Les défis du PSG de demain

Les défis du PSG de demain

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Le troisième titre de son Histoire en poche, le PSG peut sereinement se tourner vers la saison prochaine. Mais le calme ne semble pas encore d'actualité dans le club, qui doit gérer les dossiers Ancelotti, Beckham, sans oublier l'avenir du Parc des Princes. Et l'Europe reste à conquérir.

C'était l'objectif majeur de la saison. Après avoir raté le sacre la saison dernière, le PSG est devenu champion de France, pour la première fois de l'ère qatari, la troisième de son Histoire (après 1986 et 1994). Pourtant, tout n'est pas au beau fixe. Plusieurs dossiers très "show" attendent les dirigeants du club dans les semaines à venir. Certains seront plus déterminants que d'autres, mais tous donneront des signes sur l'avenir à moyen terme du club.

Carlo Ancelotti

En ayant assuré une place parmi les trois premiers, qui plus est en ayant décroché le titre de champion, Carlo Ancelotti a débloqué automatiquement son année de contrat optionnelle le liant au club. Mais a-t-il vraiment envie de rester ? La piste menant au Real Madrid pour succéder à José Mourihno n'est-elle pas plus motivante pour l'un des techniciens les plus réputés du monde ? Après avoir maintes fois déclaré sa flamme et son désir de rester, l'Italien manie depuis plusieurs semaines les non-dit et les nuances. Hier soir encore, en conférence de presse, il glissait: "Mon avenir ? On a encore le temps d'en parler". Son départ serait un coup dur pour le PSG, dont il a façonné le groupe et le jeu depuis son arrivée en janvier 2011. Zlatan Ibrahimovic et d'autres joueurs militent pour son maintien. Le voir partir les inciterait-il à suivre le même chemin ? Selon L'Equipe, son compatriote Roberto Mancini, en poste à Manchester City, aurait été approché, tout comme Arsène Wenger, un proche de Nasser al-Khelaïfi, le président du PSG. 

David Beckham

Le gros coup médiatique des dernières heures du Mercato arrive en fin de contrat. David Beckham a fait énormément pour la réputation internationale du PSG, l'a placé au coeur de l'actualité européenne. Mais son apport sur le terrain est resté modeste. Plus souvent remplaçant, il était tout de même titulaire lors du quart de finale aller contre le FC Barcelone. Sans éclat. A 38 ans, il ne représente pas l'avenir de l'équipe, tout le monde le sait. Peut-il signer un nouveau contrat et se contenter de quelques minutes de jeu par semaine ? Le coup médiatique a pleinement réussi, les dirigeants parisiens pourraient vouloir tourner la page.

Les internationaux français

Hormis Blaise Matuidi, qui a pris une dimension considérable à Paris comme en équipe de France, et Christophe Jallet, toujours capitaine, les autres internationaux français se posent beaucoup de questions. En faisant irrémédiablement son marché à l'international avec des pointures (Lucas, Thiago Silva), le PSG a poussé sur le banc ceux qui étaient des cadres dans un passé récent (Ménez, Gameiro, Sakho, Chantôme, Armand, Camara), poussant même Hoarau à s'expatrier. A un an de la Coupe du monde au Brésil, chaque minute passée loin du terrain les éloigne de l'échéance planétaire. Et il n'est pas certain que la prochaine inter-saison leur offre plus de garanties, les dirigeants parisiens désirant attirer de nouvelles stars pour viser encore plus haut en Ligue des Champions. Sakho comme Ménez ont parfois fait état de leur mécontentement. Franchiront-ils le cap d'un transfert ? 

Le Parc des Princes

Depuis son arrivée à la tête du club, le Qatar Sports Investments (QSI) souffle le chaud et le froid quant au Parc des Princes. Sa capacité est clairement trop modeste pour des investisseurs qui visent la suprématie européenne et désirent concurrencer les monstres que sont le FC Barcelone, le Bayern Munich, le Real Madrid, Manchester United ou la Juventus. Mais l'enceinte est classée monument historique, entourée d'habitations, ce qui rend son agrandissement particulièrement difficile. Et la mairie de Paris n'est pas prête à voir "son" club s'expatrier au-delà du périphérique, ni à le voir détruit puis reconstruit. Plus petit que ses rivaux, plus ancien, le Parc des Princes demeure l'âme du club. Les dirigeants sont face à une impasse pour le moment.

La suprématie nationale

La saison passée, le titre leur semblait promis. Montpellier a été champion. Cette année, malgré des renforts majeurs, Paris a conquis ce titre seulement à deux journées de la fin du championnat. Les mauvaises images laissées par les éliminations en quarts de finale en Coupe de France (contre Evian-Thonon) et en Coupe de la Ligue (Saint-Etienne) prouvent que la suprématie du PSG n'est pas encore établie en France. Et la remontée en Ligue 1 de Monaco, avec le milliardaire russe Dmitry Rybolovlev à sa tête, pourrait rapidement placer sur sa route un rival aux moyens financiers énormes. La saison prochaine, franchir un cap supplémentaire en Ligue des Champions sera forcément un objectif des dirigeants, ce qui risque d'amoindrir les forces sur la scène nationale. Et rêver d'Europe ne peut se faire en délaissant la France. Plus de joueurs, plus de qualité, voilà le défi du prochain mercato parisien.

La Ligue des Champions

C'est le but ultime des dirigeants parisiens. Avec 250 millions d'euros investis en transferts depuis leur arrivée en 2011, les Qataris ont clairement placé le curseur très haut. Leur ambition: remporter la Ligue des Champions et placer le PSG durablement parmi les grands d'Europe. Eliminée en quarts de finale par le FC Barcelone sans perdre, l'équipe a séduit le continent, mais ne l'a pas encore amadoué. La finale 100% allemande (Bayern Munich - Borussia Dortmund) est le signe d'une bonne santé de la Bundesliga, et les ténors déçus (Real Madrid, Barcelone, Juventus, Manchester United, Chelsea, Manchester City, Milan AC) ont bien l'intention de revenir au premier plan. Malgré les millions, la coupe aux grands oreilles n'est pas encore dans la vitrine du PSG.

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze