Lucas Moura
Lucas Moura. | JEAN CHRISTOPHE MAGNENET / AFP

Lucas, génie à temps partiel

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Passements de jambes, raids à plus de 30 km/h, passes millimétrées : Lucas Moura, le milieu offensif brésilien du PSG, a fait vivre l'enfer à l'arrière garde marseillaise ce dimanche soir au Parc des Princes (2-0). Le genre de prestation énorme qu'il a clairement du mal à reproduire fréquemment.

Sous le regard hagard de Jérémy Morel, le natif de Sao Paulo fait danser ses jambes autour du ballon. Son dribble s'étend sur 20 bonnes secondes, et laisse même supposer chez le n°19 du PSG une petite pointe de suffisance. Le "gri-gri" du Brésilien n'a rien d'anecdotique.  Son geste - bien que proprement inutile - témoigne chez le jeune homme de 22 ans une envie de s'amuser, sinon d'humilier son adversaire direct. C'est en tout cas l'interprétation de José Anigo, lequel reproche à Laurent Blanc de laisser ses joueurs "chambrer" les siens. Le dribble prétentieux de Lucas forcerait l'exaspération si l'intéressé avait offert une plus mauvaise prestation, ou si le PSG était mené. Or, non seulement les pensionnaires du Parc des Princes menaient au score, mais surtout, Lucas Moura, qui a rallié Paris en hiver 2012/2013 en l'échange de 43M€, a été absolument monstrueux. 

Sprints, slaloms, et excuses 

Au cours du fameux "classique" du championnat de France, Lucas Moura n'a pas été décisif à proprement parler, puisqu'il n'a ni marqué ni donné de ballon de but. Toutefois, le Brésilien a incontestablement participé à la construction du succès de son équipe, tant ses percées fulgurantes ont ouvert des brèches à ses coéquipiers et épuisé les esprits marseillais. Au milieu de la première période, Lucas est même à créditer d'un raid de plus de 70 mètres complètement ahurissant, au cours duquel il élimine 4 Marseillais avant de voir son petit ballon piqué stoppé par Rod Fanni, à quelques centimètres de la ligne de but. "Je suis allé au bout, mais le ballon n'est pas rentré. Je m'en veux", a regretté le Brésilien, au sortir de la rencontre. Mais pour le coup, la non-concrétisation de l'action de l'ancien de Sao Paulo, elle, est anecdotique. Elle restera de ce match comme le symbole du fossé qui sépare l'Olympique de Marseille et le Paris Saint-Germain. 

Maintenant, il faut tenir le rythme

C'est le reproche le plus fréquemment fait à Lucas Moura. Capable de fournir des prestations étincelantes et d'être transparent le match suivant, l'international auriverde doit impérativement gagner en constance pour confirmer son immense potentiel. Passé devant Menez et Pastore dans l'esprit de Laurent Blanc - c'est lui qui a remplacé le plus régulièrement Cavani pendant ses 3 semaines de blessure - le Brésilien demeure toutefois à l'état de diamant brut. La "faute", entre autres, à son jeune âge, mais également à ses difficultés à se fondre dans un collectif et un système tactique. "Quand un joueur vient du Brésil comme Lucas, il était libre au niveau de l'attaque", avait expliqué Sonny Anderson en février. "Mais là, dans le système de jeu du PSG, il doit rester sur le côté et faire un travail tactique". 

A l'issue du match contre Marseille, Laurent Blanc a confirmé attendre encore plus de sa petite pépite :"Il est encore jeune, mais il est déjà dans un grand club, alors il doit progresser vite", a confie l'ancien sélectionneur de l'équipe de France. "C'est un joueur merveilleux, très travailleur et professionnel. Il est dans la bonne mentalité". Avant de pointer du doigt son manque d'efficacité :"J'aurais aimé qu'on ne dise pas 'failli' (à propos de son raid fantastique qu'il a 'failli' concrétiser). On aurait parlé de ce but pendant très longtemps. Il doit comprendre qu'un attaquant doit marquer des buts". On espère pour Lucas qu'il n'aura plus à s'excuser. 

Jean Charbon