Ligue 1: Strasbourg, un cauchemar pour le PSG

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Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
La joie des Strasbourgeois face à la déception des Parisiens
La joie des Strasbourgeois face à la déception des Parisiens | AFP - FRANCK FIFE

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Contrairement à de nombreuses équipes françaises, Strasbourg, qui se rend au Parc des Princes (17h30), a pris de bonnes habitudes lors des affrontements avec le PSG. Le 5 décembre 2017, le RCS avait infligé son premier revers de la saison aux Parisiens (2-1). Aujourd'hui, les Alsaciens n'ont perdu qu'une seule rencontre, pour deux nuls et une victoire lors de leurs quatre derniers duels en L1. Et la saison passée, leur affrontement en 16e de Coupe de France s'était soldé par la longue blessure de Neymar.

Le 2 décembre 2017, la chute inattendue en Alsace

En cette première moitié de saison, le PSG est inarrêtable. En 21 matches, l'équipe d'Unaï Emery n'a pas perdu une seule fois. Même la Ligue des Champions n'est qu'une formalité avec 19 buts marqués pour un seul encaissé en quatre rencontres parmi lesquelles la réception du Bayern Munich (3-0). Bref, en ce temps-là, tout va bien à Paris. Mais ce déplacement en Alsace, pour le compte de la 16e journée, chez le premier non-relégable et qui n'a gagné que trois de ses quinze premiers matches de championnat, enraye la machine. Deux buts sur les deux premiers tirs cadrés, Nuno Da Costa (13e) et Stéphane Bahoken (65e) crucifient par leur vitesse des Parisiens dominateurs mais pas réalistes. Bousculé physiquement, le PSG tombe pour la première fois de la saison (2-1), avant de chuter de nouveau trois jours après à Munich (3-1) dans un match sans enjeu pour eux. Trois mois plus tard, lors de la venue des hommes de Thierry Laurey au Parc des Princes, Paris prendra une cinglante revanche en s'imposant (5-2). C'est la dernière victoire en L1 du PSG sur Strasbourg.

En 2018-2019, deux nuls en championnat avec la talonnade involontaire de Choupo-Moting

La saison passée, c'est encore pour le compte de la 16e journée (le 5 décembre) que Paris (le leader qui n'a concédé qu'un nul en L1 depuis le début de la saison) se rend à Strasbourg (5 victoires et 6 nuls en 15 matches). Le match commence encore mal puisque les Strasbourgeois transforment un penalty pour une main de Kehrer, après examen du VAR (40e). Il faut attendre la 70e minute pour que les hommes de Thomas Tüchel égalisent, eux aussi sur penalty, par Cavani. C'est le deuxième nul (1-1) de la saison du PSG. Le 7 avril, match retour. Cette fois, Paris prend les choses en main avec l'ouverture du score précoce de Choupo-Moting (13e). Mais Strasbourg frappe deux fois par Da Costa et Goncalves (26e, 38e). Et là encore, il faut attendre la fin du match pour que le PSG égalise (2-2), sur un corner et une tête de Kehrer (80e), alors que Choupo-Moting, d'une maladresse incroyable, a privé de but son coéquipier Nkunku en repoussant du talon le ballon sur la ligne strasbourgeoise (28e). Encore une fois, l'équipe parisienne s'est heurtée à un collectif solide et accrocheur, et concède son deuxième nul de la saison en championnat. Le deuxième contre cette équipe alors qu'une victoire offrait déjà le titre de champion.

Le 23 janvier 2019, la blessure de Neymar

Pour ce 16e de finale de Coupe de France, Strasbourg a donc hérité d'un déplacement délicat à Paris. Trois semaines après, c'est le 8e de finale aller de Ligue des Champions contre Manchester United. Dans le camp parisien, chacun sait que c'est le dernier moment où un joueur peut encore être victime d'une blessure musculaire. Sauf que dans un début de match assez tendu, où Neymar est serré de près par Goncalves. La nervosité du Brésilien se ressent rapidement: il chambre, il réclame des sanctions à l'arbitre. L'ouverture du score précoce de Cavani (4e) ne laisse pas Paris hors d'atteinte. En deuxième période, un coup sur son pied, touché la saison d'avant contre Marseille ce qui lui avait valu une opération avant le Mondial, ravive la douleur. Le N.10, en larmes, sort du terrain. Il verra des tribunes l'élimination de son équipe de la C1 face aux Red Devils. C'est aussi le début d'une période beaucoup plus trouble pour le joueur le plus cher de l'histoire.

A l'époque, Thierry Laurey, coach de Strasbourg, avait eu ces propos à l'attention du Brésilien après cette rencontre: "Il y a des moments où quand tu dépasses les bornes, il faut assumer". Avant de poursuivre : "Assumer quelquefois, c'est prendre quelques coups. Je comprends que mes joueurs en aient marre de voir des joueurs qui cherchent à les chambrer, à les narguer. Il (Neymar) a le droit aussi à un moment donné de se faire attraper. Ce n'est pas interdit. Je veux bien qu'on protège les gens, mais il y a des limites aussi. Quand on fait une passe du dos, c'est se moquer un peu." Quelques jours après la vive polémique qui s'en était suivie, il avait précisé sur Canal +: "Si je suis allé un peu loin ou si j’assume ? Les deux. Je suis peut-être allé un peu loin dans la démonstration, mais je ne regrette absolument rien. Je n'ai rien contre le PSG, ni Neymar. (...) Je n'ai absolument pas demandé à quiconque de mon équipe de mettre des coups à qui que ce soit volontairement, je m'en voudrais."

Cinq mois après, malgré ce CV encourageant, pour ces retrouvailles, l'entraîneur alsacien s'est montré beaucoup plus sobre vendredi en conférence de presse d'avant-match: "Paris domine largement le Championnat depuis des années, c'est une équipe qui est largement au-dessus de tout le monde. Arriver à faire quelque chose contre eux c'est une fierté. Si les planètes ne sont pas alignées, tu reçois..." Quant au retour du Brésilien dans le groupe et à l'accueil qui pourrait lui être réservé, il a botté en touche: "Les supporters vont siffler, mais Paris est premier... On vient pour essayer de prendre un ou trois points. Les Parisiens ont leurs problèmes, on a les nôtres." S'il pouvait en ajouter dans le camp parisien...

Le Parisien Neymar envoyé au sol par le Strasbourgeois Zemzemi lors du 16e de finale de Coupe de France 2019
Le Parisien Neymar envoyé au sol par le Strasbourgeois Zemzemi lors du 16e de finale de Coupe de France 2019 © AFP - FRANCK FIFE