Christophe Jallet, clé de voute du dispositif parisien
Christophe Jallet, clé de voute du dispositif parisien | AFP - Kenzo Tribouillard

Le PSG sur courant alternatif

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Le Paris-Saint-Germain a concédé samedi à Reims sa deuxième défaite en 15 jours alors qu'il vient de battre deux fois l'OM. Une instabilité qui suscite le débat alors que le club est encore en lice dans trois compétitions.

A force de courir plusieurs lièvres à la fois, le PSG risque-t-il de tout perdre ? La question mérite d'être posée même s'il n'y a pas péril en la demeure. Paris est premier du championnat, qualifié pour les quarts de finale de la Coupe de France (déplacement à Evian-TG) et il est en passe d'obtenir son ticket pour les quarts de finale de la Ligue des champions après son succès (2-1) à Valence qu'il retrouve mercredi soir au Parc des Princes.

Déjà 5 échecs en Ligue 1

Simplement, quelques signes laissent penser que les Parisiens accusent un peu le coup après une période hivernale faste. Les hommes de Carlo Ancelotti viennent de s'incliner à Sochaux (3-2) et Reims (1-0), deux candidats au maintien, alors que le PSG n'avait plus perdu contre un promu depuis presque trois ans (1-3 contre Montpellier en mai 2010). Ils comptent surtout quatre points de moins que l'an dernier à la même époque (54 contre 58) et enregistrent déjà cinq défaites en championnat soit autant que sur toute la saison dernière.

Côté positif, le club de la capitale possède la meilleure attaque (49 buts marqués) et la meilleure défense (17 buts encaissés) de Ligue 1 malgré ce manque de continuité dans les prestations et les résultats. Au rayon satisfactions, Ibrahimovic, auteur de 22 buts en 27 journées (+ 6 passes, aussi bien que Javier Pastore) confirme qu'il est bien la vedette du PSG même si David Beckham en est la star médiatique.

Les Thiago manquent

Mais certains cadres manquent (Thiago Silva et Thiago Motta), quelques-uns déçoivent (van der Wiel, Ménez surtout) et d'autres ont oublié de se brancher sur courant continu (Lavezzi, Chantôme, Pastore). Le collectif s'en ressent et les individualités ne peuvent pas toujours compenser.

Heureusement pour Paris, la concurrence cette saison est moins forte que l'an passé. Lyon et l'OM n'ont pas le niveau du Montpellier irrésistible du printemps 2012, ce qui devrait faciliter la tâche des Rouge et Bleu qui semblent mieux taillés pour l'Europe que pour les joutes hexagonales, comme le dit le directeur sportif Leonardo: "On a peut-être une équipe faite pour l'Europe, basée sur le talent, la qualité de passe, pas pour ce genre de matches",

Gagner le championnat, au minimum

Cette phrase peut paraître condescendante vis-à-vis des "petites" formations de Ligue 1 mais elle résume parfaitement le sentiment général au sein d'un club qui vise les sommets et les paillettes continentales avant même de dominer clairement la concurrence en France. Après tout, le PSG n'a été sacré champion de France qu'à deux reprises, la dernière fois il y a… 19 ans. Et s'il y avait un double finaliste de la C1 sur la pelouse samedi, c'était bien le Stade de Reims (1956 et 1959) et pas le club aux moyens faramineux venus du Qatar.

Si Paris veut éviter le funeste sort du Bayern de l'an passé (2e de Bundesliga, finaliste de la Coupe d'Allemagne et finaliste de la Coupe d'Europe), il va falloir que les joueurs arrêtent de "choisir" leurs matches. Un grand club, c'est un club qui sait se remettre en question chaque semaine.

Les supporters comprendraient mal que leur équipe fétiche ne soit pas sacrée championne de France en mai prochain. Ils admettraient difficilement de faire chou blanc en Coupe de France après l'échec en Coupe de la Ligue (quart de finale perdu à Saint-Etienne aux tirs au but). Carlo Ancelotti, à qui les dirigeants ont fixé l'objectif des quarts de finale en Ligue des champions –en plus du titre, sait ce qu'il lui reste à faire.