Marcelo Bielsa (OM)
Marcelo Bielsa s'est assis sur sa glacière pour la dernière fois au Vélodrome face à Caen | BERTRAND LANGLOIS / AFP

Les dix dates de Bielsa à l'Olympique de Marseille

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Seulement 438 jours après avoir rejoint l'Olympique de Marseille, Marcelo Bielsa a quitté le club phocéen. Retour en dix dates sur les relations enflammées entre le coach argentin et le club le plus chaud de France.

27 mai 2014 : la signature​

Après le départ d’Elie Baup, l’OM cherche son nouvel entraîneur. Très rapidement, le nom de Marcelo Bielsa fuite. L’entraîneur passé par, entre autres, les sélections d’Argentine et du Chili mais aussi Bilbao, est un mystère autant qu’il attire. Sa signature officielle intervient le 27 mai 2015, relativement tardivement. Il sera présenté à la presse le 16 juin et tiendra sa première conférence de presse sans regarder les journalistes, attitude qu’il a conservée jusqu’à sa démission samedi soir.

5 septembre 2014 : Bielsa flingue le recrutement

La première folie d’« El Loco ». Patient pendant le mercato, Marcelo Bielsa aura attendu le 5 septembre pour sortir l’artillerie lourde et s’en prendre à son président : « Le bilan du marché des transferts est négatif. Je crois que le président m'a fait des promesses qu'il savait qu'il n'allait pas tenir ». En cause, sa fameuse liste de douze joueurs sur laquelle Labrune ne s’est pas appuyé et l’arrivée de Doria que Bielsa ne souhaitait pas.

« Je suis ici et je vais assumer mes responsabilités. Mais je répète : le projet initial ne correspond pas à la réalité. Si j'ai pensé partir ? Non. J'assume tous les résultats sportifs. Mais je ne veux pas être responsable de la manière dont le projet a été conçu, » conclue-t-il.

19 octobre 2014 : huit victoires consécutives et sept points d’avance au classement.​

Malgré l’épisode du recrutement, et un début de saison difficile (un nul et une défaite), l’OM va aligner huit victoires consécutives entre la 3e et la 10e journée de Ligue 1. Un départ canon qui propulse l’OM de Bielsa, une machine de guerre flamboyante, en tête du championnat avec sept points d’avance sur son dauphin. Le mythe Bielsa est né dans les travées du Vélodrome. 

« El Loco : Fais-nous rêver »
« El Loco : Fais-nous rêver »

21 décembre 2014 : l’OM champion d’automne

Et si l’Olympique de Marseille ne tient pas son rythme fou, il va quand même décrocher le titre honorifique de « champion d’automne » (le seul « titre » de Bielsa à Marseille). En battant Lille (2-1), Marseille termine la phase aller avec 41 points, soit deux de plus que Lyon et trois que le PSG. Monaco est à neuf points, ce qui n’empêchera pas les Monégasques de terminer deux points devant les Phocéens en fin de saison.

15 mars 2015 : discours vibrant après OM-OL

Peut-être le grand moment du mythe Bielsa à Marseille. Dans un match au sommet, l’OM concède le match nul (0-0) face à Lyon dans son Stade Vélodrome. Un match entaché, selon les Olympiens, d’une énorme erreur d’arbitrage. Lucas Ocampos estime avoir marqué mais l’arbitre de la rencontre n’a pas vu le ballon franchir la ligne. Dans le vestiaire, Marcelo Bielsa exhorte ses joueurs à « accepter l’injustice ». Pendant son année à Marseille, jamais l’Argentin n’aura eu un mot déplacé envers un membre du corps arbitral.

24 avril 2015 : défaite 5-3 contre Lorient

Un mois après Lyon, l’OM est toujours en course pour une place sur le podium. Toujours aussi inspiré offensivement, Marseille a une fâcheuse tendance à encaisser des buts et se faire remonter au score. Face à Lorient, les Olympiens laissent rapidement les Merlus se détacher (0-2) avec de revenir au score (2-2). Lorient reprendre l’avantage à la 68e minute mais Batshuayi égalise à nouveau. Le Vélodrome est en feu mais ses espoirs vont être douchés. L’OM s’incline finalement 5-3 sur sa pelouse. Une humiliation. 

André-Pierre Gignac, Lucas Ocampos et Marcelo Bielsa déçus après la gifle reçue face à Lorient
André-Pierre Gignac, Lucas Ocampos et Marcelo Bielsa déçus après la gifle reçue face à Lorient

23 mai 2015 : l’OM termine quatrième de Ligue 1

Malgré une bonne fin de championnat, Marseille termine au pied du podium, à deux points de l’AS Monaco, et rate la qualification pour la Ligue des Champions pour la deuxième fois consécutive. Marcelo Bielsa lui-même estime que c’est son échec, faisant ainsi planer le doute sur la poursuite ou non de son aventure sur la Canebière.

6 juillet 2015 : Retour au club une semaine après le début de la préparation​

L’été marseillais n’aura pas été de tout repos. Le mois de juin est difficile à vivre pour les supporteurs qui ne savent pas qui de Bielsa ou d’un autre entraîneur guidera l’équipe pour la nouvelle saison. Absent physiquement mais aussi dans les médias, Marcelo Bielsa s’est réfugié chez lui en Argentine. Plus tard, il expliquera avoir, pendant ce temps-là, visionné énormément de matches pour superviser des joueurs. Le lundi 6 juillet, une semaine après la reprise de l’entraînement du groupe marseillais, « El Loco » est de retour, comme si de rien était et sans avoir signé sa prolongation de contrat.

6 août 2015 : Accord avec le président​

L’épisode de la prolongation de contrat va prendre fin. C’est en tout cas ce que tout le monde croit après la première conférence de presse de la saison de Marcelo Bielsa. Se disant satisfait du recrutement et de la manière dont il a été réalisé, le coach de l’OM en profite pour annoncer que sa prolongation de contrat est proche, que lui et le président Labrune sont tombés d’accord et qu’il ne manque qu’une signature. En fait, Marcelo Bielsa sait déjà à ce moment-là qu’après le match face à Caen, il va démissionner de son poste d’entraîneur de l’Olympique de Marseille.

8 août 2015 : Fin de l’histoire

L’histoire aurait pu s’écrire autrement. Sans cette fameuse réunion du mercredi 5 août, Marcelo Bielsa aurait signé une prolongation de deux ans avec le club phocéen et serait ce dimanche en train de visionner le match face à Caen pour apporter des solutions à la maladresse criante de ses joueurs sur la pelouse du Vélodrome samedi soir. Oui mais Bielsa estime que « le travail en commun exige un minimum de confiance. » et claque la porte d’un club qu’il avait rejoint voilà 438 jours seulement.