PSg-Valenciennes
Les décisions de Mr. Castro, l'arbitre du match contre Valenciennes, ont été contestées par les Parisiens | AFP - FRANCOIS LO PRESTI

Le PSG, une conclusion sous tension

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Un titre qui se fait désirer, des expulsions qui se multiplient, des sorties médiatiques envers les arbitres et un entraîneur qui est parti pour rester ou alors déjà parti, la fin de saison du PSG est un long chemin semé d'embûches. Des signes troublants pour une équipe qui a les nerfs à vifs. A trois journées de la fin, le club de la capitale compte toujours sept points d'avance. Tout ça, alors que plus au Sud, Marseille est en embuscade, attendant un éventuel écroulement.

"S'ils ne sont pas champions demain, ils le seront la fois d'après". Elie Baup reste fidèle à sa ligne de conduite. Alors que l'OM continue d'engranger les points quand Paris en perd en route contre Valenciennes, l'entraîneur olympien maintient que le PSG sera champion. Face à Bastia, les Phocéens ont enchaîné un troisième succès (2-1) et reviennent à 7 points des Parisiens. Ils sont invaincus depuis la 27e journée. La dernière équipe à les avoir battus est … le PSG (2-0). Un PSG qui se dirige, plus ou moins, tranquillement vers le 3e titre de son histoire, mais pour qui le nul contre Valenciennes constitue un coup d'arrêt après 5 victoires d'affilée en Ligue 1. Brusque donc inattendu.

Avant cette 35e journée, Paris regardait droit devant. Depuis hier soir, il ne doit pas dévier, mais peut-être jeter un coup d'œil à ce qu'il y a en dessous. Surtout si le club de la capitale perpétue des travers qui l'accompagnent depuis quelques journées. Dans le désordre : les expulsions, le cas Ancelotti, la nervosité sur le terrain et dans les coulisses, le manque de réussite et les rumeurs de transferts au prochain mercato qui fleurissent un peu partout. Un cocktail explosif qui pourrait bien lui exploser à la figure.

Leonardo fait son Mourinho

Face à Valenciennes, Paris a perdu deux points et une nouvelle fois ses nerfs. La leçon d'Evian avait pourtant été retenu si l'on en croit Blaise Matuidi qui assurait en zone mixte qu'il "n'y avait pas de nervosité sur ce match, on était très calme". Pourtant comme à Annecy dimanche dernier, les Parisiens n'ont pas terminé à 11 puisque Thiago Silva a été expulsé juste avant la mi-temps pour avoir accroché par l'épaule l'arbitre, Mr Castro. Le Brésilien, meilleur joueur de Ligue 1 selon le classement de L'Equipe, habituellement si calme, s'est lui aussi laissé gagner par la nervosité au bout d'une mi-temps où tout est allé de travers. Cette décision, Mr Castro en a entendu parler. De la part des Parisiens évidemment, remontés comme des pendules. Mais aussi de la part de Leonardo après la rencontre. Le directeur sportif l'a d'abord bousculé dans le couloir des vestiaires, avant de balancer quelques phrases en zone mixte que José Mourinho n'aurait pas renié.

"Pourquoi ce rouge ? C'est inacceptable. Je ne sais pas pourquoi il fait un match aussi important. Il est loin des actions, il se laisse porter par l'émotion, il est tendu, il perd le contrôle. Je suis énervé, c'est le minimum. Tout le monde a vu, c'est hors de toute logique. C'est normal que ça fasse chier. On a déjà quatre suspendus, aujourd'hui un autre... Si on continue, ça va faire 10 suspendus et on aura  plus d'équipe". Le contrôle évoqué par Leonardo fait aujourd'hui défaut aux Parisiens qui une semaine après l'échauffourée d'Evian, Paris cultive un beau paradoxe : premier de Ligue 1 mais 18e au classement du fair-play (68 cartons jaunes et 6 rouges depuis le début de la saison).

Patience, patience

Les Parisiens en ont fait preuve dimanche soir contre Valenciennes. Ils ont du attendre la 83e minute et un but d'Alex arracher le point du match nul, en infériorité numérique. En égalisant, le Brésilien a évité au club de la capitale une affaire VA et a offert un point qui pourrait valoir cher. Sacré virtuellement en cas de victoire dimanche soir contre les Nordistes, les Parisiens ont désormais besoin de deux points pour s'emparer du titre et s'éviter un suspense qui pourrait devenir gênant.

A l'image de Monaco en Ligue 2 qui a raté le coche face à Caen samedi, les Parisiens ont manqué l'énorme occasion qui se présentait à eux. Face au 12e de Ligue 1, ils ont encore concédé beaucoup d'opportunités, quasiment autant qu'ils en ont gâchées. Par maladresse. Par suffisance aussi à l'image de cette improbable aile de pigeon d'Ibrahimovic. Ce nul, couplé à un Marseille qui ne perd plus, repousse donc d'une semaine, au moins, ce sacre annoncé.

Un Lyon-PSG qui vaut très cher

Ce lundi matin, la température a du retomber du côté du Camp des Loges, avant un nouveau pic prévu dimanche soir à Gerland. Face à l'OL, 3e qui se bat pour rester sur le podium, Paris a encore des jokers à gaspiller. Toujours sans Sirigu, Beckham, Verratti (suspendus après Evian), Carlo Ancelotti devra également faire sans un autre membre de sa colonne vertébrale, Thiago Silva. On a connu meilleure préparation pour un des sommets de la Ligue 1.C'est sûrement avec ce souci d'apaisement avant ce "grand match" dixit Matuidi, que Carlo Ancelotti a tenu à réagir aux rumeurs qui entourent son cas.

L'entraîneur italien qu'on annonce un jour à Madrid la saison prochaine, puis restant au PSG le lendemain a démenti avoir assuré à ses joueurs qu'il restait dans la capitale française, contrairement à ce que révélait RMC. L'incertitude plane donc toujours au dessus de "Carletto" et des têtes parisiennes, qui attendent fébrilement la décision de leur entraîneur. Fébrile, un qualificatif qui colle parfaitement à l'état d'esprit qui règne sur la pelouse et au sein du club. Le PSG n'a jamais été aussi proche de retrouver les sommets, mais le plus dur est encore à faire : conclure.