Frédéric Thiriez - Noel Le Graet
Frédéric Thiriez (à droite) a menacé la Fédération en cas d'annulation de la décision de la Ligue de passer à deux montée et descentes entre L1 et L2 dès la saison prochaine | CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Le torchon brûle entre Frédéric Thiriez et Noël Le Graët

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Alors que la Fédération Française de Football doit étudier demain la réforme de la Ligue de passer à deux descentes en L1 et deux montées en L2 dès la saison prochaine, le président de la LFP est monté au créneau ce matin dans une interview donnée à nos confrères de l’Equipe. Au-delà de cette réforme, c’est l’ensemble des institutions du football français qui semble à deux doigts d’exploser.

La colère gronde dans les travées du football français. La cause ? Le passage à deux descentes et deux montées entre les championnats de Ligue 1 et de Ligue 2 qui n’en finit plus de provoquer l’ire de plusieurs présidents de Ligue 2. Ces derniers remettent notamment en cause le fait que cette décision soit actée pour la saison prochaine alors que concernant ce même système entre la Ligue 2 et le National, la décision est entre les mains de la FFF (qui gère le National), qui a repoussé sa décision à la prochaine assemblée fédérale d’hiver qui se tiendra en décembre prochain. Conclusion : la saison prochaine, les clubs de Ligue 2 auront trois chances de descendre à l’échelon inférieur contre seulement deux d’accéder à l’élite 

Les présidents de L2 mènent la fronde

À la veille de l’examen de cette réforme par la FFF, qui pourrait la remettre en cause, Frédéric Thiriez est monté au créneau ce matin dans les colonnes de l’Equipe. Le président de la LFP dénonce un lobby de la part de "trois ou quatre présidents de L2 qui espèrent ardemment monter en L1 l’an prochain. C’est ça le cœur de la fronde." Reçus par le président de la FFF Noël Le Graët jeudi dernier, les présidents de cinq clubs de Ligue 2 (Auxerre, Clermont, Lens, Paris FC et Red Star) étaient ressortis confiants quant à la capacité du président de la FFF "d’agir, d’intervenir et de réfléchir aux difficultés par rapport à une situation ubuesque" selon les mots de Claude Michy, le président de Clermont. La décision prise demain par la Fédération pourrait bien mettre le feu aux poudres entre les deux patrons du football français.

Le Graët – Thiriez : rien ne va plus

Amenée à étudier cette réforme demain, la FFF pourrait tout bonnement à l’issue de ce comité exécutif annuler la décision de la Ligue. Une issue non envisagée par Frédéric Thiriez, qui verrait en cette décision "une déclaration de guerre". Thiriez met ainsi la Fédération devant ses responsabilités, en pointant du doigt ses engagements non tenus. La FFF s’était engagée à adopter cette réforme parallèle pour la L2 et le National, à compter de la saison 2016-2017. Une décision finalement reportée à l’hiver prochain. "La Fédération n’a pas voté la réforme. Elle a simplement renvoyé la décision à une assemblée de décembre sans engagement sur ce qui allait se passer. Dans ces conditions, il fallait que la Ligue se décide. Et elle a voté à une très large majorité pour une application immédiate." Une charge à demi-mot contre Noël Le Graët, en conflit avec le président de la Ligue depuis de nombreuses années.

Un ping-pong par médias interposés qui ne risque pas d’éteindre un feu qui prend de l’ampleur, et ce peu importe la décision que prendra la Fédération demain. Alors qu’un référé a été déposé par les clubs de Ligue 2 auprès du Tribunal Administratif, la Ligue pourrait bien être amenée à en faire de même en cas de révocation de la réforme par la FFF. "Nous utiliserons les armes juridiques à notre disposition, notamment un référé immédiat devant le Conseil d’Etat pour « excès de pouvoir ». Cette affaire est grave" a menacé Thiriez dans l’Equipe. Si personne ne flanche, ce sera donc aux tribunaux d’être amené à trancher. Après l’épisode Luzenac l’année dernière, les institutions du football français pourraient devenir des habitués des affaires judiciaires estivales. À seulement un an de l'Euro en France, le football français s'offre une publicité dont il aurait bien pu se passer.

Mathieu Aellen