podium

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Grâce à son succès sur Toulouse (2-0, buts de Lisandro Lopez 5e et Gomis 35e), l'Olympique Lyonnais revient sur le podium du classement à un point du dauphin Paris-SG et à deux du leader Lille. En bas de tableau, Monaco n'en finit plus de chuter. Les Monégasques se sont inclinés 2-0 à Louis-II contre Saint-Etienne (buts de Battles 19e et Sako 78e). Dans le dernier match de la 17e journée, Rennes (4e) a rapporté un point de Bordeaux (0-0).

Lyon redevient candidat au titre

L'OL porte sa période d'invincibilité en championnat à dix matches consécutifs, en disposant de Toulousains vite étouffés. Lisandro Lopez a ouvert le score dès la 8e minute pour les Rhodaniens, en reprenant de la tête une frappe de Michel Bastos repoussée par Matthieu Valverde. Les Rhodaniens n'ont cessé d'accélérer le rythme de la rencontre, se procurant les plus franches occasions. Un coup franc de Bastos s'écrasait sur le poteau toulousain à la 18e minute avant que Bafétimbi Gomis creuse le score, à la 35e minute. L'ancien Stéphanois, en état de grâce après avoir été longtemps pris en grippe par le public de Gerland, a profité d'une ouverture de Kim Källström pour prendre de vitesse la défense haut-garonnaise et tromper Valverde d'un tir croisé.

 En début de partie, Toulouse avait montré quelques velleités, mais le bon  tir de Paulo Machado était stoppé par Lloris (18e) qui était ensuite sauvé par  son poteau sur un centre raté délivré de l'aile gauche par Tabanou dans le temps  additionnel de la première période (45+3). En fin de match, un bon tir de Machado était repoussé par Dejan Lovren après  un mauvais dégagement de ce dernier sur un corner (82e)."La défense a été tellement critiquée cette semaine, mais ce soir nous étions prêts pour les duels dès le début et nous avons gagné sans prendre de buts", s'est satisfait Cris, le capitaine lyonnais, au coup de sifflet final. Les Lyonnais comptabilisent désormais 29 points, soit deux de moins seulement que le leader lillois, tandis que Toulouse recule à la douzième place, avec 24 points. La semaine prochaine, Lyon ira à Marseille pour défier le champion en titre dans l'un des sommets de la fin de l'automne.

Bordeaux et Rennes ne méritaient pas mieux

D'entrée de jeu, une énorme semelle de Doumbia sur la cheville de Plasil aurait dû valoir un carton rouge au joueur rennais. L'arbitre en décidait autrement (simple averstissement), au grand dame de Jean Tigana, passablement énervé sur le coup. Cela situait bien le (bas) niveau de la rencontre et ça avait le don de refroidir les 22 acteurs puisqu'aucune occasion ne survenait dans les 20 premières minutes. Les duels étaient nombreux et parfois limites, Ciani et Montano se montrant assez nerveux sur une altercation (11e). Les Bretons affichaient une belle maîtrise mais sans réel engagement vers l'avant alors que les Girondins procédaient par accélérations mais sans danger pour la solide défense rennaise (11 buts encaissés seulement depuis le début de saison).

Il fallait ainsi attendre 23 minutes pour voir les Bordelais obtenir leur premier corner d'ailleurs très mal tiré. A la 25e minute, une tête de Ciani repoussé à bout portant par Douchez réveillait le public mais Monsieur Kalt avait de toutes façons sifflé le hors-jeu signalé par son arbitre assistant. Après un carton jaune mérité pour Kader Mangane, le match s'animait à la 33e minute: Montano effectuait un contrôle trop long alors qu'il était bien placé et, sur la contre attaque, Gouffran croisait trop son tir qui passait à côté de la cage de Douchez. Juste avant la pause, un contact entre Douchez et Gouffran –recherché par le Bordelais- n'était pas sanctionné par l'arbitre qui renvoyait les deux équipes aux vestiaires sur ce score vierge.

Bordeaux tentait de presser davantage en début de seconde période et Douchez stoppait un beau retourné d'Alou Diarra (51e). Trois minutes plus tard, Gouffran vendangeait une occasion nette en expédiant un boulet de canon au dessus du but adverse alors qu'il se trouvait seul face à Douchez. Les hommes de Jean Tigana dominaient territorialement sans parvenir à se créer d'énormes occasions tandis que le Stade Rennais semblait se contenter du partage des points. Ce sont pourtant les Blancs d'un soir qui rataient d'ouvrir la marque à un quart d'heure de la fin, Dalmat manquant de réussite notamment sur une tête à bout portant repoussée par la tête de Ciani très bon sur ce coup-là. A cinq minutes de la fin, Tremoulinas tirait en force mais le ballon filait au dessus du but rennais. Avant que Maazou ne frôle le cadre sur un tir puissant dans les ultimes minutes d'un match qui ne restera pas dans les annales (0-0). Au classement, Rennes est 4e et Bordeaux 8e.

Les Verts enfoncent Monaco

De son côté, Saint-Etienne a enfin retrouvé le goût de la victoire en battant Monaco (2-0) à Louis II. Les Verts n'avaient plus gagné depuis le derby contre Lyon et gagnent quatre places (7e). Monaco, en revanche, poursuit sa dégringolade. Incapable de fournir une identité de jeu à sa formation, Guy Lacombe, qui a été exclu durant la partie, semble être un entraîneur sans ressource. Son équipe manque de base, d'automatismes. Si elle demeure 17e, elle voit désormais ses devancières bien loin devant.

Si les Monégasques parvenaient à se procurer deux bonnes situations en début de match, Park (2e) et Niculae (4e) tergivestallaient mieux dans la rencontre. Payet affolait Bonnart avant de voir son centre dévié par Hansson (6e). Puis, sur une longue ouverture de Bayal, Rivière se jouait de Hansson, dont le placement n'était pas bon. L'attaquant, face au but de Ruffier, décalait parfaitement Batlles sur son côté gauche. Et du gauche, le vétéran stéphanois ouvrait la marque (0-1, 20e). Lacombe décidait alors de sortir Malonga pour faire entrer Aubameyang (29e). Ce dernier dévissait complètement sa seule opportunité (40e). Monaco était en difficulté.

Pourtant, dans les arrêts de jeu de la première période, Janot sauvait Saint-Etienne sur deux parades consécutives devant Haruna et Park (45+1). Après la pause, Monaco débutait de façon plus intéressante. Un centre d'Aubameyang était détourné de la main par Bocanegra sans réaction de l'arbitre (56e). Dans la foulée, Lacombe était exclu après un nouvel échange musclé avec le 4e arbitre (59e). Lacombe jouait alors son va-tout. Gakpé et Mbokani entraient en jeu (63e). Rien ne changeait. C'était d'ailleurs Saint-Etienne qui allait faire le break. A la suite d'une faute de Puygrenier sur Sako à l'angle droit de la surface de réparation monégasque, ce dernier se faisait justice grâce à un bon coup-franc. Ruffier était surpris par sa frappe de l'extérieur du pied gauche (0-2, 78e).

Réactions

Claude Puel (entraîneur de Lyon) : "C'est un très bon match dans le contenu, la structure et la gestion. On s'est un peu relâché après le premier but mais nous avons dû fournir des efforts pour récupérer le ballon. Nous nous sommes repris en seconde période et malgré la fatigue nous avons su bien gérer notre match jusqu'au bout. Nous savions que Toulouse débutait toujours très fort. D'ailleurs, elle a livré un bon début de rencontre. Marquer tôt nous a permis de maîtriser et aux Toulousains de devoir sortir. Cela a permis d'inscrire ce second but. Il est normal d'avoir une qualité de jeu améliorée avec une bonne série de matches invaincus. Nous avons su quadriller le terrain et bien jouer malgré le pressing de l'adversaire. Il est important de rester à petite distance du haut du classement et de grapiller des points, de construire notre championnat. La saison est longue. Le match à Marseille va être sympa. Il reste deux coups de collier avant la trêve mais je pense que nous sommes bien en ce moment. L'an dernier, cela avait été particulier car nous perdons le championnat à Marseille. Là ce sera encore tôt. L'OM est bien malgré son nul à Auxerre".

Alain Casanova (entraîneur de Toulouse) : "C'était le pire scénario pour nous d'être mené d'entrée par cette équipe de Lyon. Il aurait fallu tenir plus longtemps le 0-0 et éventuellement être l'équipe qui mène à la marque. Lyon avait joué cinq jours auparavant et était en plein doute sur sa stérilité offensive. Le fait de prendre un but d'entrée a facilité la tâche de l'OL. Les deux buts viennent de deux pertes de balles dans notre camp. Contre des équipes d'un calibre tel que celui de Lyon, cela ne pardonne pas. Il faut avoir une bien meilleure maîtrise dans sa propre moitié de terrain. A partir de ce moment-là, le match devenait compliqué mais il faut aussi tenir compte de la qualité de l'adversaire même s'il est décrié. Lyon sera parmi les prétendants au titre. Il a des individualités de haut niveau face auxquelles on ne peut se permettre la moindre erreur. A 2-0, cela devenait compliqué. J'aurais aimé que nous gagnions la seconde période, revenir à 2-1 pour faire douter l'OL qui a néanmoins bien contrôlé le jeu après la mi-temps. Il n'y a rien à dire sur le résultat".

Christophe Galtier (entraîneur de Saint-Etienne): "Cela faisait longtemps qu'on attendait cette victoire. Je suis soulagé. On creuse l'écart avec ceux de derrière et on se rapproche devant. On reste sur cinq matchs sans défaite. On n'a pas vu le meilleur Saint-Etienne? Je m'en fous. J'ai vu une équipe très combative et solidaire. On s'est accroché jusqu'au bout. On a eu la réussite qui nous fuyait ces derniers temps. A partir du moment où on a mené 2-0, les choses ont été plus simples."

Guy Lacombe (entraîneur de Monaco): "C'est très compliqué. Je ne saisis pas trop le sens du match. On ne mérite pas d'être menés et de ne pas revenir. On n'a pas trop de réussite. C'est une calamité de voir depuis le début de saison ce qui se passe pour nous. Sur la main, elle est décollée. Ce n'est pas la peine de nous convoquer à Paris pour nous dire que toutes les mains dans la surface seront sanctionnées. On a ce qu'il faut. On a des occasions. Mais on manque de réalisme. En revanche, je ne suis pas content du premier but. Je vais en parler avec les joueurs. La situation est critique, comme elle l'était hier. C'est la même problématique. Si je me sens encore capable de poursuivre? (long silence) Ce n'est pas à vous que je répondrai à cette question."