Ligue 1 : Battu sèchement à Paris, Rennes de retour sur terre

Publié le , modifié le

Auteur·e : Adrien Hemard
Julien Stéphan

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Habituelle bête noire du PSG, le Stade Rennais a été balayé sur la pelouse du Parc des Princes samedi lors de la 10e journée de Ligue 1 par une équipe parisienne pourtant amoindrie. Après un mois avec des matches tous les trois jours, les Bretons accusent le coup depuis leur entrée en lice en Ligue des champions. Heureusement, la trêve internationale arrive à point nommé pour les Rennais.

Cinq points sur les cinq derniers matches de Ligue 1 : voilà ce qu'a engrangé le Stade Rennais en championnat depuis le 26 septembre dernier, date de sa victoire à Saint-Etienne (0-3). Depuis, les Bretons ont enchaîné deux matches nuls contre Reims et Dijon, avant de perdre face à Angers et contre Paris donc, entrecoupé d'une victoire poussive contre Brest le week-end dernier. Une mauvaise passe en Ligue 1 qui s'explique aussi par celle traversée en Europe, pour les grands débuts du club en Ligue des champions, avec un match nul contre Krasnodar, suivi de deux défaites contre Séville et Chelsea. A l'heure de la trêve internationale, la perte du goût de la victoire plane bien sur le Stade Rennais.

Une C1 énergivore

Avec ce rythme de quasi-relégable, le Stade Rennais pourrait même chuter du podium en cas de victoire niçoise dimanche contre Monaco, en attendant le match en retard de l'OM contre Lens. Evidemment, les explications à ce sérieux coup d'arrêt sont multiples, notamment du côté des blessures. Ainsi, contre Paris, les Bretons étaient toujours privés de Faitout Maoussa et Eduardo Camavinga, deux pièces maîtresses de leur système. Ajoutez à cela des recrues pas encore au niveau, entre Serhou Guirassy qui accuse le coup après son bon début de championnat, et le jeune belge Jérémy Doku qui, malgré les promesses affichées, ne comble pas encore le vide laissé par Raphinha. "J'espère que Faitout sera opérationnel après la trêve. La remise en forme se passe bien, voire très bien. Plus la concurrence sera saine et importante, plus cela obligera chacun à élever son niveau de jeu", a d'ailleurs reconnu Julien Stéphan avant le déplacement à Paris.

Car depuis quelques semaines, les choix du coach rennais sont davantage dictés par les blessures que par sa propre volonté. En plus de cela, les Rennais paient aussi des faits de jeu souvent contraires, notamment lors du match à Chelsea mercredi en Ligue des champions. Mais la principale cause du coup de frein rennais, c'est bien cette campagne européenne. En effet, le coup de moins bien des Bretons correspond avec cette entrée en matière en C1, dévoreuse en terme d'énergie physique et de fraîcheur mentale. Une excuse que refuse toutefois d'avancer Julien Stéphan : "J'ai toujours considéré que c'est une chance d'enchaîner autant de matches dans cette période. D'abord parce qu'on s'est battu pour cela, on a fait énormément d'efforts pour vivre cela. Et donc on ne va pas se plaindre d'avoir des matches tous les trois jours".

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Pourtant, cet enchaînement a d'indéniables conséquences sur les résultats des Rouge et Noir. Mais le coach rennais n'est pas dupe pour autant : "Oui, le football, le sport de haut-niveau, enchaîner tous les trois jours, bien sûr que c'est dur. Mais c'est avant tout une chance", insiste-t-il : "Dans le contexte actuel en plus, avec des gens qui sont obligés de rester chez eux, qui ne peuvent pas travailler, nous, on travaille, on a ce plaisir et cette chance". Par ailleurs, cette situation, Stéphan et ses hommes l'ont déjà connue en 2018-19 lors de leur campagne en Europa League. Un vécu qui pourrait aider les Bretons à sortir de cette mauvaise passe : "Il y a encore une différence en termes d'intensité entre la Ligue des champions et la Ligue Europa. Ça va plus vite, ça enchaîne plus vite, il faut faire des courses à plus haute intensité et les répéter davantage. Le niveau est encore plus élevé. Evidemment, il faut qu'on fasse attention. Les joueurs s'entraînent bien et ont fait une bonne préparation."

Julian Stéphan et ses choix contraints

Du côté des joueurs, le discours semble entendu. En témoigne James Lea-Siliki, qui disait avant le match contre le PSG : "On sait aussi que si on lâche et qu’on n’est pas rigoureux, ça peut aller vite". Lucide, c'est pourtant bien ce même James Lea-Siliki qui a été à la faute sur l'ouverture du score parisienne, preuve que si les intentions sont là, la fatigue des rennais prend quand même le dessus. Obligé de faire tourner, et privé de certains joueurs, Julien Stéphan tâtonne depuis plusieurs rencontres et cela se ressent aussi dans les automatismes, notamment offensifs. Ainsi, aux côtés de l'avant-centre Guirassy, les deux autres meilleurs buteurs rennais sont les deux défenseurs centraux Aguerd et Da Silva. Pas franchement un signe de vitalité offensive, alors que Mbaye Niang est sur le retour après son faux départ à Saint-Etienne.

Avec deux défaites en une semaine, 6 buts encaissés, 0 inscrit, et 5 points pris lors des 5 dernières journées de Ligue 1, le Stade rennais marque donc un vrai coup d'arrêt. Mais il ne faut pas oublier qu'en cas de victoire à Paris, les Bretons auraient repris la tête du championnat. Car si Rennes cale depuis début octobre, le club capitalise encore sur son excellent début de saison (13 points pris sur 15 possibles, ndlr). Et à l'heure où il marque un temps d'arrêt, le Stade Rennais est toujours bien placé dans le peloton de tête. On est donc loin d'une situation de crise pour les Rouge et Noir, qui devront toutefois repartir de l'avant après la trêve internationale. Cela passera par la réception de Bordeaux en Ligue 1, puis de Chelsea en C1.