Ligue 1 : Comment Paris a changé en trois jours face à Monaco

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
Kylian Mbappé et Neymar
Les deux buteurs parisiens, Kylian Mbappé et Neymar. | Valery HACHE / AFP

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Trois jours après avoir été secoués au Parc des Princes par Monaco, les Parisiens ont retrouvé cet adversaire, au stade Louis II, avec un autre état d'esprit. Un pressing plus fort, plus intense, partant des attaquants, les hommes de Thomas Tuchel ont mieux géré ce deuxième affrontement pour l'emporter (4-1). Pourtant, certaines largesses ont laissé planer le doute.

Le pressing, la plus grande différence

Comme toujours depuis le début de la saison, le rendement défensif du quatuor offensif du PSG est scruté, disséqué. Au Stade Louis II, Icardi, Mbappé, Neymar et Di Maria ont placé la barre très haute. De l'intensité, du harcèlement, des courses et de la combativité, les quatre hommes n'ont pas ménagé leur peine pour priver les Monégasques de relances tranquilles. Voir le N.10 parisien traverser le terrain dans sa largeur pour venir au soutien de Di Maria dans le pressing, c'est un signe fort. Dans leur sillage, c'est toute l'équipe parisienne qui s'est montré plus incisive, le bloc se situant bien plus haut. Du coup, le collectif de la Capitale a remporté pendant les 45 premières minutes près de 54% des duels, avec 8 tirs cadrés sur 11 tentés. Et cela change forcément beaucoup. Mais cela n'a pas tenu à ce rythme durant 90 minutes. Comme souvent.

Les largesses défensives toujours là

Moins de six minutes après le début de la rencontre, Thomas Tüchel explosait littéralement sur la touche. Une colère noire face à l'incapacité de son équipe à réduire les espaces. Avec deux actions qui auraient pu tout changer : un débordement de Henrichs sur le flanc droit pour servir Ben Yedder dont la tête était boxée par Navas (4e), avant que dans ce même couloir, surveillé avec une certaine largesse par Kurzawa, Gelson Martins ne prenne la poudre d'escampette pour frapper violemment... dans le petit filet extérieur du but parisien (6e). Deux énormes occasions qui rappelaient celles, nombreuses, concédées dimanche au Parc. Et sur une troisième action dans ce couloir, le Portugais, après un cafouillage, pouvait encore frapper, mais Navas réalisait une nouvelle parade (28e). 

En deuxième période, l'implication des Parisiens dans les tâches défensives s'est faite moindre. Conséquence directe : plus d'actions offensives pour l'ASM, moins pour le PSG. Et le but inscrit par Monaco en fin de match, sur une mauvaise sortie aérienne de Navas, avec de mauvais marquages au deuxième poteau sur un coup franc, montrent encore les faiblesses relatives du PSG, notamment au niveau de la rigueur. Malgré une base arrière pratiquement totalement changée (hormis Thiago Silva et Gueye), Paris n'a pas encore présenté une solidité défensive à toute épreuve.

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Mbappé et Neymar toujours intenables

Deux buts de Mbappé (en vitesse), un de Neymar sur penalty (le deuxième en trois jours contre Lecomte), le bilan comptable du duo parisien est déjà marquant. Si l'on ajoute quelques éclairs de génie, comme ce débordement du Français pour un centre de l'extérieur du pied droit pour le Brésilien auteur d'une Madjer extraordinairement repoussée par Lecomte (18e) juste après son coup franc qui avait flirté avec la barre (17e), le duel perdu par le N.7 face au portier monégasque (41e, 59e)... Les deux stars font d'énormes différences techniquement, comme physiquement.

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Icardi toujours discret

Deux matches sans marquer, c'est une première pour Mauro Icardi depuis qu'il est arrivé en Ligue 1. Au-delà de ce constat factuel, il y a aussi l'impression visuelle. Au Parc comme à Louis II, l'attaquant argentin a été totalement muselé par la défense adverse. Dire que depuis quelques temps, le duo Glik-Maripan monte en régime, notamment le capitaine monégasque qui a connu quelques montagnes russes depuis plusieurs mois, aide certainement à l'expliquer. Mais à l'heure où les envies d'ailleurs d'Edinson Cavani se reflètent de plus en plus dans la presse, ce relative anonymat dans des matches aussi relevés devrait interpeller.

Monaco, les espoirs d'une deuxième partie conquérante

Une défense retrouvée, un gardien de but performant, une attaque incisive autour d'un Gelson Martins créatif et rapide, Robert Moreno peut s'appuyer sur ces deux premiers tests pour construire sur du très solide pour la fin de la saison. Et même Wissam Ben Yedder, pourtant pas aussi bon qu'il y a trois jours, a encore trouvé le moyen de créer le danger dans la défense parisienne. Quant au milieu de terrain, si Cesc Fabregas pose question lors de matches où son équipe ne maîtrise pas le jeu et le ballon, il a su faire face, notamment en deuxième période, après avoir beaucoup subi la première.

Malgré un net recul au niveau de la fraîcheur, avec un onze reconduit dans son intégralité entre les deux rencontres, l'ASM a davantage peiné. Mais défier Paris à deux reprises en trois jours, cela n'est pas une sinécure pour un club français. Bref, Monaco ne devrait pas demeurer à la 9e place très longtemps si l'équipe maintient ce cap.