Ligue 1 : PSG-OM au crash-test de la jauge, ambiance terne et pertes financières

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Auteur·e : AFP
Parc des Princes
Le Parc des princes sonnera creux ce soir pour le Classique contre l'Olympique de Marseille. | AFP

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Rencontre la plus attendue de l'année en Ligue 1, le PSG - OM de ce soir (21h) aura des allures d'un match terne, morose, sans ambiance avec seulement 5 000 spectateurs autorisés. Une jauge non sans conséquences financièrement.

Un stade qui sonne creux, des supporters frustrés et un manque à gagner autour de 4 millions d'euros : la jauge de 5 000 personnes au Parc des princes, imposée pour lutter contre la pandémie de Covid-19, donne un visage morose au "Classique" PSG-OM de dimanche en Ligue 1.

La demande du PSG pour accueillir 18 000 personnes refusée

3 600 spectateurs sur 48 000 possibles. Pour le premier match de compétition officielle des Parisiens devant leur public depuis le 29 février, le Parc va sonner creux du fait des mesures sanitaires. La jauge limitant à 5 000 le nombre de personnes présentes dans l'enceinte pour un match professionnel est bien appliquée, malgré la demande du PSG qui souhaitait la faire rehausser à 18 000 personnes. La Préfecture de police de Paris "a décidé pour des raisons liées au contexte sanitaire de ne pas donner suite", a fait savoir celle-ci à l'AFP. Toute la région parisienne est classée "zone rouge", signifiant une circulation active du nouveau coronavirus.

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En décomptant le personnel présent dans le stade le jour du match (agents de sécurité et de nettoyage, stadiers, techniciens...), seuls 3 600 spectateurs pourront être accueillis en tribunes, dont 800 au titre des "hospitalités" pour entreprises et sponsors. Les 2 800 places restantes ont été réservées en priorité aux abonnés. Pour respecter les gestes barrières, les gens seront assis en quinconce, avec un mètre de distance au minimum, dans les parties basses des tribunes. Le dispositif de sécurité change aussi. Pour éviter les contacts physiques, les vigiles à l'entrée utiliseront des "raquettes" comme dans les aéroports au lieu des habituelles palpations.

Pas de supporteurs marseillais à Paris

Première victime de la jauge : la ferveur du Parc, à guichets fermés en temps normal pour une affiche de ce calibre. Le match se jouera sans supporter visiteur non plus. Comme les deux dernières saisons, durant lesquelles les Marseillais étaient frappés d'une interdiction de déplacement après des incidents au Parc en 2018. "Petit à petit, on nous habitue à ne plus nous déplacer, et le Covid a facilité les choses pour les décideurs", désespère Jean-Loup Vardan, ultra de l'OM.

Coup supplémentaire porté à l'ambiance : les groupes de supporters réunis dans le Collectif ultras Paris (CUP), habitués à donner de la voix debout et regroupés, ont annoncé leur absence. "En raison de la crise sanitaire toujours bien présente et des mesures qui y sont associées, nous ne pouvons soutenir notre équipe comme il se doit", a justifié le CUP dans un communiqué fin août.

Entre 3,5 et 4 millions d'euros de pertes financières pour le PSG

Pour cette affiche, la plus importante de l'année en L1, la morosité est aussi financière. Le PSG estime à entre 3,5 et 4 millions d'euros le manque à gagner d'un "Classique" devant 5 000 personnes. Sur un match, le risque est même de perdre de l'argent, compte tenu des moyens mobilisés, quel que soit le nombre de spectateurs. Le club tente de se rattraper avec les lucratives "hospitalités", comprenant les packages VIP et autres places dédiées aux partenaires, qui peuvent rapporter davantage pour un match de cette envergure.

"La particularité du PSG, c'est qu'ils ont beaucoup d'abonnés et jouent pratiquement toujours à guichets fermés. La différence peut venir des prestations extérieures, des VIP", souligne ainsi l'économiste du sport Luc Arrondel. "Pour le PSG, la billetterie "matchday" représente environ 100 millions d'euros" sur une saison, soit "le budget d'un club moyen de Ligue 1", explique-t-il. "Même si sur un budget de 650 millions, ce n'est pas forcément plus important (en part du budget, ndlr) qu'un petit club avec des recettes de billetterie moins importantes".

AFP