Déception de Javier Pastore (PSG) après la défaite face à Nancy
Déception de Javier Pastore (PSG) après la défaite face à Nancy | FRED DUFOUR / AFP

Le PSG a trop gâché

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Spectaculaire par intermittence, solide jusqu'à un certain point mais régulièrement décevant au final, le Paris-Saint-Germain 2012 va très probablement devoir laisser le titre de champion qui lui tendait les bras en décembre à Montpellier, l'équipe surprise de la saison. Entre les défaillances individuelles de certains et quelques choix tactiques douteux, le PSG a manqué trop d'occasions ces dernières semaines pour ne pas être déçu au soir du 20 mai.

Reflet d'une saison prometteuse mais non aboutie, la défaite (2-1) à Lille est cruelle pour Paris. Elle sonne peut-être le glas des ambitions parisiennes en ce printemps pluvieux. Des quatre objectifs du club de la capitale en début de saison, aucun ne sera a priori atteint, sauf incroyable retournement de situation. Eliminés sans gloire de la Ligue Europa en décembre à Salzbourg (!), ce qui a coûté sa place à Antoine Kombouaré, les Parisiens ont également chuté en octobre à Dijon en Coupe de la Ligue (3-2). 

De la réussite au doute

Carlo Ancelotti n'est donc pas le seul responsable des résultats moyens enregistrés par son équipe depuis quelques semaines. D'autant qu'avant l'élimination en quarts de finale de la Coupe de France (1-2 face à Lyon, futur vainqueur), le PSG avait amassé de nombreux points au sortir de l'hiver, restant en tête du classement tout en préservant son invincibilité. Entre la mi-janvier et la mi-mars, Paris a engrangé 18 points (5 victoires et 3 nuls). Contre Montpellier pour le choc (2-2) comme à Lyon (4-4), des égalisations tardives avaient fait penser que rien de grave ne pouvait arriver au PSG.

Mais trois matches nuls décevants (à Caen, à Auxerre et contre Bordeaux) et une défaite à Nancy ont semé le doute dans les esprits malgré le feu d'artifice devant Sochaux (6-1). Depuis un mois, Paris suit un rythme de sénateur qui ne peut pas lui permettre de rivaliser avec les hommes de René Girard, beaucoup plus réalistes. Les raisons sont connues: certains cadres n'évoluent pas (ou plus) à leur meilleur niveau. 

Pas si solide

Sirigu, qui a longtemps effectué des prouesses dans la cage, s'avère moins décisif depuis quelques semaines. Menez reste trop irrégulier tout comme Pastore quoique en progrès. Ni Hoarau ni Gameiro ne marquent assez de buts pour faire regretter la non arrivée de Tevez. Matuidi évolue souvent dans l'ombre de Sissoko, Thiago Motta et Alex apportent moins qu'au début…etc La solidité d'une équipe se remarque surtout en défense et le PSG semble léger de ce côté-là, encore plus quand Lugano et Sakho jouent. Paris a encaissé 16 buts de la tête cette saison soit 43% de son total de buts encaissés. C'est énorme. Avec 37 buts, les Bleu et Rouge possèdent la troisième meilleure défense de Ligue 1 mais assez loin de Montpellier et Toulouse (31 buts).

Alors qu'ils disposent d'une attaque prolifique (64 buts, à égalité avec Lille). Arracher des points en revenant au score dans les dernières minutes d'un match est important. Mais savoir tenir un résultat l'est au moins autant. Ce manque d'imperméabilité aura coûté trop cher au Paris-Saint-Germain cette saison. A moins d'un miracle, Paris devra attendre pour accrocher un troisième titre de champion de France. Et l'an prochain, le duo Leonardo – Ancelotti n'aura pas le droit à l'erreur…

Grégory Jouin @GregoryJouin