Les droits télés de la L1 sur le marché

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Le conseil d’administration de la Ligue de Football Professionnelle a dévoilé ce vendredi la teneur des lots pour l’appel d’offres des droits télés des saisons 2012/13 à 2015/16. Comme prévu, le déroulement d’une journée classique de Ligue 1 débutera dès le vendredi soir (21h), avec également des nouvelles dates le samedi à 17h et le dimanche à 14h, pour s’assurer ainsi la possibilité de proposer six matchs décalés au minimum.

Conséquence, une journée normale pourrait ne voir que trois ou quatre matchs se dérouler en même temps le samedi à 19h et encore (on parle d'un match le samedi à 21h ce qui réduirait encore cette possibilité). Le prix de réserve fixé sur les matchs décalés assure à la LFP un revenu minimum en-dessous duquel elle ne cédera pas. La LFP a détaillé les lots proposés. "Neuf lots sont proposés. L'acquisition d'un des cinq premiers lots premium assure à son attributaire de pouvoir proposer un match de chaque journée de championnat comprenant des affiches de grande qualité et un magazine.Le sixième lot garantit à son attributaire la diffusion de 100% des matches de Ligue 1 en intégralité, dont six matches en direct à chaque journée de championnat. Un septième lot, dit "Nomade", est destiné à la diffusion des matches sur téléphones mobiles et tablettes. 

Canal Plus en position de force

Les lots 8 et 9 proposent des magazines, en VOD pour le lot 8 et en télévision pour le lot 9", a fait savoir la LFP qui a fixé au 20 juin prochain la remise définitive des offres des candidats. Premier concerné dans cette affaire, Canal + a déjà fait savoir que cet appel d’offres arrivait bien trop tôt à son goût, se réservant ainsi le droit de ne rien proposer, histoire d’effectuer un gros coup de bluff pour commencer les négociations. D'autant que depuis le retrait annoncé d'Orange, Canal peut s'enorgueillir d'être la seule véritable candidate. Chaines généralistes, TF1, France 2, France 3 et M6 ne sont a priori pas intéressées par cet appel d'offre. A moins d'une énorme surprise –et en attendant le lancement dans quelques temps de sa propre chaine, la LFP devra donc négocier directement avec la chaine cryptée pour tenter de conserver (au moins) la somme qu'elle donnait en contrepartie (465 millions d'euros sur les 665 millions d'euros récoltés en tout par la Ligue, Orange s'acquittant d'un montant de 200 millions). Quoi qu'il arrive, les clubs seront les perdants de ce manque de concurrence et ils devront trouver d'autres ressources pour se développer.

Le rugby a devancé le foot

Canal+ a trouvé un accord avec la Ligue nationale de rugby (LNR) en vue de conserver les droits de retransmission du Top 14 au cours des cinq prochaines saisons pour un montant total pouvant atteindre jusqu'à 158,5 millions d'euros. Le groupe de télévision payante déboursait jusque-là 26 millions d'euros par an pour diffuser les matches du championnat de première division dans le cadre d'un contrat arrivant à expiration mi-2011. A l'occasion du nouvel appel d'offres pour les saisons 2011-2012 et suivantes, Canal+ avait fait une première proposition jugée nettement insuffisante par la ligue qui avait estimé fin janvier que la chaîne cryptée se mettait "hors-jeu".

Dans un communiqué commun diffusé mardi, les deux parties annoncent être finalement parvenues à un accord qui prévoit pour la première fois une part variable basée sur les audiences du championnat et sur la croissance du nombre d'abonnés de Canal+. "Il porte sur un montant total de 158,5 millions d'euros, correspondant à une moyenne annuelle de 31,7 millions d'euros, dont 4,5 millions d'euros d'euros de part variable", peut-on lire dans le communiqué. Hors part variable, Canal+ devrait ainsi débourser au total 136 millions d'euros, soit l'équivalent de 27 millions d'euros par saison. L'accord intègrera les droits de diffusion sur les téléphones portables à partir de 2012-2013 ainsi que les droits de vidéo à la demande. Pierre-Yves Revol, le président de la LNR, se félicite dans le communiqué que la retransmission du Top 14 soit assurée pour les cinq prochaines années "à travers un accord qui peut permettre au championnat de faire progresser le montant de ses droits dans un contexte de marché des droits sportifs particulièrement difficile".