Ligue 1 : Arbitres plus sévères, joueurs plus motivés, absence de public, la L1 établit un record au XXIe siècle avec 20 cartons rouges en 28 matchs

Publié le , modifié le

Auteur·e : Hortense Leblanc
Carton rouge Laywin Kurzawa lors de PSG-OM
Un quart des vingt cartons rouges ont été distribués lors de PSG-OM | FRANCK FIFE / AFP

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Après trois journées de championnat et vingt-huit matchs disputés, les arbitres de Ligue 1 ont déjà distribué vingt cartons rouges. C’est un record au XXIe siècle, à égalité avec la saison 2002-2003. Explications avec Frédéric Arnault, ancien arbitre international, sur les possibles causes de cette pluie de cartons.

Si le très houleux PSG-Olympique de Marseille concentre à lui seul un quart des cartons rouges distribués depuis le début de la saison, ce début de championnat n’en demeure pas moins exceptionnel en termes d’expulsions.

Selon Frédéric Arnault, ancien arbitre international, il est possible que les arbitres aient reçu des consignes de fermeté de la Direction Technique de l’Arbitrage (DTA): "La DTA peut leur avoir demandé de resserrer les boulons, d’être plus sévères". Retraité du sifflet depuis 2006, il officiait lors de la saison 2002-2003, présentant le même record de cartons rouges que la saison actuelle: "J’ai vécu des périodes où l’on se faisait remonter les bretelles lors des stages d’avant-saison, ce qui faisait flamber les chiffres lors des premiers matchs", témoigne-t-il.

 Autre explication possible selon Frédéric Arnault: le manque d’expérience des arbitres de Ligue 1, "qui arrivent de plus en plus jeunes dans l’élite, car les carrières sont courtes, et ils manquent d’expérience dans les échelons inférieurs. Les joueurs osent peut-être davantage les défier qu’il y a quelques années." Pour autant, il ne cautionne pas les critiques du directeur sportif parisien, Leonardo, quant à l’âge et au manque d’expérience de Jerôme Brisard, au sifflet lors de PSG-OM: "C’est un arbitre qui est en Ligue 1 depuis quatre ans, on ne peut pas lui reprocher d’être inexpérimenté."

Un contexte "Covid" qui favorise les cartons

Après six mois passés éloignés des terrains, les footballeurs de Ligue 1 étaient impatients de reprendre le championnat. "Il y a certainement un peu d’euphorie de la part des joueurs, qui évacuent leur frustration, et qui veulent à tout prix gagner ou garder leur place dans le onze titulaire", observe Frédéric Arnault.

Mais selon l’ancien arbitre, l’un des facteurs les plus probants qui pourrait expliquer la pluie de cartons rouges est l’absence de spectateurs: "Les ambiances dans les stades ne sont pas les mêmes. Sans les spectateurs, les joueurs et les arbitres entendent beaucoup plus les invectives, ce qui peut jouer sur leurs nerfs et les pousser à réagir, en se bagarrant pour les joueurs, ou en sanctionnant pour les arbitres." Frédéric Arnault a lui-même arbitré des matchs à huis clos et raconte: "C’est déroutant, on perd des repères, tandis que quand les stades sont pleins, la foule peut influencer la façon de tenir le match."

Après trois journées, seules six équipes n’ont pas écopé de cartons rouges: Saint-Etienne, Metz, Nîmes, Strasbourg, Lorient et Nice. Avec 20 cartons rouges, la saison 2020-2021 présente, à l’heure actuelle, une moyenne de 0,71 expulsion par match, bien plus que la saison passée (0,25). Mais Frédéric Arnault est convaincu que ce chiffre va se lisser: "Seulement vingt-huit matchs ont été disputés, il y a eu cinq cartons rouges lors de PSG-OM, ce n’est pas révélateur. Je pense que cela va rentrer dans l’ordre avec l’avancement dans la saison."

Hortense Leblanc hortense_lblnc