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Les supporters, les transferts, les affaires, les dossiers noirs de l'OM

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Les débordements des supporters lors de la rencontre OM-OL sont venus rappeler que l’Olympique de Marseille n’était pas un club comme les autres. Un club où la passion est telle, qu’elle engendre parfois des folies. De l’affaire OM-VA aux home-jacking ou car-jacking dont ont été victimes les joueurs, en passant par l’imbroglio Jack Kachkar et les fraudes sur les transferts, retour sur ces affaires qui ont secoué le club phocéen.

L’affaire OM-VA

L'ancien joueur de Valenciennes Jacques Glassmann
L'ancien joueur de Valenciennes Jacques Glassmann

C’est la plus fameuse affaire de corruption du foot français. L’OM, alors présidé par Bernard Tapie, s’apprête à remporter un cinquième titre de champion de France d’affilée. Ce match contre Valenciennes se situe une semaine avant la grande finale de la Ligue des champions contre le Milan AC. Est-ce la proximité de ce grand rendez-vous, la peur de tout perdre qui a poussé l’OM à "acheter" le match ? Quoiqu’il en soit, le 22 mai 1993, deux jours après la rencontre de D1, Jacques Glassmann, joueur valenciennois, révèle que le Marseillais Jean-Jacques Eydelie, un ancien coéquipier, l’a contacté par téléphone pour lui demander de lever le pied. Une somme d’argent (200000 francs) aurait été promise à Glassmann, ainsi qu’à Jorge Burruchaga et Christophe Robert. La conscience de Glassmann, les révélations de Robert et les 250000 francs trouvés dans le jardin de sa tante, ainsi que les aveux plus tard d’Eydelie vont mettre à jour la tentative de corruption. Les principaux acteurs de l’affaire ont été condamnés lors du verdict du procès le 15 mai 1995 : Bernard Tapie, président de l’OM, Jean-Pierre Bernès, directeur général de l’OM, Jean-Jacques Eydelie, Christophe Robert, Jorge Burruchaga et Marie-Christophe Robert, la femme du joueur.

Le home ou le car-jacking, un sport marseillais

La liste des victimes est longue : André-Pierre Gignac, Djibril Cissé, Mamadou Niang, Fabrice Abriel, Stéphane M’Bia, André et Jordan Ayew, Mario Lemina, Lucho Gonzalez ou encore Vitorino Hilton. Tous ces ex-joueurs de l’OM ont été victimes un jour de home-jacking. Mais c’est le défenseur brésilien qui a été le plus marqué par ce douloureux épisode. Il était en famille en ce mois de juillet 2011 lorsque six hommes cagoulés sont entrés dans sa maison pour dérober argent liquide, sacs à main, bijoux… Le joueur, aujourd’hui à Montpellier, a été frappé au visage. Cette agression a été celle de trop alors qu’il avait déjà été victime d’un cambriolage en janvier 2010.  "J’ai vu les dirigeants du club, ils vont faire quelque chose dès maintenant, en mettant quelqu’un devant chez moi, parce que je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Concernant mon avenir à l’OM, je ne sais pas ce que je vais faire. Je vais réfléchir. Mes enfants me demandent de rentrer au pays", avait déclaré le joueur sur RMC après le drame. Lui, comme Lucho Gonzalez et tous les autres joueurs de cette liste, ont fini par partir d’un club où les "supporters" - l’un des fautifs se disaient "fan de l’OM" - faisaient planer un voile d’insécurité. Les coupables ont tous été condamnés.

L'épisode Jack Kachkar

L'homme d'affaires canadien Jack Kachkar
L'homme d'affaires canadien Jack Kachkar

En 2007, Robert Louis-Dreyfus (RLD), propriétaire de l’OM, cherche à vendre. Vient aux nouvelles, un homme d’affaire canadien né en Syrie répondant au nom de Jack Kachkar. L’homme est aussi mystérieux que l’origine de sa richesse, mais son offre allèche RLD. Kachkar se dit prêt à mettre 115 millions d’euros sur la table pour racheter le club phocéen. La signature de l’acte de vente est officialisé le 26 février. Kachkar, qui est déjà venu à la Commanderie, a posé avec les joueurs, demande alors un premier délai. Accordé par RLD. Il a jusqu’à fin mars pour réunir les 115 millions d’euros et confirmer qu’il injectera 20 millions par an dans le club. Le 22 mars, RLD met fin aux négociations. L’enquête qui s’ouvre mettra à jour la supercherie de ce soi-disant homme d'affaires et aboutira, quatre ans plus tard, à la condamnation de Jack Kachkar pour escroquerie à 10 mois de prison avec sursis, 50000 euros d’amende et 500000 euros de dommages et intérêts.

La mort d’Adrien Anigo, fils de José

Au mois de septembre 2013, le fils de José Anigo, Adrien, est retrouvé mort dans le 13e arrondissement de Marseille. L’enquête se dirige très vite vers un réglement de comptes dans le milieu de la pègre marseillaise. L’homme de 30 ans, tué par balles, avait déjà été mis en examen pour braquages de bijouteries et était connu comme membre du gang des "braqueurs à la masse". Dévasté par la perte de son fils, José Anigo a pris du recul alors qu’il est encore directeur sportif du club. Menacé de mort – un tag "Pk Adri et pas José ? Anigo Mafia" avait été retrouvé sur les murs de la Commanderie –, José Anigo a finalement quitté son poste de directeur sportif en mai 2014 pour devenir recruteur sur le continent africain. Sa tentative d’entraîner l’Espérance de Tunis aura tourné court puisqu’il démissionne le 22 août dernier, deux mois après sa prise de fonction.

Les transferts nébuleux

L'ancien président de l'OM, Jean-Claude Dassier
L'ancien président de l'OM, Jean-Claude Dassier

Le tableau ne serait pas complet sans un point sur les transferts. La semaine dernière, Jean-Claude Dassier, l’ancien président de l’OM (2009-2011), a été mis en examen pour abus de biens sociaux dans le cadre d’une enquête sur les transferts de l’Olympique de Marseille. C’est la continuité d’une affaire qui a éclaté en juillet 2011 quand avait été ouverte, par le juge marseillais Christophe Perruaux, une information judiciaire pour "extorsion de fonds, blanchiment et association de malfaiteurs". Les enquêteurs soupçonnaient des versements frauduleux de commissions et rétro-commissions dans le cadre de certains transferts (Giganc, Diawara, Ben Arfa…). En novembre 2014 déjà, Jean-Claude Dassier, Pape Diouf, un autre ancien président de l’OM, et Vincent Labrune, l’actuel, avaient été placés en garde à vue et entendus à Paris. En janvier dernier, José Anigo, les agents Christophe Hutteau et Karim Aklil, ou encore Patrick Blondeau, avaient aussi été placés en garde à vue. Tous avaient été remis en liberté. Jean-Claude Dassier est donc le premier à être mis en examen dans ce dossier, alors que l’enquête a été réorientée vers un dossier d’abus de bien sociaux.