Zlatan Ibrahimovic
Zlatan Ibrahimovic et le PSG, symboles de la domination des gros clubs, | PASCAL POCHARD CASABIANCA / AFP

Les "gros" tirent le wagon

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Depuis plusieurs saisons maintenant des spécialistes de l'économie du football annonçaient l'avènement prochain des gros clubs issus des grandes métropoles, pour tirer la L1 et se partager les titres. Nous y sommes presque. Après la 9e journée, les locomotives sont en place. Paris, Marseille, Lyon et leurs moyens supérieurs se sont installés en 1re classe. Derrière, les autres formations vont devoir tenter de s'accrocher.

Revoilà le PLM. La grande ligne principale entre les villes phares de l'hexagone dessert cette fois-ci les nouvelles capitales économiques et sportives du ballon rond. Le temps du football des cités  industrielles (Saint-Etienne, Sochaux, Reims, Auxerre et Lens), comme celui des villes importantes, certes, mais pas assez structurées pour travailler à long terme (Bordeaux, Nantes ) semble révolu. Les belles empoignades d'antan entre des équipes à petits budgets, considérées comme des seconds couteaux mais qui venaient pourtant se mêler à la lutte -et Montpellier en fut un bel exemple la saison dernière - semblent avoir vécu. Aujourd'hui, les grosses machines rugissent enfin. Après des années à avoir été remis sur les rails, en suivant plus ou moins le parcours, et avec plus ou moins de succès, le PSG, l'OM et l'OL, bien alimentés par des budgets plus que conséquents, s'affirment comme les véritables leaders.

Le même tiercé partout

Le classement officiel des trois villes les plus importantes de France (Paris, Marseille, Lyon) coïncide exactement avec celui de la L1. Et il est quasiment le même que celui des budgets pour la saison en cours: le PSG premier avec 300 millions d'euros, devant Lyon (145 millions) et Marseille (110 millions seulement si l'on peut dire). Notons aussi que Toulouse, 4e ville de France, est quatrième au classement; mais c'est l'exception qui confirme la règle, son budget n'est que de 40 millions.

On le voit, la limite est énorme entre les grosses cylindrées, qui se sont constituées des effectifs quantitativement et qualitativement performants, et les formations moyennes qui font ce qu'elles peuvent. Car on le sait, parfois l'envie collective peut prendre le pas sur les étoiles qui ne brillent pas toujours forcément ensemble. Et il peut y avoir nombre de paramètres (lassitude physique, blessures, ambiance délétère) chez les plus costauds qui ont parfois aussi leur tendon d'Achille. Heureusement donc, il y a toujours quelques belles surprises pour donner encore un peu de piment à la compétition. On l'a vu dimanche encore avec la lanterne rouge Troyes (dernier budget de L1 avec 19 millions) qui a fait chuter l'OM, ou bien samedi avec Valenciennes (13e budget, 30 millions) qui, en atomisant Lorient, est resté invaincu sur sa pelouse et surtout s'est installé à la 5e place du classement. 

Le plus dur pour ces empêcheurs de gagner en rond est de s'installer sur la durée. Surtout avec la multiplication des matches. Et quand on voit la solidité des effectifs du PSG, de l'OM et de l'OL, qui leur permet de disposer de bancs quasiment aussi performants que leurs équipes types, on sait bien que c'est là-dessus parfois que la différence se fait. D'ailleurs, si cette tendance au super-budgets et aux investissements dans les grands pôles économiques de France se poursuivent, il est à craindre que les trouble-fêtes deviennent de plus en plus rares.

Pour cette saison au moins, espérons que, alors que nous en sommes quasiment au quart du championnat, les situations ne soient pas déjà figées. Pour les locomotives, en tout cas la course en tête semble serrée et un leader peut en cacher un autre. Derrière, dans les outsiders ont encore sans doute de bons coups à jouer pour monter dans le wagon de l'Europe.

Christian Grégoire