L1 St-Etienne joie 092010
La joie des Stéphanois | AFP - Philippe Merle

Les Verts refleurissent, Marseille se relève

Publié le , modifié le

La roue est peut-être en train de tourner ! Ce sont les outsiders qui font la course en tête de la L1 après 6 journées. St-Etienne, qui a dominé Montpellier (3-0) est désormais en tête du championnat, à égalité de points avec Toulouse, qui a signé un bon nul à Monaco (0-0). Caen, vainqueur à Lorient (1-0), est désormais 4e devant Sochaux, qui a atomisé Nice (4-0). Enfin, Marseille remonte dans la première partie de tableau en s'imposant à Arles-Avignon 3-0.

Le fait marquant
Les Verts leaders du championnat, même les plus fervents supportersstéphanois n'y pensaient plus. Certes, cela ne sera peut-être que feude paille et cette première place est pour le moins fragile etéphémère. Mais elle mérite d'être soulignée. Car le club le plus titréde France (10 titres de champion) dont le dernier remonte à 1981,invaincu depuis cinq matches, et qui devance Toulouse à la différence de buts, n'avait plus occupé la 1re place depuis près de 29 ans.Exactement le 20 février 1982. après un succès -c'est aussi symbolique-chez son meilleur ennemi lyonnais. C'était après un derby gagné lors de la 27e journée, à Gerland (0-1) sur un but de Jean Louis Zanon. Bien longtemps après, c'était peut-être, ce soir, pour leclub qui a l'histoire la plus forte ancrée dans l'inconscient dessupporters français,  d'honorer la mémoire de la veuve de  RogerRocher, l'ancien président emblématique du club dans son époqueglorieuse des années 60 et 70, décédée cette semaine. Avec trois buts au compteur, dont deux de l'intenable Dimitri Payet (notamment unsuperbe coup franc digne de l'époque "platinienne"), les Verts semblentavoir retrouvé l'envie de jouer. Et si c'était leur année ?

Le joueur
Dimitri Payet a-t-il enfin franchi un palier ? Celui dont tous les entraîneurs respectifs louaient les qualités techniques, mais dont ils disaient qu'il avait du mal à concrétiser a-t-il enfin trouver ses marques ? Depuis le Havre où il était arrivé à 15 ans, pour n'y rester qu'un an, en passant par le centre de formation de Nantes, où il a vraiment appris son métier, jusqu'à Saint-Etienne, le Réunionnais n'a cessé de progresser. Pris dans la nasse d'une situation morose il avait pourtant été très discret la saison dernière, au point d'avoir des velléités de départ. Finalement il est resté à Saint-Etienne, désireux de participer au nouveau projet vert, dans une équipe dont il est, à 23 ans, une pièce maîtresse. Après un triplé lors de la 4e journée devant Lens, il a encore marqué deux fois devant Montpellier (le 3e but étant l'oeuvre de Rivière) ce qui le place en tête du classement des buteurs avec six réalisations. Encore inattendu en août dernier.

Le match du jour
Le Lion de Peugeot en avait-il assez de ne plus rugir aux côtés de son équipe de Sochaux qui lors des dernières saison regardait plutôt vers le bas ? Toujours est-il que les Doubistes semblent avoir retrouvé de la fraîcheur, de l'enthousiasme, portés par un groupes de jeunes qui ne redoutent rien et qui compensent leurs erreurs par une envie de bien faire.  Avec 12 buts inscrits, Sochaux  est désormais la meilleure attaque du  championnat. Et le match  samedi à Bonal a été magnifique ! Ce fut un grand spectacle où les étonnants "gamins" de Francis  Gillot ont renversé Nice (4-0). L'effectif sochalien est le plus jeune du  championnat, et ça marche. Au bout d'une belle action collective, Maïga (23 ans) a servi Ideye (21 ans)  pour l'ouverture du score. En deuxième période, Boudebouz (20 ans) a inscrit  d'une sublime volée du gauche ce qui restera à coup sûr comme l'un des plus  beaux buts de la saison. Marvin Martin (22 ans) s'est de son côté fendu d'un lob  d'une vingtaine de mètres pour le troisième but, avant un quatrième bijou signé Maïga. Sochaux donne du plaisir et si les résultats sont au bout, ce n'est pas si mal.

La confirmation
Caen  a confirmé les bonnes dispositions  affichées depuis le début de saison en décrochant samedi à Lorient une victoire  solide (1-0) qui les place au pied du podium. Le promu du Calvados a des allures de terreur, au moins à l'extérieur. Les  joueurs de Franck Dumas, qui ont disputé quatre de leurs six premiers matches loin de leurs bases, y affichent une réussite insolente avec deux victoires (à  Marseille et Lorient) et deux nuls (Montpellier et Auxerre). Comme ils ont en outre réussi la performance de terrasser Lyon à domicile,  les voici qui pointent samedi soir à la 4e place du classement de L1 avec 11  pts, à deux longueurs seulement du leader Saint-Etienne.Ce n'est sans doute pas un hasard si, samedi, le succès normand a coïncidé  avec une nouvelle réalisation d'El-Arabi, son 4e but de l'année. C'est déjà lui  qui avait montré la voie lors des deux premières journées contre l'OM puis  l'OL.Sa vitesse balle au pied et sa technique en mouvement ont été le principal  argument offensif des Caennais par ailleurs appliqués en défense. Les points pris ne sont plus à prendre pour le Stade Malherbe dont le maintien reste l'objectif.
 

La phrase du jour
L'entraîneur de Lens Jean-Guy  Wallemme a réclamé une uniformité de l'arbitrage et a critiqué l'attitude du  quatrième arbitre et du délégué, à l'issue du derby contre Valenciennes (1-1). "On aimerait bien une certaine uniformité mais il y a encore une fois deux  poids deux mesures", a dit Wallemme qui n'a "pas voulu incriminer Monsieur Malige ou faire des comparaisons" avec Tony Chapron, directeur du jeu  du derby contre Lille et qui avait expulsé deux lensois. "A chaque fois, on est sanctionné. Même si c'est un derby, j'ai vu quelques tacles appuyés en face et ça n'a pas toujours été sanctionné. On aimerait qu'ils  respectent les entraîneurs. Nous on joue notre tête à chaque match, surtout  quand on est dans cette situation là", a affirmé Wallemme. Ce dernier a ensuite critiqué le quatrième arbitre (Mikaël Lesage) ainsi que le délégué (Dominique Federico). "J'ai vu quelques sourires, quelques regards un  peu hautains de la part du délégué, du quatrième arbitre. S'ils veulent qu'on les respecte, qu'ils respectent aussi les entraîneurs", a-t-il dit.

Le chiffre
Le Six. C'est en effet la sixième défaite du promu Arles-Avignon en six journées. Face à Marseille, qui n'en menait pas large également avant cette rencontre, Arles a encore bu la tasse 3-0. Après le limogeage cette semaine de l'entraîneur Michel Estevan, avec 13 buts encaissés, le club du Sud, qui avait réalisé un gros recrutement cet été (une quinzaine de trasnferts), s'enfonce dans la crise. En revanche, on respire du côté Marseille, qui signe sa deuxième victoire de la saison avec deux défaites et deux matchs nuls.

Le visiteur du soir
Le sélectionneur national est revenu à Geoffroy-Guichard. L'ancien défenseur de Saint-Etienne et de l'équipe de France, venu assister à la rencontre opposant les Verts à Montpellier n'était pas en terrain inconnu. Il a assisté à une rencontre de belle facture et a sûrement remarqué quelques joueurs susceptibles de l'intéresser dans la reconstruction de l'équipe de France. Laurent Blanc était sans doute venu superviser Blaise Matuidi et peut-être un Montpelliérain...Il aura surtout vu la défense stéphanoise à l'oeuvre et un Dimitri Payet des grands jours.

CG