Ligue 1 : Le Conseil d'Etat rendra sa décision "lundi ou mardi"

Publié le , modifié le

Auteur·e : Andréa La Perna
Aulas Boy de La Tour
On ne s'embarrasse même plus de l'apparente cordialité. | AFP

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Lyon, Amiens et Toulouse ont été entendus pendant près de 3 heures ce jeudi par le Conseil d'Etat. Les trois clubs, s'estimant lésés par la décision d'arrêter la saison de football, ont pu mettre en avant leurs arguments. Un verdict est attendu "lundi ou mardi".

Alors que le tribunal administratif de Paris s'est déclaré incompétent pour statuer sur les demandes de Lyon, Amiens et Toulouse, les trois clubs ont été entendus ce jeudi par le Conseil d'Etat, représenté par le juge des référés Bertrand Dacosta. Ce deuxième recours judiciaire a pour objectif de faire revenir la LFP sur sa décision ou une partie de sa décision. L'OL demande une reprise de la saison 2019/20, quand les deux autres clubs veulent spécifiquement remettre en question leur relégation.

La LFP malmenée

Très actif comme prévu, Jean-Michel Aulas a vampirisé les discussions. Arrivé en grande trombe, masqué et déterminé, le président de l'OL n'a pas hésité à pointer du doigt le manque d'expérience du directeur général de la LFP Didier Quillot, "récent dans la fonction". D'après Aulas, "tout le monde aurait pu reprendre" le 8 juin, date prévue de reprise des entraînements à Lyon. "Nous sommes dans une situation invraisemblable, par rapport à la décision d'arrêter alors que nous pouvons redémarrer. Je suis consterné. On peut reprendre", a-t-il insisté, étant optimiste sur la possibilité de trouver un diffuseur pour la fin de saison. Selon Aulas, les dirigeants de Mediapro n'ont "pas de problème si la saison prochaine [venait à] démarrer plus tard".

Le TFC, représenté par ses seuls avocats, a pointé une décision illégale et demandé d'acter une saison blanche. De son côté, c'est Bernard Joannin en personne qui a défendu Amiens. "Les circonstances exceptionnelles peuvent justifier l'arrêt du championnat, nous ne le contestons pas. Mais les relégations ? En quoi la rétrogradation d'Amiens permet-elle de lutter contre la pandémie de Covid-19", analyse le club picard. Contrairement à l'OL, les deux clubs dont la relégation en Ligue 2 a été prononcé ne remettent pas en question l'arrêt de la saison mais seulement leur relégation hors du pré.

La question d'une Ligue 1 à 22 revient sur la table

Face aux revendications des trois clubs, la LFP estime qu'une décision rétroactive est impossible. L'instance, particulièrement critiquée pour avoir actée la fin de la saison, insiste : elle a agi en conformité avec la décision du Premier ministre. Pour ce qui est des modalités de classement, la LFP se défend : "En quoi la saison blanche est-elle plus respectueuse des règles du championnat ? Je trouve cela plus irrespectueux. Le quotient est la traduction du mérite sportif au moment où le championnat s'arrête". Interrogée par le juge du Conseil d'Etat à propos de la viabilité d'une Ligue 1 à 22 clubs, la LFP a évoqué un "calendrier intenable", un changement dans la répartition des droits tv et un risque accru de blessures.

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"Je souhaiterais avoir les bonnes dates auxquelles les championnats européens se terminent. Je souhaiterais disposer d'éléments expliquant l'impossibilité pratique d'organiser une compétition à 22 clubs", a conclu le juge. Ce dernier a demandé à disposer de ces éléments d'ici ce vendredi 18h. La clôture de l'instruction est prévue samedi à 13h et une décision sera rendue "lundi ou mardi prochain".

"Je ne vais pas me livrer au petit jeu des pronostics. Dans ce domaine là, ils sont souvent déjoués. On ne serait pas resté 3 heures au Conseil d'Etat si le recours était purement fantaisiste ou uniquement guidé par les intérêts du club", a réagi Gilles Le Chatelier, l'avocat de l'OL. De son côté, Didier Quillot insiste sur "l'unanimité des familles du football français" au moment de la décision de l'arrêt du championnat (votée à l'unanimité moins une voix, celle d'Amiens). Olivier Martin, l'avocat d'Amiens, justifie le bien-fondé du recours par la demande de pièces complémentaires exprimée par le juge.

Avec notre envoyé spécial Michel Goldstein.