Le Brésilien Leonardo
Le Brésilien Leonardo | AFP - MARCO BERTORELLO

Ligue 1 : Leonardo, la piste du retour du Messie au PSG

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Après avoir vécu sa pire saison depuis 2012 avec seulement deux trophées remportés et une piètre sortie en 8e de finale de Ligue des Champions, le PSG pourrait vivre un été très agité. Si les rumeurs vont bon train autour des stars Mbappé, Neymar et Cavani, si Thomas Tuchel a été prolongé officiellement la semaine dernière, c'est au-dessus que tout pourrait se jouer. Fragilisé, Antero Henrique, le directeur sportif, est à Doha. Et le départ de Leonardo du Milan AC pourrait tout bouleverser.

C'est un alignement des planètes. Ou simplement les conséquences de différentes actions en coulisses. En tout cas, le PSG n'a jamais été aussi près de vivre une révolution. Après une nouvelle saison décevante, après de multiples affaires qui ont remué le vestiaire (Rabiot, les vacances de Neymar, les désaccords lors du mercato, les déclarations en fin de saison de Mbappé), l'heure semble venue de remettre de l'ordre.

Pour cela, le cheikh Tamim ben Hamad al-Thani pourrait être tenté de faire appel à un homme en qui il a toute confiance : Leonardo. Cela tombe bien, l'actuel directeur sportif de l'AC Milan a quitté son poste ce mercredi après moins d'un an de présence, à la suite de l'échec de l'équipe à se qualifier pour la Ligue des Champions. Et cela tombe encore mieux puisque les Qataris ont convoqué Antero Henrique, l'actuel directeur sportif du club, au Qatar. Une semaine après avoir officiellement prolongé l'entraîneur Thomas Tuchel, avec lequel il entretient des relations plus que fraîches et surtout des divergences de vue, le Portugais pourrait être sur un siège éjectable.

 

 

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Henrique fragilisé

Il le serait d'autant plus que depuis son arrivée à Paris, à l'été 2017, Henrique ne brille pas par ses bonnes affaires lors des mercatos. L'ancien homme fort du FC Porto, connu pour ses belles trouvailles, a fait venir lors des deux mercatos d'hiver Lassana Diarra (libre) et Leandro Paredes (47 millions), auxquels se sont ajoutés à l'été Thilo Kehrer (37 millions), Juan Bernat (5 millions), Eric Choupo-Moting (libre) à la demande de Tuchel, ou encore Yuri Berchiche (16 milllions). Pour les stars Buffon, Neymar, Mbappé, les dossiers ont été gérés bien au-dessus de lui. A son actif, pas vraiment de joyaux, et pas de cadres du 11 de départ. Dans le même temps, sont partis Guedes, Pastore, Lo Celso, Lucas Moura notamment, qui font pour la plupart le bonheur de leur club actuel.

En plus, il s'est mis à dos quelques proches de Doha, au premier rang desquels Thomas Tuchel, choisi en direct par l'Emir, mais aussi Thiago Motta, qui a annoncé son départ du banc des moins de 19 ans. Tout à l'opposé, Leonardo a toujours été très bien vu par Doha, mais aussi par Nasser Al-Khelaïfi, son président à Paris, qui l'a soutenu jusqu'au bout lors de son affaire de la bousculade qui l'avait conduit à démissionner en juin 2013.

Le projet des Qataris créé dès le départ autour de Leonardo

"Le projet des Qataris a été crée autour d'un grand directeur sportif, Leonardo, et d'un grand entraîneur, Carlo Ancelotti. Leur départ n'a jamais été compensé." Michaël Tapiro, fondateur et directeur de la Sports Management School, spécialiste du sport-business, a depuis longtemps pointé du doigt la faiblesse du PSG. Elle porte notamment le nom d'un absent: Leonardo.

Arrivé le 13 juillet 2011 comme "manageur général" du PSG, l'ancien international brésilien a été la première pierre posée par les tout nouveaux dirigeants qataris dans leur club. C'est lui qui a recruté les Matuidi, Thiago Motta, Maxwell, Sirigu, Thiago Motta, Ibrahimovic, Di Maria, Ménez, Gameiro, Pastore, Beckham, Lucas Moura ou encore Cavani, qui ont été, pour la plupart, le coeur de l'équipe pendant plusieurs saisons. C'est aussi lui qui décidait de limoger Antoine Kombouaré quelques mois après, pour placer Carlo Ancelotti sur le banc. En deux ans, sans la limitation du fair-play financier européen, son bilan en terme de recrutement n'a rien de comparable avec celui de Henrique, qui achève sa 2e année au PSG.

Leonardo en compagnie de Carlo Ancelotti (de dos), de Nasser Al-Khelaïfi (au milieu) et du cheikh Tamim ben Hamad al-Thani en janvier 2012 au Qatar
Leonardo en compagnie de Carlo Ancelotti (de dos), de Nasser Al-Khelaïfi (au milieu) et du cheikh Tamim ben Hamad al-Thani en janvier 2012 au Qatar © AFP - FRANCK FIFE

Pour résumer, c'est Leonardo qui a bâti le club sur le plan sportif pour le placer sur le chemin des meilleurs d'Europe. Quelques semaines avant le départ du Brésilien, Nasser Al-Khelaïfi avait lancé: "L'objectif est de la (la Ligue des Champions) gagner dans les 5 ans qui viennent." Six ans après, ce n'est toujours pas le cas. Pire encore, le club n'a plus atteint les quarts de finale de la C1 depuis 2016. Avec toutes les conséquences: image ternie, rentrées financières inférieures... Et avec deux titres (Trophée des Champions, L1) cette année, le PSG a connu sa pire saison depuis l'année 2012, la deuxième du projet qatari, avec un titre de champion de France conquis par les hommes de Carlo Ancelotti

La révolution à Milan, des répercussions jusqu'à Paris ?

Après son départ de Paris puis trois ans loin d'une fonction dans un club mais toujours à l'affût de tout ce qui se passe sur le terrain, il avait repris place sur un banc à Antalyaspor, pour y rester moins de trois mois en 2017. En juillet 2018, il retrouvait son ancien club de l'AC Milan, dans lequel il avait été joueur, dirigeant et entraîneur. Mais le directeur sportif n'a pas pu mener son équipe jusqu'à la Ligue des Champions. Un échec qui fait naître de grandes manœuvres en Lombardie. L'entraîneur Gennaro Gattuso a annoncé sa démission ce mercredi, avant d'être suivi dans l'après-midi par Leonardo. La révolution a commencé en Lombardie. Elle pourrait se prolonger jusqu'à Paris.

Apprécié des joueurs, connaisseur très fin du monde du football, Leonardo, âgé de 49 ans, pourrait être à même de mettre de l'ordre dans un club, et dans un vestiaire où le respect qu'il inspire pourrait mettre au pas certains joueurs. Un retour aux origines pour le projet qatari.