L1 Marseille Lorient Heinze joie 082010
La joie de Gabriel Heinze | AFP - Gérard Julien

L'OM et l'OL gagnent enfin, Toulouse solide leader

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Le compteur de la victoire de Marseille et de Lyon a été enfin ouvert au soir de la 3e journée de Ligue 1. Dans la douleur, l'OM a battu Lorient (2-0) au Vélodrome, l'OL s'imposant contre Brest (1-0). Troisième victoire consécutive de Toulouse, sur Arles-Avignon (2-1), qui reste seul leader. Lens arrache le nul en fin de match contre Monaco (2-2). Nul également entre Nice et Nancy (1-1), Rennes et Saint-Etienne (0-0) et Auxere et Valenciennes (1-1).

Le fait marquant: Premier succès des Olympiques

L'Olympique de Marseille et l'Olympique Lyonnais ont attendu la 3e journée de Ligue 1 pour remporter leur premier match. Pour deux favoris au titre, ce n'est pas commun. Cette première avancée, plus conforme au statut de chaque équipe, a été obtenue à domicile. Mais pas brillamment. Plutôt avec la rage de ceux qui n'ont pas encore retrouvé le talent pour enflammer un stade, et se contentent de l'essentiel, la victoire.  Au Vélodrome, le champion de France en titre a fait la différence grâce au hargneux Heinze, présent pour reprendre avec toute sa rage coutumière un ballon repoussé par le portier lorientais Cappone suite à une tête d'Ayew (6e). Et sur un coup franc mal repoussé par la défense de Lorient, Taïwo envoyait un missile dont il a le secret dans le petit filet opposé, pour donner de l'air à l'OM (2-0). A Gerland, l'action est également venue de la droite, avec un centre de Delgado. Il y a eu également une tête, ratée de la part de Briand, mais qui a fini sa route devant Makoun qui s'est également jeté comme un mort-de-faim pour le propulser au fond des filets brestois à la 19e minute, et offrir la victoire (1-0). Mais pour les deux ténors de la Ligue 1, cela a été difficile de tenir le score face aux deux équipes bretonnes qui auraient peut-être mérité mieux.

Le match: Lens - Monaco

Demander à Martial Mbandjock, médaillé de bronze sur 100 et 200m et en or sur 4x100m lors des derniers Championnats d'Europe d'athlétisme, de donner le coup d'envoi aurai dû être annonciateur d'un match de sprinteur à Bollaert. Mais alors que Monaco avait bien compris le message sur la courte distance, avec un but splendide de Niculae dès la 19e minute et un d'Aubameyang à la 69e minute, les Lensois avaient plutôt imaginé la soirée en coureurs de demi-fond. Ils ont attendu la 73e minute pour réduire la marque, sur un petit festival de Roudet sur le côté droit, dont la frappe au premier poteau était déviée par Adriano contre son camp, sous la pression d'Eduardo, pour tromper Ruffier. Puis, intenable à l'image de toute son équipe survoltée et supportée par un public en folie, Roudet se chargeait d'égaliser  en délivrant une frappe du gauche qui passait sous le gardien international. La fin de la rencontre était un long siège du but monégasque, qui frôlait la défaite. Trois jours après avoir décroché un nul contre Montpellier (0-0) en match en retard, les hommes de Guy Lacombe ont payé certainement leur débauche d'énergie en cette fin de rencontre de feu. Pour le plus grand bonheur du public nordiste.

La confirmation: Toulouse et le duo Braaten - Didot

Le départ d'André-Pierre Gignac pour Marseille aurait pu laisser un grand vide à Toulouse, surtout avec la blessure de Xavier Pentecôte pour six mois. Mais depuis le début de la saison, Daniel Braaten se démultiplie. Talentueux mais parfois critiqué pour ses "absences" au cours d'une saison, il se tient à un rythme d'un but par match. Et depuis la semaine dernière, il peut compter sur le soutien d'Etienne Didot. Buteur tous deux à Bordeaux pour une victoire de prestige (2-1) le week-end passé, les deux hommes ont remis ça au Stadium. Le Norvégien a été encore une fois le premier à trouver le chemin des filets contre Arles-Avignon, profitant d'une remise involontaire d'un défenseur pour battre Planté (36e). Puis Didot l'a joué technique: une-deux avec Machado, une-deux avec Braaten, et le petit milieu de terrain entrait dans la surface pour disposer une nouvelle fois du portier sudiste (61e). Le but de Dja Dja Djé sur une superbe tête plongeante (64e) a néanmoins fait trembler les Toulousains, qui remportent leur troisième victoire en autant de matches, demeurant en tête de la Ligue 1.

La malchance: Lorient

Affronter Marseille au Vélodrome, même lorsque l'OM n'a pas marqué le moindre point à la 3e journée, cela ne se fait pas en toute quiétude. Christian Gourcuff a, en plus, eu la malchance de devoir se passer de deux joueurs très rapidement, dans le même secteur de jeu. Dès la 11e minute, son défenseur central Grégory Bourillon devait quitter ses partenaires, touché à la cuisse. Remplacé par Lamine Koné, qui était à son tour victime d'une blessure, sa cheville gauche ayant tourné après avoir contré une frappe puissante de Brandao (29e). Du coup, l'entraîneur lorientais faisait entrer Robert, pour replacer Amalfitano en milieu de terrain et faire reculer Romao en défense. Entre-temps, son défenseur Franco Sosa devait quitter momentanément ses coéquipiers, le visage en sang suite à un coup de coude d'Ayew. L'Argentin pouvait retourner sur le terrain, avec un énorme bandage autour de la tête.

Le but: Daniel Niculae

Le coup de fusil est venu de nul part. Héritant du ballon aux 40m, l'ancien Auxerrois Daniel Niculae s'avançait tranquillement et décrochait une frappe pure et puissante du gauche, qui allait heurter le poteau gauche de Vedran Runje avant de finir dans le petit filet du but lensois. Une réalisation de toute beauté pour le Roumain, dont c'est le premier but sous ses nouvelles couleurs monégasques. Mais l'ouverture du score n'a pas suffit à l'ASM pour s'imposer dans le Nord (2-2).

La colère: Rennes

Pour leur premier match depuis la grave blessure de Fabien Lemoine, les Rennais voulaient montrer leur solidarité avec leur coéquipier. Ayant subi l'ablation de son rein droit jeudi suite à un choc aérien avec le Nancéien Renayld Lemaître la semaine dernière, le milieu de terrain breton n'a eu droit qu'à un petit hommage. Les joueurs de Frédéric Antonetti n'ont pu arborer leur t-shirt portant l'inscription "Tous avec Fabien" que dans les couloirs du stade et au cours de l'échauffement, la Ligue ayant refusé qu'ils l'arborent dans le tunnel et sur le terrain avant le coup d'envoi. Cela n'a pas été sans causer une colère bien compréhensible. Et un retard au coup d'envoi de cinq minutes après de multiples discussions pour tenter d'aboutir à un assouplissement des représentants de la Ligue. "C'est eux (les membres de la Ligue, NDLR) qui n'ont pas compris ce qui s'est passé en Afrique du Sud", a déclaré le technicien rennais après le match. "Je sais pas moi, y'a une histoire tragique dans un club, à un moment donné on peut montrer une solidarité. Ils devraient réfléchir à tout ça. On voulait montrer un témoignage à quelqu'un qui est sur son lit et qui souffre. Ce n'est pas très grave, Fabien sait bien que l'on pense à lui. C'est incompréhensible. Ca manque un peu de bon sens, non ?"

La constance: Auxerre

Pour la troisième fois de la saison, l'AJ Auxerre a obtenu un match nul. Après le (2-2) à domicile contre Lorient puis le (1-1) à Brest, les Bourguignons n'ont pas pu s'imposer à l'Abbé-Deschamps contre des Valenciennois qui avaient ouvert le score par Danic (66e), Jelen égalisant rapidement (69e). Un troisième match nul (1-1) dans une semaine marquée par leur match aller du tour préliminaire de la Ligue des Champions (défaite 1-0) au Zenith St-Pétersbourg). Avec trois points, les hommes de Jean Fernandez font quand même mieux que l'an dernier, où ils avaient débuté la saison avec trois défaites et un nul pour finir à la 3e place de la Ligue 1.

Le maudit: Larsen Touré

Pour son premier match sous son nouveau maillot brestois, Larsen Touré est passé tout près de devenir un héros. A la pointe d'une attaque qui a souvent mené la vie dure à la défense lyonnaise, l'ancien Lillois, sur une centre de Lesoimier, a vu sa belle et puissante tête heurter la barre transversale de Hugo Lloris, qui semblait battu (51e). Deux minutes après, bien servi dans le coeur de la défense, il était accroché par Gassama avant d'entrer dans la défense. Déséquilibré, il ratait son tir du gauche devant le portier lyonnais, mais l'arbitre ne revenait pas à la faute initiale. Un meilleur sort dans ces deux tentatives aurait pu offrir une égalisation à Brest chez une grosse cylindrée.

Le chiffre: 0

Au terme de leur troisième match en Ligue 1, les joueurs d'Atles-Avignon demeurent la lanterne rouge sans avoir marqué le moindre point. Mais comme à Sochaux pour leurs débuts dans l'élite, et à la différence de leur défaite à domicile contre Lens (1-0), les Sudistes ont encore marqué un but. Contre le leader toulousain, il a même été de toute beauté. Sur un coup franc frappé au deuxième poteau, Erbate remettait intelligemment de la tête au centre pour une tête plongeante de Dja Dja Djé qui sauvait l'honneur (2-1) à la 64e minute, trois minutes après la deuxième réalisation du TFC. Les hommes de Michel Estevan ont donc ainsi démontré qu'ils savaient réagir. A eux désormais d'agir.

L'arrêt: Steve Mandanda

Elu par ses coéquipiers capitaine, Steve Mandanda s'est montré à la hauteur de leur confiance. Alors que son équipe dominait la première période mais ne menait que d'un but face à Lorient, il a dû sortir le grand jeu, et sauver les siens. Parti à la limite du hors-jeu dans le dos de la défense olympienne, Kevin Gameiro s'avançait tout seul devant lui, temporisait pour que le gardien international choisisse un côté. Mais le Marseillais restait debout et écartait du pied, au prix d'un bon réflexe, la tentative de l'attaquant breton (39e).

La phrase (1): "Les 6-0 d'Arsenal et Chelsea, en France, il n'y en a pas" (Frédéric Antonetti)

Avec son énorme puissance de frappe offensive (Gyan, Montano, Leroy, Brahimi...), Rennes fait peur. A tel point que son entraîneur, Frédéric Antonetti, s'est plaint de la frilosité des Stéphanois, qui ont décroché un nul en Bretagne. "Les 6-0 d'Arsenal et Chelsea, en France, il n'y en n'a pas. C'est la culture de la défense dans un championnat homogène. Saint-Etienne n'a pas joué, contrairement à ses matches à Paris et contre Sochaux. On aurait dû marquer mais on n'a pas su le faire."

La phrase (2): "Nous sommes passés du frigidaire au sauna" (Marama Vahirua)

De retour dans un stade du Ray qui fut le sien durant trois saisons, Marama Vahirua a repris conscience que le temps n'est pas le même à Nancy qu'à Nice, ce qui n'a pas empêché les Lorrains de ramener un nul (1-1): "Au début du match, nous avons vraiment eu le  contrecoup de la chaleur. Nous sommes quand même passés du frigidaire au sauna  en descendant à Nice".