Caen
Pour sa cinquième saison consécutive en Ligue 1, Caen se montre sous un nouveau visage. | JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Ligue 1 : Après le grand ménage, l'heure est aux incertitudes à Caen

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Une quinzaine de joueurs partis, un staff remplacé, la nouvelle présidence du Stade Malherbe de Caen n’a pas fait les choses qu’à moitié. Les 18 années de règne de l’historique Jean-François Fortin (71 ans) appartiennent bel et bien au passé. La direction caennaise aborde un nouveau cycle alors même que le club était au cœur de son projet «Malherbe 2020». De quoi nourrir des inquiétudes du côté de d’Ornano.

"Il n’y en a qu’un, Jean François Fortin, il nous vient du Cotentin, il fait du beurre salé, de la crème et du lait… à d’Ornano c’est le parrain." Voici les derniers mots du public caennais adressés à leur ex patron Jean-François Fortin (2002-2018), le 19 mai dernier. Ce soir-là, Caen se maintient une nouvelle fois dans les dernières secondes du championnat face au PSG (0-0), concluant une quatrième saison passée dans l’élite, condition sine qua non du projet "Malherbe 2020".

En plus d’une présence en Ligue 1, le renouvellement des infrastructures ainsi que la pérennité du budget devait amener Caen aux portes de l’Europe pour 2020, toujours selon ce projet. Malgré deux maintiens assurés assez miraculeusement, le club normand était dans les clous : de jeunes joueurs pour construire (Djiku, Mbengue, Guilbert, Peeters), jusqu’à 13 millions d’euros de fonds propres ainsi qu’une structure sportive flambant neuve. Mais les tensions internes auront eu raison des deux protagonistes du plan : Jean-François Fortin et son fidèle directeur général Xavier Gravelaine.

Sergent-chef

En février 2018, les rumeurs d’un putsch naissent au sein d’un club caractérisé par sa tranquillité. Un trio d’actionnaires historiques agacé par l’opacité régnant autour du duo Fortin-Gravelaine. Après un jeu de communication permanent entre les deux camps, la sentence tombe le 17 mai : Jean François Fortin est remplacé par Gilles Sergent. A 58 ans, le président du MEDEF Normandie remporte donc son combat et entame sans attendre une purge au sein du club, souvent nécessaire pour amorcer un nouveau cycle.

Exit Jean-François Fortin, Xavier Gravelaine mais aussi Patrice Garande, coach des Bleus et Rouges depuis 2012. S’il est boudé par une partie des supporters, il fait partie des plus grands entraîneurs de Caen en terme de résultats, avec une montée, quatre maintiens et une demi-finale de Coupe de France. Exit également le directeur du centre de formation Francis De Taddeo – désormais à Montpellier - dont la réussite avait suscité nombre de convoitises, comme celle d’Arsenal à l’hiver. Même sort pour le reste du staff, hormis un préparateur physique et le responsable du recrutement Alain Cavéglia.

Le mercato et les premiers doutes

C’est sur ce seul domaine que la nouvelle direction peut être actuellement jugée. Rayon départs, la lessiveuse s'est mise en marche. Si Rémy Vercoutre a pris sa retraite de son plein gré, d’autres cadres du club n’ont pas eu le luxe de choisir. Julien Féret a reconnu ne pas avoir eu la moindre nouvelle du club en fin de saison (2014-2018), tout comme Vincent Bessat (2015-2018) qui aurait apprécié un simple « au revoir merci ». La perte du goleador maison Ivan Santini, du patron de la défense Damien Da Silva et du très précieux Youssef Ait Bennasser obligent Malherbe à réaliser un mercato digne de ce nom, à commencer par le remplacement de Patrice Garande.

Après avoir tenté Philippe Montanier et Hubert Fournier, Gilles Sergent a trouvé en Fabien Mercadal l’homme idéal. Alors qu’il expliquait chercher un entraîneur expérimenté, parlant anglais, le président a désigné un coach prometteur de 46 ans, novice en Ligue 1. Fort de sa belle saison avec le Paris FC, le natif de Manosque arrive avec son attaquant au PFC Malik Tchokounté.

Pour l’heure Caen compte sept nouvelles recrues, sans compter la signature automatique d’Enzo Crivelli. Les retours à la maison de Fayçal Fajr et Prince Oniangue ainsi que le pari Casimir Ninga s’avèrent intéressants. En revanche, les deux millions dépensés pour faire signer Yacine Bammou laisse une bonne partie des supporters sceptique. Le transfert avorté de Matt Miazga (parti à Nantes alors qu’il avait donné son accord à Caen) ainsi que les intérêts provoqués par Ronny Rodelin (Guingamp) et Frédéric Guilbert (Leipzig, Brighton) ont de quoi inquiéter les Normands.

Avec ces chamboulements à tous les étages, la fin du mercato sera capital si Malherbe veut (enfin) passer une saison paisible en Ligue 1. Fabien Mercadal entrera par la grande porte, puisqu'il connaîtra son premier match de Ligue 1 au Parc des Princes, dimanche 12 août (21 heures), face au champion de France.  

Benjamin Badache @Ben_Badache