Marcelo Bielsa, Losc, Ligue 1
L'entraîneur du LOSC, Marcelo Bielsa | AFP - DENIS CHARLET

Lille, Saint-Etienne, Nantes, Bordeaux: les "inconnues" du championnat

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Dans l’ombre des grosses écuries (Monaco, PSG), et des outsiders les plus crédibles (Nice, Lyon, Marseille), quatre autres formations historiques du football français espèrent pouvoir jouer les trouble-fête. Avec pour elles une nouvelle ère –avec des entraîneurs de renom- susceptible de leur apporter, peut-être, de belles satisfactions qui en feraient d’agréables surprises en championnat. Mais en attendant la vérité du terrain, c’est avant tout l’inconnu qui entoure Lille, Saint-Etienne, Nantes et Bordeaux.

Lille et la promesse Bielsa

Le LOSC a fait un pas supplémentaire vers la cour des grands avec l’arrivée de nouveaux actionnaires, et en corollaire, de nouvelles ambitions, illustrées par la venue de Marcelo Bielsa, coach emblématique s’il en est.

Dans son sillage, Lille a recruté dans la filière sud-américain de jeunes joueurs novices en Europe mais annoncés comme des futurs cracks, sous la houlette de Bielsa incarnent la promesse d'un football spectaculaire.

Dans le contexte très particulier du club nordiste, les nouveaux patrons du LOSC espèrent que Marcelo Bielsa, qui a déchaîné les passions partout où il est passé, s’inscrira dans le bon tempo, bien qu’ils sachent que, pour l’instant, les supporteurs restent partagés entre les espoir qu’a suscité sa venue, et les réserves provoquées par ce personnage hors norme dont la personnalité inquiète. Toutefois, la promesse d’un jeu offensif a de quoi rassurer les plus réticents, habitués à de bien piètres prestations depuis plusieurs saisons. Gare toutefois à la déception, car c’est évidemment toujours le hiatus que peut rencontrer un entraîneur de ce niveau lorsqu’il suscite de grandes attentes, alimentées par son style de jeu romantique, et son caractère atypique, lorsque les résultats ne suivent pas tout de suite.

Saint-Etienne à un tournant


Faire oublier son prédécesseur Christophe Galtier, proposer un jeu séduisant et pourquoi pas retrouver l'Europe: l'entraîneur espagnol de l'AS Saint-Etienne Oscar Garcia fait face à un immense chantier, d'autant que l'effectif peine à évoluer, dans un ce club mythique qui provoque toujours beaucoup d’attente de la part de ses supporters.

A quelques jours du début du championnat, il apparaît difficile de cerner le potentiel de l'ASSE. Toujours un peu frileux lorsqu’il s’agit d’investissement, ce qui constitue autant une problématique récurrente pour le club stéphanois que « le salary cap » qu’il s’est imposé, les deux co-présidents ont du mal à ouvrir leur portefeuille. Pourtant, en réalisant un grand coup avec la venue d’Oscar Garcia, on pensait que le reste allait suivre, et que l’effectif s’en verrait fortement étoffé.

Pour l’heure, on est à peine à quelques ajustements et le technicien devrait faire avec les moyens du bord. Dans ces conditions, même en redonnant de l’allant à une équipe Verte qui s’est montrée poussive et très peu emballante la saison dernière, il va devoir surtout trouver l’alchimie parfaite pour retrouver de la technique dans l’entrejeu et de l’efficacité en attaque. Vaste chantier donc en perspective, pour Garcia qui s’impatiente.

Nantes et la dynamique Ranieri 

Superstar d'un recrutement nantais jusqu'ici assez discret, Claudio Ranieri a vite fait oublier Sergio Conceiçao, avec son élégance toute italienne, mais les ambitions que peuvent nourrir les Canaris cette saison restent une inconnue de taille. L'intelligence, le charisme et surtout la compétence du technicien n'avaient certes plus besoin d'être démontrés, mais ils ont permis de tourner la page après la fin en queue de poisson de l'épisode Conceiçao. "Passer de la 19e à la 7e place, c'est fantastique. Conceiçao a fait un grand travail ", a néanmoins estimé le technicien italien.

Si d’ores et déjà, sa personnalité a séduit joueurs, dirigeants, supporters et journalistes, c’est surtout sur la pelouse que l’Italien est attendu. Portés par leur dynamique de la fin de saison dernière et rêvant à la réussite incroyable de Ranieri avec Leicester, les Nantais visaient haut à sa nomination. La mire sera sans doute redescendue un peu avec un été qui n'a pas été aussi bénéfique que prévu côté recrutement, et le départ un peu problématique de la petite pépite Amine Harit. Il n’est donc pas certain que, malgré son talent, Ranieri puisse faire permettre à Nantes de changer de dimension. On en saura plus après un mois d’août qui réserve aux canaris un début de saison ardu, avec un déplacement à Lille et les réceptions de Marseille et de Lyon. Ces quatre premières journées, risque d'être déjà déterminantes face à des observateurs et des supporters devenus gourmands.

Bordeaux « cuvée project » 

Tapi dans l'ombre médiatique des mastodontes de la L1, Bordeaux a misé cette saison sur la continuité d'une fin de premier exercice réussi sous les ordres de Jocelyn Gourvennec. Par nature, comme le vin qui préfère se bonifier en silence, les Girondins ne sont pas du genre à faire du bruit ou susciter de folles attentes, laissant cela aux équipes aux budgets plus conséquents. Pourtant on pourrait presque déceler un "Bordeaux cuvée Project", s'appuyant avant tout sur la dernière phase retour 2016-2017 terminée à la 3e place derrière Monaco et Paris mais devant Nice, Marseille et Lyon.

De cette remontée -- les Girondins étaient 10es fin décembre 2016 -- ils ont gardé leur ossature à l'exception de Cédric Carrasso (35 ans), gardien international remplacé par Benoît Costil. Très sollicitées, leurs forces vives sont toutes restées. "Notre meilleur recrutement, c'est d'avoir conservé notre équipe", rappelle Gourvennec. Le 4-3-3, qui reste la patte du coach, sans star mais bien huilé, est donc appelé à confirmer avec comme principaux objectifs d'être de nouveau européen dans un an et de ramener la foule au Stade Matmut Atlantique (42.115 places). Car, excentrée de la ville, l'enceinte de Bordeaux-Lac sonne souvent creux.

Christian Grégoire