André-Pierre Gignac Marseille
André-Pierre Gignac (Marseille) | BORIS HORVAT / AFP

L'OM doit enclencher la deuxième

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Marseille, qui avait mis un terme à une série de sept matches sans victoire contre Sochaux (2-1), se rend ce vendredi sur la pelouse d'Ajaccio, pour le compte de la 14e journée de la Ligue 1 (20h30). Avec l'ambition d'amorcer une série de victoires.

Après une semaine éprouvante, au cours de laquelle Mathieu Valbuena, Dimitri Payet et Steve Mandanda ont vécu de l'intérieur la qualification de l'équipe de France, la Ligue 1 reprend ses droits et retrouve son petit train-train quotidien. Au contraire du France-Ukraine de mardi soir, cette rencontre entre Ajaccio et Marseille ne fera sans doute pas vibrer tout le pays. Toutefois, s'ils veulent espérer recoller au trio de tête avant la trêve hivernale, la victoire demeure impérative pour les Phocéens, qui pointent à cinq longueurs de l'AS Monaco (3e). Les Insulaires, 19e de la Ligue 1 avec seulement 8 petits points glanés en 13 matches veulent confirmer les progrès entrevus à Toulouse il y a deux semaines (1-1). 

Cette fois, il faut la manière

C'est une évidence : contre Sochaux, tout n'a pas été parfait. L'OM a été poussif dans le jeu, et s'est imposé à l'issue d'une rencontre entachée d'une grosse faute d'arbitrage : une intervention irrégulière évidente de Romao dans la surface marseillaise n'a pas été sanctionnée, mais dans l'action qui a suivi, un pénalty est sifflé en faveur des hommes d'Elie Baup. Le coach sochalien, Hervé Renard, a même parlé de "vol". 

Alors ce vendredi soir, contre les Insulaires, Marseille serait bien inspiré de remporter une victoire nette et sans bavure, afin de ne pas donner du grain à moudre à ses détracteurs. André Pierre Gignac, auteur d'une entrée en jeu convaincante contre les Lionceaux, pourrait être aligné dès le coup d'envoi. Mais coup dur pour Elie Baup : Fanni et Ayew, blessés, resteront à la maison. Il pourra toutefois compter sur un Thauvin intenable et un Valbuena euphorique après sa qualification avec l'équipe de France, pour faire sauter le verrou ajaccien. 

Christian Bracconi, la rupture 

Le limogeage de Fabrizio Ravanelli, intervenu il y a près d'un mois, prive les Marseillais de belles retrouvailles avec celui que l'on appelle "Penna Bianca". Ecarté après le début de saison pitoyable de l'ACA (13 matches disputés, 7 défaites), le coach italien a laissé sa place à Christian Bracconi, qui officiait jusqu'alors au sein du centre de formation du club corse. Dès son intronisation, le nouvel entraîneur insulaire a marqué la rupture avec son prédécesseur, égratignant au passage son management et ses méthodes :"on a des joueurs totalement "cramés", explique Christian Bracconi dans des propos relayés par nos confrères de L’Equipe.

Ça concerne un tiers de l’effectif. Un autre tiers est dans un état de fatigue avancé, et un tiers dans un état correct. Le programme de l’ancien staff avait été coupé deux semaines avant son départ, cela fait donc un mois et on est toujours sur de la fatigue… Ce qui a engendré des lésions musculaires. On a aussi fait venir cette personne (un chercheur en performance de Genève) pour faire un état des lieux psychologiques. Et là encore, c’est assez marquant". 

A en croire Bracconi, les entraînements dirigés par Ravanelli étaient quasiment exclusivement axés sur le "physique". L'ancien entraîneur des jeunes de la Juve est également à créditer de quelques choix bizarres, comme la mise à l'écart de Cédric Hengbart, pourtant l'un des joueurs les plus expérimentés du groupe. En réalité, on apprendra par la suite que l'ancien Auxerrois avait refusé d'ingurgiter des compléments alimentaires, désobéissant ainsi au coach Ravanelli. 

Sur le terrain, la rupture s'est également fait sentir. Plus entreprenants - bien que parfois empruntés techniquement -, les Ajacciens décrochent le point du match nul sur la pelouse du Stadium. Mais il faudra en bien plus pour sortir de la zone rouge. 

Jean Charbon