Ligue 1 : licencier un entraîneur en cours de saison, un choix coûteux qui paie rarement

Publié le , modifié le

Auteur·e : Louise Gerber
Jobard Tuchel Domenech
Stéphane Jobard (Dijon), Thomas Tuchel (Paris) et Raymond Domenech (Nantes) ont tous les trois été licenciés en cours de saison. | NICOLAS TUCAT / ELMAR KREMSER / JEAN CATUFFE / AFP

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Mis à pied par Nantes mercredi 10 février, Raymond Domenech est le septième coach à être remercié par sa direction depuis le début de la saison. Bilan mitigé du nouvel entraîneur et coût économique important, les changements en cours de saison ont rarement des effets bénéfiques pour les clubs.

Sept. C'est le nombre d'entraîneurs à avoir pris la porte depuis le début de la saison de Ligue 1. Si l'on est encore loin du record de la saison 2015-2016 où treize renouvellements de coach avaient été opérés en cours de saison, cela reste un ballet d'entraîneurs important à douze journées de la fin du championnat.

A l'exception de Paris et de Nice, qui malgré leur 3e et 11e places de Ligue 1 ont limogé leurs coachs (Tuchel et Vieira) car les résultats n'entraient pas en adéquation avec les ambitions européennes des dirigeants, les entraîneurs sont mis à la porte quand les clubs sont en danger. C'est le cas cette saison pour les trois dernières équipes du championnat Nîmes, Dijon et Nantes (par deux fois).

Pas de renaissance après le changement 

Ces changements ne portent pas vraiment leurs fruits cette année, surtout au FC Nantes. Chez les Canaris, Christian Gourcuff avait été démis de ses fonctions en décembre après la lourde défaite face à Strasbourg (4-0) et un début de saison compliqué - seulement trois victoires en treize journées sous ses ordres. Pour le remplacer, le clan Kita avait opté pour Raymond Domenech. Un pari osé - le Lyonnais n'ayant plus dirigé une équipe depuis 2010 - qui s'est finalement soldé par un échec. L'ancien sélectionneur des Bleus n'a pas gagné une rencontre en sept matches avec les Nantais, faisant passer l'équipe de la 15e à la très dangereuse 18e place. Antoine Kombouaré, le tout nouvel (et quatrième) entraîneur des Canaris cette saison, hérite donc d'un gros challenge.

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A Dijon, c'est David Linarès, l'ancien adjoint du coach Stéphane Jobard, qui a repris les rênes du banc bourguignon début novembre. Avec zéro victoire et seulement trois petits points en neuf matches, Dijon était à l'époque lanterne rouge du championnat. Après quinze rencontres sur le banc, le bilan est mitigé pour le nouveau coach dijonnais : le DFCO n'a remporté que deux matches, grappillant une place au classement mais avec un match d'avance sur les Nîmois, derniers. Les Crocos ont d'ailleurs également remercié leur coach Jérôme Arpinon début février, remplacé par son adjoint, Pascal Plancque.

Double salaire et indemnités : un coût économique important 

Si remplacer un coach ne garantit pas une amélioration sur le terrain, cela implique quasiment toujours une dépense supplémentaire pour les clubs. En France, "le club a l'obligation de payer l'entraîneur jusqu'à la dernière heure du dernier jour de son contrat, rappelle Me. Thierry Granturco, avocat spécialiste du droit du sport. Si son contrat est rompu avant la fin, le coach touche quand même l'ensemble des salaires qu'il aurait dû percevoir." Pendant un temps, les clubs doivent donc verser un double salaire : les indemnités de l'ancien coach et la paie du nouvel entraîneur (fixée par la LFP à 17 920 euros bruts minimum par mois). 

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En plus des salaires, les clubs versent également une indemnité pour rupture illégale de contrat à leurs anciens entraîneurs. "Ces indemnités-là, payées sous la forme de dommages et intérêts, sont normalement fixées par une décision de justice, mais dans le football, elles sont directement négociées entre le coach et la direction", explique Me. Granturco. Ainsi, en décembre dernier, le PSG a dû casser la tirelire après le limogeage de Thomas Tuchel. Les clubs de Ligue 1 ont donc tout intérêt à réfléchir à deux fois avant de licencier leurs entraîneurs.

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