Ligue 1 : "Le risque industriel est avéré", déclare le député Cédric Roussel au sujet de Mediapro

Publié le , modifié le

Auteur·e : Hugo Dupriez
Cédric Roussel veut lutter contre le piratage qui dévalorise le championnat français

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Député des Alpes-Maritimes, Cédric Roussel a indiqué par un communiqué qu'une "série d'auditions" allait être menée à l’Assemblée nationale autour du conflit qui oppose la LFP à Mediapro. Président du groupe d'études sur l'Économie du sport, le député (LREM) parle même de "prise d'otage de la part de Mediapro". Il a bien voulu accorder un entretien à France tv sport.

Vous parlez dans votre communiqué d’une ‘prise d’otage de la part de Mediapro’, ce sont des mots très durs...
Cédric Roussel :
"C’est assez factuel. Il y a une décision qui en terme de timing est surprenante, le championnat a repris fin août et seulement deux mois après, on est déjà sur des remises en question économique. Je tiens à rappeler que la crise de la Covid a débuté au mois de mars, et que le premier paiement a eu lieu au mois d’août. Ça surprend et ça prend de court tout le monde car ça ne laisse que peu de choix. À partir du moment où la décision n’est pas prise en concertation avec toutes les parties et qu’elle est radicale, je considère que c’est une prise d’otage. Surtout que cette décision est prise sans que l’on ait pu trouver une solution pour nos clubs professionnels, qui ont calculé leurs budgets prévisionnels en prenant en compte l’augmentation des droits TV."

Au mois de juin dernier, vous disiez vouloir vous "assurer que les instances du football français ont pris toutes les précautions nécessaires pour éviter la catastrophe industrielle", on y arrive à cette catastrophe industrielle ?
CR : "Pour le moment, on est encore assez loin de ce scénario catastrophe. Il existe tout de même un processus contractuel et judiciaire et des recours possibles. Mais, ce n’est pas quelque chose de rassurant lorsque l’on voit la forme et le comportement de Mediapro qui ne laisse pas tellement la place à la concertation. Je pense qu’à la vue de la situation, la meilleure chose à faire serait la discussion car le risque industriel est avéré. Il faut faire preuve de responsabilités pour éviter ce risque et surtout apprendre de cette situation. "

Dans votre communiqué, vous parlez d'une "série d'auditions afin de placer chacun devant ses responsabilités", en quoi consisteront donc ces auditions ?
CR : 
"Ces auditions, telles que je les ai expliquées dans le communiqué, se dérouleront dans une logique de compréhension. Nous pensons, avec mes collègues du groupe d’études, que certaines choses méritent d’être éclaircies. Nous avons besoin d’avoir une compréhension totale de la situation. C’est pourquoi, nous prendrons contact avec les représentants de Mediapro. Mais attention, ce n’est pas non plus une commission d’enquête, le but est de faire la lumière sur de nombreuses zones d’ombre. Ces auditions seront également l’occasion pour nous de prendre contact, pour la première fois, avec Vincent Labrune et la nouvelle équipe de direction de la LFP qui vient de prendre ses fonctions. C’est important car nous pourrons aborder avec cette nouvelle direction la nouvelle ‘feuille de route’ de la LFP qui sera intéressante pour le football et pour tout le sport français en général."

Enfin, s'il arrivait un scénario catastrophe où Mediapro venait à rompre son contrat, pensez-vous qu'une renégociation serait un moindre mal ?
CR :
"Pour le moment, on évolue encore dans un temps où l’on a du mal à se projeter. On verra à ce moment-là. Mais, c’est une question que doit se poser en premier lieu la LFP."

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