Ligue 1 : Bordeaux-Marseille, classique en péril

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Auteur·e : Théo Gicquel
Hatem Ben Arfa et les Bordelais reçoivent l'Olympique de Marseille dimanche soir.
Hatem Ben Arfa et les Bordelais reçoivent l'Olympique de Marseille dimanche 14 février. | CHRISTOPHE SIMON / AFP

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Bordeaux reçoit Marseille pour clôturer la 25e journée de Ligue 1, dimanche 14 février. Comptant parmi les quelques affiches historiques du championnat, ce choc a, ces dernières années, perdu de sa superbe et l’année 2021 n’échappe pas à la règle. Au Matmut Atlantique, le dixième du championnat va recevoir celui qui le devance, privé de plusieurs cadres.

Une semaine après sa défaite lors du choc le plus célèbre du championnat de France, le Classique PSG-OM (2-0), Marseille s’apprête, dimanche 14 février, à défier un autre historique de Ligue 1 : Bordeaux. Sur le papier, l’affiche fait lever les sourcils de ceux qui balayent le programme TV dominical : la rencontre entre deux mastodontes du football français (15 titres de champion cumulés), les deux successeurs de l’hégémonie lyonnaise des années 2000.

Un choc mythique du championnat

Cet affrontement remonte à plusieurs décennies mais ce sont les années 1980 qui lui ont donné ses premières lettres de noblesse, lorsque Bernard Tapie est venu secouer l'édifice olympien en 1984, bousculant l'hégémonie girondine mise en place par Claude Bez sur le championnat. Une inimitié publique entre les deux présidents à cette époque : à la question de savoir ce qu'il pense de Marseille, le président bordelais assénait à l'époque : "Grande équipe… dommage qu'elle ait un tel président".

Les premiers jalons d'une rivalité sont posés. Elle va se poursuivre dans les années 1990, reculant lors de la mainmise lyonnaise du début des années 2000. Elle ressurgit furtivement les quelques années ayant précédé la domination presque sans partage du Paris Saint-Germain. Depuis, le retour dans le rang des Girondins, leurs difficultés administratives récentes et la situation de crise actuelle à Marseille ont fait perdre l'éclat de ce duel autrefois bouillant et attendu avec impatience.

Le mano a mano au sommet de la Ligue 1 version 2008-2009, où Bordeaux avait arraché le titre aux Olympiens pour trois petits points, semble bien loin de l’affiche d'aujourd'hui. Dixième au classement, Bordeaux reçoit un OM au bord du naufrage. Inoffensif face à Paris, la direction est honnie par certains supporters et le plan de jeu difficile à lire. Si ce classique (sans majuscule) du championnat n'atteint plus les sommets, il subsiste un intérêt, devenu serpent de mer, lorsque ce match approche. 

Une malédiction à briser

Quel OM fera tomber le record que personne ne pense voir tomber ? Voilà 43 ans et demi que les Phocéens ne se sont pas imposés en Gironde. Depuis un succès 2-1, le 1er octobre 1977, marqué, pour les plus anciens, par la grave blessure de l'attaquant bordelais Daniel Jeandupeux, dont la carrière ne se remettra jamais vraiment. Plus qu’une éternité. "C'est incroyable de ne pas gagner depuis 44 ans [sic]. J'espère que ça sera possible, ça serait génial", a déclaré Dario Benedetto en conférence de presse. Christian Montès, l'entraîneur des Girondins lors de ce match, constate lui aussi la durée hors-norme de cette invincibilité : "C'est un rendez-vous particulier. Mais là, ça devient extraordinaire depuis le temps que ça dure. Maintenant, c'est un challenge à chaque fois".

Un côté mystique que préfère ramener sur terre Nasser Larguet, le coach intérimaire de l'OM après le départ d’André Villas-Boas. "Je fais abstraction des 43 ans, je n'y pense pas. On est toujours dans le dur. On a goûté à la victoire mais maintenant on a besoin d'une victoire construite. A Auxerre, ça n'a pas été exceptionnel", a tempéré le technicien franco-marocain.

Crise d'identité, prestige en berne

Vainqueur mercredi 10 février des Auxerrois en Coupe de France (2-0) mais incapable de s’imposer en Ligue 1 depuis le 6 janvier, l’OM ne fait plus frémir les adversaires cette saison. Forcément, l’attrait de l’affiche en prend un coup, alors que les deux équipes se cherchent une identité de jeu.

Bordeaux ne va pas beaucoup mieux : quatre défaites de suite donc une cuisante mercredi face à Toulouse, en 32e de finale de la Coupe de France (0-2). "Je voulais voir où en était le groupe et cela fait deux matches que je vois un manque de tout. Je n'ai rien vu, a déploré l’entraîneur des Girondins, Jean-Louis Gasset. Quelques jeunes joueurs ont vu la marche un peu haute mais quand on n'a pas d'agressivité, pas de gnaque, on ne peut pas gagner un match", a constaté le technicien, qui avait amené Bordeaux au sommet du championnat dans l’ombre de Laurent Blanc à la fin des années 2000 (2007-2010).

A l’heure où deux géants de Ligue 1 sont sur les rotules (Saint-Etienne et Nantes), où un ancien historique retrouve son éclat perdu (Lens), Marseille et Bordeaux végètent pour l’instant dans un ventre mou indigne de leur statut en Ligue 1. Le dernier affrontement, il y a presque un an jour pour jour, avait accouché d’un ennuyant 0-0. Sans Alvaro Gonzalez, Arkadiusz Milik, Duje Caleta-Car (blessés), Dimitri Payet (suspendu) et Hiroki Sakai (malade), l’OM sera privé de plusieurs titulaires. Mais entre deux historiques du championnat, l’étincelle n’est jamais loin. Et une victoire, même courte, suffirait aux Phocéens à se débarrasser d’un caillou qui traîne depuis plus de 43 ans dans la chaussure.

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