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Le Marseillais Lucho au combat face à son compatriote Lisandro | AFP - Philippe Desmazes

Lyon en réussite fait chuter l'OM

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Lyon s'est imposé devant Marseille (3-2) dimanche soir dans le match au sommet de la 34e journée de L2. Hormis la première demie-heure, les Marseillais ont pourtant dominé les débats mais sans parvenir à concrétiser leurs occasions, laissant la victoire à des Lyonnais en réussite et plutôt réalistes. Un peut plus tôt, Valenciennes a sans doute enterré les dernières illusions de Rennes en l'emportant 2-0.

La victoire des Lyonnais fait plutôt l'affaire de Lille qui garde quatre longueurs d'avance sur Marseille .Elle permet aussi à l'OL de redevenir troisième et donc virtuellement qualifié pour la prochaine Ligue des champions, avec 59 points. L'OM, deuxième, reste bloqué à 62 points, à quatre journées de la fin du championnat. Marseille goûte donc à l'amertume dans la chasse au titre après un match fou à Gerland:

Ce match très attendu a en effet tenu toutes ces promesses. Un match accroché, bien qu'il n'y eut pas un nombre exagéré de fautes, même si sept cartons ont été distribués. Un très bon match au sommet entre d'un côté des Marseillais plus présents dans l'organisation du jeu, qui se créés des situations intéressantes mais ont souvent été maladroits dans le dernier geste, ou alors se sont heurté à un Lloris des grands jours, et de l'autre côté des Lyonnais sans doute plus laborieux, qui ont su faire preuve de solidarité et d'abnégation, mais qui n'ont pas été malheureux dans cette partie.

 L'Argentin Lisandro Lopez a été l'un des hommes clés de la rencontre en ouvrant la marque sur un penalty accordé pour une faute commise sur lui-même et en donnant le deuxième but de son équipe à son compatriote Cesar Delgado. Hélas, Lisandro a été contraint de céder sa place à Jérémy Pied, victime d'une blessure musculaire derrière la cuisse droite à un quart d'heure de la fin (76). Il sera certainement forfait pour le déplacement à Auxerre mercredi et Lyon peut nourrir toutes les inquiétudes pour les derniers matches. De son côté, tout ce que peut nourrir l'OM, ce sont surtout des regrets: un but refusé et une cascades d'occasions. 

L'OM fait de la résistance

Lisandro Lopez, Cesar Delgado, Cris mais aussi Hugo Lloris, auteur de sauvetages exceptionnels, ont permis à Lyon de s'en sortir. Bien regroupés derrière, les Lyonnais, pas inquiétés par un but sans doute injustement refusé à Loïc Rémy pour une main dès la 11e minute de jeu, ont pu attaquer en contres pour tenter de prendre de vitesse les Phocéens. A la 23e minute, Lisandro Lopez, parti dans une course folle sur l'aile gauche, a été fauché par Souleymane Diawara dans la surface alors qu'il tentait de crocheter le défenseur sénégalais de l'OM. L'attaquant argentin a lui-même transformé d'un contre-pied le penalty qu'il venait de provoquer pour ouvrir le score (25e). 

Au retour des vestiaires, les Marseillais dominaient, mais ce furent les Lyonnais qui doublaient la mise sur un nouveau contre meurtrier. Après un assaut sur le camp de l'OM, César Delgad se jouait de Rod Fanni à la  69e minute, pouvant tromper Mandanda dans un face-à-face 7 parfaitement réussi. L'OM n'abdiquait cependant pas et tempérait immédiatement l'euphorie lyonnaise en revenant au score. Profitant d'une erreur d'appréciation de Briand dans la coin gauche, le centre de Jordan Ayew était coupé par Lucho qui trompait Lloris. Sur le second but, l'OL a de nouveau été coupable de laxisme sur phase arrêtée. Après une très belle parade de Hugo Lloris qui détournait une reprise de la tête de Loïc Rémy après un coup franc (77), ce dernier reprenait victorieusement au second poteau le corner qui suivait profitant en outre d'un Lloris statique sur sa ligne (2-2, 78). Ce but était dans la droite ligne des statistiques pour des Lyonnais qui ont concédé plus de 50% de leurs buts sur phases arrêtées cette saison. Toutefois, c'est Cris qui donnait la victoire à l'OL. Souvent en difficulté durant la partie, le capitaine brésilien catapultait un ballon mal renvoyé par la défense phocéenne à la réception d'un coup franc joué par Miralem Pjanic (3-2, 85).

Valenciennes enterre les illusions de Rennes

Le Stade Rennais n'en finit plus de patiner. Après un bon début de saison, et une place enviable sur le podium pour une équipe pratiquant un football agréable, bien que peu offensif,  les Bretons viennent de signer à Valenciennes leur 8e match sans victoire (trois nul et cinq défaites). Certes, après avoir capitalisé durant l'automne et l'hiver, les Rennais restent dans le haut du tableau, mais leur cinquième place est désormais sérieusement menacée, surtout s'ils continuent sur cette mauvaise dynamique. Sochaux, Lorient et Saint-Etienne restent en embuscade. De fait, Rennes, qui n'a plus gagné depuis le 8 mars, n'est même plus certain d'obtenir une place européenne, au grand dam de Frédéric Antonetti, son entraîneur, qui affichait de confiance dans son équipe, et beaucoup d'ambitions pour la fin de la saison.

Le déplacement à Valenciennes était pourtant pour les Renanis une véritable occasion de se relancer face à Valenciennois qui n'avaient plus gagné non plus depuis trois mois à Nungesser. Mais les Rennais ont encore une fois été trop poussifs et trop peu tranchants. Dans une rencontre assez terne, disputée sous le soleil nordiste et devant un public clairsemé, Valenciennes a ouvert le score par Foued Kadir à la 18e minute.Peu créatifs et bousculés malgré leur statut , les Rennais ne sont même pas parvenus à réagir en seconde période. Pire, Rennes a encaissé un deuxième but dès le retour des vestiaires, incapables de gêner Gaël Danic, qui récupérait seul aux vingt mètres une balle mal dégagée par la défense. Le Valenciennois a eu tout le temps pour armer sa frappe et transpercer l'arrière-garde bretonne (53e).

Rennes a subi dans la plus grosse partie de cette rencontre et n'a surtout jamais fait preuve d'un quelconque sursaut d'orgueil, même si la dernière demie-heure fut plutôt à son avantage. Mais les Bretons, s'ils ont davantage mis le pied sur le ballon, se sont montrés bien empruntés dans des attaques stéréotypées et stériles. Valencienns pouvait savourer une victoire sans doute inattendu qui lui permet d'un bond de passer de la 17e à la 12e place. Si mathématiquement les Nordistes ne sont pas encore sauvées, ils ont malgré tout fait un grand pas vers le maintien.

Pour Rennes outre la débâcle, cela sone un peu comme une fin de récréation. Les Bretons rentrent dans le rang, en concluant de la plus décevante des manières une semaine crispant. On a, en effet, appris que le gardien NicolasDouchez serait parisien la saison prochaine, alors que FrédéricAntonetti, l'entraîneur des Rouges et Noirs, libre en juin, n'a quant à lui toujours pas signé de prolongation de contrat. Ce qui n'était pas non plus matière à apporter la plus grande sérénité. 

Déclarations

 Jean-Michel Aulas (président de Lyon) "On a tellement perdu de points sur le fil, que quand on gagne contre Marseille, c'est un signe. Il faut regarder les choses avec positivisme, ce match là, il y a quelques semaines, on l'aurait perdu. Pour moi, c'est la démonstration que la mini-crise de la semaine (après la défaite à Toulouse le week-end dernier, 2-0) est finie. On a l'habitude de ne pas avoir de langue de bois à Lyon: on regarde vers le haut. La L1 offre un feuilleton de semaine en semaine, permet aux commentateurs de dire tout et son contraire. Tout est possible pour la deuxième place (occupée par Marseille). Lille a fait un grand pas vers le titre. Le feuilleton sera magnifique pour les quatre derniers matches". 

Claude Puel (entraîneur de Lyon): "C'est superbe, ce n'était pas évident à préparer, on avait pas mal d'absents, Hugo (Lloris) avait une angine, il était incertain, on était dans une certaine pression. Les joueurs on su mettre les pieds sur le ballon. Ca aurait été très, très dur moralement de ne pas gagner ce soir. Les joueurs ont bien géré, les changements sont faciles quand les joueurs rentrent bien, ont cet état d'esprit. Il fallait se lâcher, les joueurs l'ont fait. Il faut rester avec cet état d'esprit".